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Livraison du moteur de 18 MW de la Centrale de Komsilga : Une témérité d’affaires contre des embûches de toutes sortes

Accueil > Actualités > Economie • • jeudi 23 juin 2011 à 20h31min

L’arrivée du premier moteur de 18 MW sur son site d’implantation à Komsilga sonne la fin d’une péripétie visant à mettre le Burkina Faso à l’abri d’une crise énergétique aigue. Elle illustre aussi la témérité d’un homme d’affaires qui a toujours fait preuve de détermination et de savoir-faire dans son secteur d’activités. Le partenariat entre l’Etat (SONABEL), la BIB et SOPAM a abouti à une réelle avancée dans l’accroissement de l’offre nationale en matière d’électricité.
Le projet « Centrale de 80 MW de Komsilga » est loin d’être une chimère. Le premier groupe de dix-huit mégawatts (18 MW) est enfin sur son site d’implantation. L’arrivée de ce mastodonte de 370 tonnes à destination marque la fin d’une longue attente et de multiples interrogations.

Monté dans les ateliers du constructeur allemand, MAN, dans l’ouest de la France, à Saint-Nazaire, ce pan très important lançant la Centrale de Komsilga a coulé beaucoup d’encre et de salive. Il relève d’une initiative prise en 2007 par la Société nationale burkinabé d’électricité (SONABEL) pour juguler considérablement l’impact de la canicule en augmentant son offre. A la suite d’un appel d’offres international, c’est SOPAM Energie de l’homme d’affaires Panguéba Mohamed Sogli qui est retenu pour la construction, l’aménagement et l’équipement de la première phase de la « Centrale de 80 MW de Komsilga ».

SONABEL, SOPAM Energie et la Banque internationale du Burkina (BIB) vont s’investir dans une parfaite relation d’affaires afin de réussir cette opération inédite. Il a fallu un travail de titan pour qui ‘est perçu à tort comme un tour de roue soit aujourd’hui une réalité. C’est vrai que le moteur a été monté en France mais tout un ensemble de périphériques ont été fabriqué en Chine populaire et dans d’autres pays européens, rassemblées pour être assemblées à Saint-Nazaire. Des impératifs indépendants des différentes parties sont venus perturber la tenue des échéances et le respect des délais. Lors d’une visite tripartite, SONABEL, BIB et SOPAM-Energie, conduites par leurs premiers responsables sur les installations de MAN en novembre 2009, toutes les dispositions ont été prises avec le constructeur et le fournisseur en présence du transporteur, SAGATRANS, pour que le moteur soit livré au plus tard en mars 2010 à Komsilga. Mais à l’impossible, nul n’est tenu !

Des acteurs invisibles de sabotage

Le retard accusé dans le transport du moteur de Saint-Nazaire à Ouagadougou cache bien des zones d’ombre. Cette tâche confiée à SAGATRANS, filiale du groupe Bolloré et leader dans son domaine d’activités contre la bagatelle de un milliard F CFA, (entièrement payé aussitôt le contrat signé), n’a pas été accomplie selon les clauses du contrat dans lequel est expressément spécifié la mission : « transporter et décharger le groupe à Komsilga sur massif ». Une fois, le colis arrivé à Abidjan courant janvier 2010, le convoyage sur son site Komsilga va mettre du temps sans que le transitaire ne puisse donner de raison convaincante. Acculée, SAGATRANS avance comme échappatoire la nécessité de renforcer les ponts sur l’axe Abidjan-Ouagadougou notamment ceux de Léraba et du Mouhoun.

Bien qu’elle ait assuré au paravent que sa cotation tenait compte de tous ces aléas et que son savoir-faire et son expérience n’étaient plus à démontrer sur ces types d’obstacles. Etant donné que le transport d’une charge d’un tel gabarit, 370 tonnes, exige l’obtention des autorisations préalables des pays traversés et de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). En plus de cela, il faut une remorque spéciale pour le transport. « Un moteur de 370 tonnes n’est pas un colis que l’on peut transporter comme des sacs de riz pour se rendre rapidement à destination. Il y a un certain nombre d’éventualités qui peuvent échapper à tout le dispositif en place », soutient Panguéba Mohamed Sogli, Président-Directeur Général (SOPAM) du Groupe SOPAM. 

Bien que ses premières excuses soient comprises par le fournisseur, le transporteur va sérieusement trainer les pas. Ne comprenant vraisemblablement pas les attitudes des responsables de SAGATRANS, SOPAM-Energie ira jusqu’à ester le transporteur en justice pour non-respect des clauses du contrat. « Je me suis trouvé dans l’obligation d’attaquer SAGATRANS au tribunal pour me faire justice. Ce, d’’autant plus que je suis enclin à penser que ce retard n’est autre qu’une coalition de certains intérêts pour me détruire. Depuis que j’interviens dans les grosses centrales électriques qui semblent être l’exclusivité des compagnies étrangères et avec la mise en place de BRAFASO, je pense qu’il y’ a une coalition pour me détruire », explique M. Sogli. La crise postélectorale ivoirienne a envenimé cette longue attente. Un réel préjudice a été causé au fournisseur. Acharné çà et là, il était devenu le bouc émissaire pour justifier l’incapacité à augmenter les offres en matière d’électricité.

« Il y a une sorte de coalition d’intérêts extérieurs pour me nuire. A cause de ce retard du groupe de Komsilga, je suis incapable de soumissionner à un appel d’offres de la SONABEL aujourd’hui. La preuve, c’est qu’aux derniers appels d’offres, je n’ai pas pu y participer. Ma crédibilité a subi un sacré coup car ma banque même s’abstient maintenant à me financer. Hormis cela, mes charges ont pris de l’ampleur à cause de cette affaire qui trainait en longueur », soutient-il.

Une notoriété indéniable dans le secteur électrique

Finalement, les violons vont être accordés entre les différents acteurs et le moteur a pu démarrer du port d’Abidjan pour prendre la route pour le Burkina Faso. Roulant à 14 km/h, le convoi sous haute surveillance parvient enfin à franchir la frontière et le pont de la Léraba. Des mesures exceptionnelles ont été aussi prises pour surmonter le pont du Mouhoun. Les ouvrages d’art sur la bretelle Ouagadougou-Komsilga ont bénéficié d’une attention particulière avec des travaux exceptionnels de renforcement. Grâce à tous ces efforts savamment conjugués de part et d’autre, le moteur a atteint son site d’implantation. La première phase « Centrale de 80 MW de Komsilga » entre alors dans une étape décisive.

Le bon aboutissement de celle-ci dépend de la réussite des autres étant donné que le gouvernement a déjà lancé les appels d’offres pour l’acquisition des autres groupes du Projet. Jouissant d’une notoriété internationale dans la construction d’une centrale et d’un partenariat fructueux avec la Nationale d’électricité, SOPAM-Energie est commise aux tâches de construction et d’installation. « Au Burkina Faso, les commérages ont pion sur rue. Beaucoup préfèrent les raccourcis au lieu de se rendre à la source pour avoir la vraie information. Des contre-vérités ont été dites çà et là dont bien sûr sur les dessous du retard de cette centrale. J’en assure l’entière responsabilité sans en être coupable. J’ai entrepris tout ce qui était en mon pouvoir pour que ce groupe arrive à Komsilga dans les délais. En ce qui concerne le marché des centrales électriques, l’on peut tout avancer comme mensonge sauf que je suis un novice dans le domaine.

J’en suis un spécialiste, un vrai. Mieux, Komsilga n’est pas la première centrale que SOPAM construit et installe au Burkina Faso. Depuis 1997, elle travaille sur des groupes neufs avec la SONABEL, à la satisfaction des deux parties », rappelle Panguéba Mohamed Sogli.
Vu la lourdeur de la charge actuelle qui a été scindée en deux (370 t et 60 autres tonnes transitées par le Ghana) et l’énormité de l’ouvrage (travaux de génie-civil, génie-électrique, d’hydraulique), les actions de plusieurs entreprises sont coordonnées par le fournisseur pour rendre l’infrastructure dans les délais raisonnables. Une chose est sure : « la canicule de 2012 ne souffrirait plus de l’alibi du retard de la première phase de la centrale électrique de 18 MW de Komsilga ». Malgré les embûches dressées çà et là, SOPAM Energie confirme ainsi son savoir-faire dans un domaine aussi exigent que le secteur électrique.

Après avoir accompagné pendant plusieurs années le gouvernement burkinabé dans ses ambitions d’accroître l’offre énergétique, le Groupe de Panguéba Mohamed Sogli a même investi pour son propre compte au Mali voisin dans une centrale thermique de 60 MW selon l’option « Built, operate, transfer » (BOT) qui fonctionne parfaitement depuis le 14 Octobre 2010 à la grande satisfaction de l’Etat malien.

SONABEL et SOPAM Energie : plus qu’une relation d’affaires, des liens patriotiques

S’il y a un homme d’affaires burkinabé qui a convaincu la SONABEL par ses activités, c’est bel et bien Panguéba Mohamed Sogli avec sa société SOPAM Energie. Outre l’exécution du chantier de la première phase du projet « Centrale thermique de 80 MW de Komsilga », la fourniture et l’installation de centrales électriques à elle confiée jusqu’à ce jour, s’élève globalement 33,909 milliards F CFA. Tout commence en 1998 par le marché n°15/98 des centrales de Houndé, Dédougou et Ouahigouya. Cette belle expérience va forger un partenariat durable au point que SOPAM Energie se voit octroyé, en 1999, deux importants marchés : le n°79/98 consistant à l’installation de la centrale de Ouaga II dont trois groupes et les accessoires, le n°421286/99 portant sur des commandes de pièces détachées. En 2000 et 2004, la société de M. Sogli est sollicitée pour mettre en œuvre des centrales électriques au HFO qui a consisté, en deux phases, aux travaux de la centrale SONABEL Kossodo. Dans ses activités, SOPAM Energie s’est toujours entouré des services des meilleurs dans le monde, les professionnels avérés et reconnus dans leur corps de métier.

Les firmes de renommée mondiale telles « DEUTZ-MWM », « MAN DIESEL », « CONTINENTAL EAGLE », « INGERSOLL RAND » sont mis, à chaque fois, à contribution. « La nouveauté, l’expertise, la qualité » sont les maîtres-mots dans l’exécution des marchés conduits toujours avec la conscience professionnelle entière et la bienveillance requise par les cahiers des charges. « Ma société a toujours fourni des groupes neufs qui continuent de participer à la production d’énergie du réseau électrique national », rappelle M. Sogli.
Jamais, la SONABEL n’a eu besoin de recourir à ma garantie bancaire pour couvrir un quelconque défaut des installations effectuées par SOPAM Energie. Des attestations de satisfaction, de félicitations et d’encouragements de la Nationale d’électricité pour saluer la qualité des services rendus sont là pour attester cette franchise dans les affaires conclues par ces deux entités.

« C’est le lieu de remercier le Directeur Général de la SONABEL, d’alors, Salif Lamoussa Kaboré, aujourd’hui ministre en charge de l’Energie et toute son équipe qui sont allés au-delà du partenariat classique dans le Projet Komsilga pour prendre à bras-le-corps le volet transport du groupe jusqu’à destination », salue le PDG de SOPAM Energie. Komsilga sonne comme le couronnement de ce beau partenariat avec la construction et l’équipement d’une centrale thermique de 18 MW. Les entraves au respect scrupuleux du délai imparti ne peuvent pas engendrer un divorce entre SONABEL et SOPAM Energie tant les liens qui se sont tissés autour des ouvrages ci-dessus cités ont dépassé les considérations d’affaires pour aboutir à un tandem pour l’honneur de la patrie. C’est dans cet esprit de participer activement aux efforts de développement de son pays que Panguéba Mohamed Sogli a consenti à préfinancer des marchés de la Nationale de l’électricité à hauteur de trois (3) milliards de F CFA avec un différé de 2 à 3 ans dans le remboursement. Le patriotisme a pris le pas sur les affaires à sens unique constatées sous d’autres cieux. Et la SONABEL et SOPAM sont loin d’oublier la solidité de leurs relations.

Mostafa ELamine NEFFAH
Directeur Général Adjoint/SOPAM sa

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