Situation de crise à la SN-SOSUCO : Les raisons d’une mésentente

mercredi 22 juin 2011 à 03h08min

Dans le communiqué de presse suivant que nous vous publions intégralement, les centrales syndicales, donnent leur version des faits concernant la situation de crise qui règne à la Société nationale-Société sucrière de la Comoé (SN-SOSUCO). Selon les auteurs de l’écrit, " la direction générale de la société est responsable de la grave crise que vit aujourd’hui l’entreprise".

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Les centrales syndicales du Burkina Faso :
CGT-B-CNTB-CSB-FO/UNSL-ONSL-USTB
La direction de la SN-SOSUCO est responsable de la grave crise que vit aujourd’hui l’entreprise
Depuis le 6 juin 2011, la crise qui secoue la SN-SOSUCO depuis 2010 s’est exacerbée suite à l’entêtement de la Direction à imposer aux travailleurs une nouvelle grille salariale, en violation des dispositions légales en la matière et au mépris des accords signés et autres interpellations des autorités locales et même nationales !

Quels sont les faits ?

En mai 2010, le Directeur Général de la SN-SOSUCO adresse une correspondance aux délégués du personnel les informant du retrait du statut du personnel qui régissait jusque-là les relations Employeur-Travailleurs. Les délégués protestent et saisissent la Direction Régionale du Travail et de la Sécurité Sociale (DRTSS) qui adressent une correspondance à la direction de la SN-SOSUCO lui signifiant que le retrait du statut qu’elle a opéré ne respecte pas la procédure en la matière. Devant l’entêtement de la direction à appliquer le retrait du statut, les syndicats déposent une plainte contre la direction pour violation de la procédure de retrait. A la suite de cette plainte, une rencontre est convoquée le 11 août, réunissant les syndicats, la DRTSS/Cascades, la direction de la SN-SOSUCO en la présence du Directeur général du Travail. Elle aboutit à la conclusion que la procédure de retrait d’une convention collective, en l’occurrence le statut du personnel, n’a pas été respectée.

Devant le refus de la direction de prendre en compte les conclusions de la rencontre, les syndicats déposent un préavis de grève le 23 août. Trois jours plus tard, la DRTSS adresse deux correspondances, l’une aux syndicats leur demandant de suspendre le mot d’ordre de grève, l’autre à la SN-SOSUCO l’invitant à suspendre le retrait du statut du personnel. Les travailleurs répondent favorablement en adressant une lettre de suspension du préavis.

Face à la persistance de la crise, une mission gouvernementale composée des ministres en charge du Travail et du Commerce se déplace à Banfora pour s’imprégner des problèmes. A la suite de leur mission, un arrêté est pris portant création, composition et mission d’un comité de conciliation pour l’adoption d’un nouveau cadre devant régir les relations de travail à la SN-SOSUCO. Ce comité a été installé le 27 octobre 2010 par les conseillers techniques des deux ministres.

Dès le 5 novembre, les travaux dudit comité sont bloqués par une divergence d’interprétation de sa mission, la direction estimant que le comité n’est qu’un cadre d’explication de ces réformes. Les travaux ne reprendront que le 23 décembre, après l’intervention des conseillers techniques qui ont indiqué que le comité est bien un cadre de négociation, comme le soutenaient les travailleurs. Sur ce, la direction propose l’élaboration de protocoles individuels garantissant aux travailleurs le maintien des avantages acquis. Les autres membres du comité émettent le souhait de prendre connaissance du protocole, ce que la direction promet pour la prochaine séance prévue pour le 6 janvier 2011.

Contre toute attente, la direction de la SN-SOSUCO sort une note d’information dès le lendemain annonçant que sur la base de l’accord intervenu entre toutes les parties (Gouvernement/Direction de la SN-SOSUCO et Travailleurs) le 23 décembre, les travailleurs devraient individuellement signer un accord le 27 décembre et que la société se séparera de tous ceux qui ne signeront pas l’accord. En réaction, les travailleurs adressent le 28 décembre une correspondance de protestation adressée au DG. Le Directeur Régional du Travail et de la sécurité Sociale, Président du Comité de conciliation, adresse lui aussi une correspondance au DG le 31 décembre l’invitant à suspendre le protocole en attendant son examen le 6 janvier, conformément aux conclusions des travaux du comité du 23 décembre 2010.

Le 6 janvier 2011, malgré les interventions des représentants des travailleurs et du président du comité, la direction a maintenu sa position, toute chose qui a conduit les syndicats à se retirer du comité de conciliation.

On comprend aisément qu’une telle attitude de la Direction de la SN-SOSUCO qui s’est maintenue jusqu’en juin 2011, malgré les nombreuses rencontres et lettres d’interpellation, malgré la mise en place d’un comité de médiation présidé par le Conseil National du Patronat Burkinabè, ne pouvait qu’exaspérer les travailleurs. En effet, trois constantes se dégagent de cette crise :

1. les représentants des travailleurs ont constamment fait preuve d’ouverture au dialogue et de patience, au point qu’ils ont été perçus parfois comme des complices de la direction ou du comité de médiation ;

2. la direction de la SN-SOSUCO qui est à l’origine de la crise s’est constamment comportée comme si elle était au-dessus des lois. Le mépris vis-à-vis des travailleurs, de l’administration et des accords signés est tout aussi constant ;

3. l’administration, tant au niveau local que national, a fait preuve de complaisance, sinon de complicité vis-à-vis de la direction de la SN-SOSUCO. Il est pour nous évident que, si dès le départ, les autorités avaient fait preuve de fermeté à l’égard de la direction, la crise aurait été résolue depuis belle lurette.

Contrairement au Conseil national du Patronat burkinabè qui vient d’annoncer la suspension de sa médiation en se fondant essentiellement sur les réactions des travailleurs, nous estimons que les violences auxquelles les travailleurs ont été contraints sont tout à fait compréhensibles et légitimes. Elles sont la résultante de la violence qu’ils subissent de la part de leur Employeur depuis mai 2010, mais aussi de la passivité des autorités malgré les nombreuses interpellations Par conséquent, la résolution de la crise passe par la mise à plat de toutes les mesures prises par la direction de la SN-SOSUCO, la levée des sanctions arbitraires prises contre de nombreux travailleurs, le respect aussi bien des représentants des travailleurs que des voies légales et réglementaires.

Au regard de la situation créée à la SN-SOSUCO, les centrales syndicales dénoncent l’entêtement intolérable de la direction de la SN-SOSUCO à imposer aux travailleurs des mesures qui lèsent profondément leurs intérêts et qui violent les dispositions légales et réglementaires en la matière. Elles interpellent les autorités locales et nationales afin qu’elles rappellent fermement à l’ordre la direction de la SN-SOSUCO sur le respect qu’elle doit aux structures nationales, aux représentants des travailleurs et aux textes régissant les relations de travail. Elles tiennent la direction de la SN-SOSUCO pour responsable de la détérioration du climat social dans l’entreprise et par ricochet dans la ville de Banfora.

Enfin, ils félicitent les organisations syndicales de la région des Cascades pour le soutien qu’elles manifestent aux syndicats et aux travailleurs de la SN-SOSUCO et appellent les autres structures à se tenir prêtes pour des actions de soutien que commanderait l’évolution de la situation.

NON a la remise en cause des interets des travailleurs de la
SN-SOSUCO !
Non au mépris des travailleurs et au bafouement des textes !

Fait à Ouagadougou, le 16 juin 20 11

Sidwaya

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