Centres hospitaliers Blaise-Compaoré et Yalgado-Ouédraogo : Le Premier ministre découvre les réalités

mardi 21 juin 2011 à 03h53min

Le Premier ministre Luc Adolphe Tiao a effectué une visite dans les centres hospitaliers nationaux Blaise- Compaoré et Yalgado-Ouédraogo le lundi 20 juin 2011. Cette visite a permis au chef du gouvernement de découvrir le tout nouveau et premier centre de référence de la sous-région qu’est le premier et les réalités de fonctionnement du second ainsi que l’état de santé des malades.

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C’est d’abord à l’hôpital national Blaise-Compaoré situé à Tingandogo sur l’axe Ouaga-Léo que le Premier ministre, Luc Adolphe Tiao, a entamé sa visite dans la matinée du lundi 20 juin 2011. Il a été accueilli par le ministre de la Santé, le Pr Adama Traoré qui avait à ses cotés le directeur général de cet hôpital, Alexandre Sanfo, le personnel et les représentants de la coopération technique chinoise. Il a eu droit à une présentation de l’infrastructure dans son ensemble avant de visiter les différents services composés des urgences médicales, du service gynécologie obstétrique, de l’unité de dialyse, celle des soins intensifs, des blocs opératoires, des salles d’hospitalisation et de consultations ainsi que les salles VIP.

La visite s’est achevée à l’amphithéâtre par la présentation du plan de l’ouverture prochaine de l’établissement par le DG. Considéré comme étant une référence dans la sous-région du point de vue infrastructurel, cet hôpital est un établissement public de santé qui contribuera au bien-être social des populations en matière de soins. Il a été inauguré le 26 octobre 2010 par le Président du Faso Blaise Compaoré dont il porte le nom. Sa capacité est de 600 lits dont 226 seront opérationnels au départ. Il dispose également de deux ambulances et 324 agents recrutés à ce jour. Des préoccupations liées au fonctionnement de ce centre hospitalier qui ouvrira ses portes le 1er septembre prochain ont été soulevées. Elles se résument en termes de ressources humaines (insuffisances de spécialistes dans certains domaines), de logistiques (manque de matériels roulants, transport en commun du personnel) et un manque financier pour démarrer dans de bonnes conditions.

Le DG a, de ce fait, souhaité le soutien des plus hautes autorités de l’Etat afin de trouver des solutions aux problèmes posés. Une requête qui, du reste, a été favorablement accueillie par le Premier ministre qui a rassuré le personnel du soutien du gouvernement. A l’issue de sa visite, Luc Adolphe Tiao s’est dit très réconforté par le niveau exceptionnel des équipements et des infrastructures d’accueil. Il a également apprécié le processus de recrutement du personnel, de leur formation et leur intégration au sein de l’hôpital. L’hôte du jour a, par contre, déploré l’état défectueux des allées et couloirs. Avant de quitter les lieux, il a prodigué des conseils aux agents tout en les invitant à faire en sorte que toutes leurs activités soient basées sur la communication, et que la structure reflète leur image tout en insistant sur la prise en charge, le suivi et l’appui moral des patients.

Contraste entre les deux structures

Après le centre hospitalier national Blaise-Compaoré, la visite du Premier ministre s’est poursuivie au centre hospitalier national Yalgado-Ouédraogo situé au centre-ville. Sur place, Luc Adolphe Tiao a pu s’imprégner des réalités et s’enquérir de l’état de santé des malades. Dès son entrée dans le hall d’accueil, des signes des dures réalités de l’hôpital étaient perceptibles : des patients et leurs accompagnants assis à même le sol attendant de recevoir les soins, faute de place. Des réalités que le chef de l’exécutif a pu constater tout au long de sa visite dans les services d’urgences, en anesthésie et réanimation, en urgences viscérales et pédiatriques, en radiologie, en traumatologie et en gynécologie. Dans ces différents services, Luc Adolphe Tiao a pu s’imprégner de l’état des équipements et a réconforté les malades dans leurs lits d’hospitalisation : « Je suis le Premier ministre, je suis venu voir comment ça se passe, votre état de santé » a-t-il confié aux malades d’une salle relevant des services d’urgence. Après avoir visité les services, il a marqué un temps d’arrêt à la salle de réunion pour échanger à bâtons rompus avec le personnel.

Cette démarche a été positivement appréciée par les agents : « Cela fait 26 ans que je travaille ici, mais c’est la première fois que nous avons l’opportunité d’échanger directement avec un Premier ministre » a déclaré un d’entre eux. Les échanges ont permis au personnel de relever certaines insuffisances et difficultés rencontrées. Il s’agit des conditions d’accueil et d’hospitalisation, la prise en charge des malades, de l’état du plateau technique, de la vétusté des équipements, de l’insuffisance des ressources financières et du matériel, du problème de salaire du personnel, du manque d’ordinateurs et de connexion à l’Internet dans les bureaux des spécialistes, de la réglementation des marchés publics (dans le cas spécifique de l’hôpital). D’autres préoccupations ont été, par ailleurs, soulevées : la formation des spécialistes, celles des formateurs et des étudiants.

Une proposition a été faite dans ce sens sur la possibilité de former 100 spécialistes en 4 ans à hauteur de 560 millions. A tous ces problèmes évoqués, le Premier ministre, le ministre de la Santé et les responsables des services compétents ont apporté des éclaircissements. Luc Adolphe Tiao fidèle à sa logique d’éviter de faire des promesses démagogiques, a assuré que dans l’immédiat, le gouvernement prendra des dispositions pour « apporter une réponse rapide aux problèmes urgents ». Déjà, son institution (le Premier ministère) a pris l’engagement d’offrir une dizaine de tables d’accouchement à la maternité de Yalgado. A l’issue de sa visite dans les deux hôpitaux, il a invité le personnel à instaurer réciproquement l’esprit de complémentarité entre les CHN Blaise-Compaoré et Yalgado-Ouédraogo.

Privat OUEDRAOGO & Saïdou ZOROME (Stagiaire)


Le Premier ministre livre ses impressions après les visite du CHU Yalgado-Ouédraogo :

« Je voudrais d’abord saluer le courage, l’engagement et l’abnégation du personnel médical, paramédical, le personnel de soutien et l’administration de l’hôpital Yalgado-Ouédraogo parce que ce qui m’a été donné de constater ce matin relève de la prouesse. Il faut d’abord penser à ce personnel qui accompagne les malades. J’ai été aussi touché du dénuement dans lequel se trouve l’hôpital. Ce sont toujours les mêmes questions depuis des années. Des malades sont toujours visibles dans les couloirs et voir certains d’entre eux traîner encore sous les arbres ne fait pas plaisir. Nous avons pu également noter le manque de consommables, de réactifs, d’appareils de travail. L’entretien que j’ai eu avec le personnel a permis de constater que beaucoup de choses doivent être faites le plus rapidement possible. Nous allons apporter une réponse rapide pour régler les problèmes urgents. L’Etat, à travers le Premier ministère, va s’engager parce que j’ai vu certaines situations qui me semblent insupportables. Nous allons nous sacrifier pour permettre à certains services de l’hôpital de pouvoir bien fonctionner »

Propos recueillis par P.O

Sidwaya

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Vos commentaires

  • Le 21 juin 2011 à 08:08, par S. Diop
    En réponse à : Centres hospitaliers Blaise-Compaoré et Yalgado-Ouédraogo : Le Premier ministre découvre les réalités

    Le problème de l’hôpital yalgado est un problème de mal gouvernance dans la priseven compte de l ’évolution démographique de la ville de Ouaga (moins de 100.000habitants en 1960 et + de 2 millions en 2011) avec le seul et même hôpital toujours en raufistolage. La ville aurait du avoir en 2011 au moins 3 hôpitaux de l’envergure de Yalgado comme les autres capitale de la sous région ( Abidjan a 3 grands hôpitaux au moins, Bamako 2 et un 3 ème en construction, Dakar a en 5 plus un 6ème en chantier) : les autorités doivent continuer la politique de construction de nouveaux hôpitaux (1 tous les 3 ans ) pour désengorger yalgado et avoir à l’horizon de 2020 au moins 5 hôpitaux y compris les 2 existant. Ce qui permetra de raser et reconstruire complètement yalgado dont les infrastructures bâties sont trés vétustes et ne respectent pas les normes en vigeur. A part la maintenance, continuer à faire de gros investissements sur yalgado à court terme c’est du bricolage et un manque de vision.

    Répondre à ce message

  • Le 21 juin 2011 à 09:13, par kondire
    En réponse à : Centres hospitaliers Blaise-Compaoré et Yalgado-Ouédraogo : Le Premier ministre découvre les réalités

    enfin !!!!!!!!!!!!!!!voici un premier ministre qui connait le mal du pays.notre mouroircar eux meurent en occident a eu ses honneurs.que les actes suivent par pitie.

    Répondre à ce message

  • Le 21 juin 2011 à 10:12, par pegui
    En réponse à : on espère sérieusement que ça va s’arranger

    Merci au chef du gouvernement pour les efforts fournis.

    je souhaiterais revenir sur le fait que la télévision Nationale et les autres médias devraient insister sur les concours pour sage femme et infirmier dans ce pays.

    Donnez des information aux gens sur les formations et les écoles disponibles. s’il n’y a pas d’écoles c’est l’occasion d’en créer une qui soit digne de ce nom. vraiment on a besoin de personnes formées et nous avons beaucoup de jeunes qui choment on peut trouver une solution jen suis sure pour mettre en relation nos ressources.

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  • Le 21 juin 2011 à 11:58
    En réponse à : Centres hospitaliers Blaise-Compaoré et Yalgado-Ouédraogo : Le Premier ministre découvre les réalités

    EST CE QUE MA VIELLE MERE QUI EST A BOINS-YARRE ENTRAIN DE VENDRE DES ARACHIDES OSE T’ELLE ALLER SE SOIGNER DANS CES HOPITAUX LUXEUX ?

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  • Le 21 juin 2011 à 15:02
    En réponse à : Centres hospitaliers Blaise-Compaoré et Yalgado-Ouédraogo : Le Premier ministre découvre les réalités

    J’apprécie énormément l’effort que le premier ministre fait en termes de communication même si je ne perds pas de vue le fait qu’il soit journaliste. Il faut cependant préciser que le manque de communication constitue le socle de tous les problèmes au Burkina et en la matière le président du Faso n’est pas un exemple à suivre. J’espère seulement que le premier ministre pourra insuffler ce dynamisme à son équipe et plus particulièrement au chef de l’état Blaise Compaoré.
    Pour revenir à l’article, le problème de Yalgado ne date d’aujourd’hui et pour ma part je ne comprends pas la surprise des autorités quand ils passent par Yalgado. J’ai bientôt 40 ans et j’ai constaté cet état de fait depuis plus de 20 ans. C’est bien de faire de visite mais il est encore mieux de prendre des résolutions fermes car la santé est un secteur clé au Burkina. Les résolutions pour ma part devraient prendre en compte quatre aspects fondamentaux :
    -  Les infrastructures saines
    -  La formation du personnel hospitalier : sur les valeurs comme le Burkindi
    -  Une base salariale conséquente pour lutter contre la corruption
    -  Création d’un comité de gestion des hôpitaux qui feront des visites et évalueront le fonctionnement des structures et surtout lutter contre les agents de santé fantômes. Cet comité devrait pouvoir sanctionner les agents indélicats et proposer une politique de gestion des hôpitaux.
    Pour ce qui concerne l’hôpital Blaise Compaoré, je suis assez sceptique quant à son utilité réelle pour les populations. Le problème n’est pas seulement de construire un hôpital à la pointe de la technologie (quoi que important) si le citoyen lambda ne peut pas aller se soigner ; Donc vivement que les autorités tiennent compte de la pauvreté des populations pour mettre en place des tarifs abordables pour les Burkinabè.
    Pour finir il appartient aux bénéficiaires que nous nommes d’avoir un comportement responsable et de participer à la gestion des infrastructures. Les populations devraient aussi s’impliquer dans le maintien de la salubrité des centres hospitaliers car ils en sont les principales bénéficiaires.
    Merci

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