Conférence épiscopale Burkina-Niger : "La crise est un avertissement fort"

mardi 21 juin 2011 à 03h53min

"La situation de crise vécue nous semble un avertissement fort dont nous avons eu comme une prémonition en février 2010 dans notre message de Fada N’Gourma et en octobre 2010 dans notre message à l’occasion de la célébration du cinquantenaire de l’indépendance de notre pays". Telle est la conviction des prélats de la conférence épiscopale Burkina-Niger, réunis du 14 au 17 juin 2011 pour leur troisième assemblée de l’année. Voici le communiqué de presse y relatif.

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Dès le lendemain de la fête de la Pentecôte, tous les évêques du Burkina Faso et du Niger se sont mis en route pour Ouagadougou. Au Centre national Cardinal Paul-Zoungrana, du 14 au 17 juin, nous avons tenu notre troisième assemblée de l’année, assemblée toujours consacrée à l’examen des différentes commissions épiscopales. Tous les jours, les travaux ont commencé par l’invocation du Saint-Esprit afin qu’il nous éclaire de sa lumière et qu’il ouvre davantage nos cœurs à tous sans distinction de culture, de langue, de religion.

La matinée du 14 juin 2011, premier jour, fut consacrée à une séance de travail avec Mgr Vito Rallo, Nonce apostolique au Burkina Faso et au Niger.

Le premier point à l’ordre du jour, comme d’habitude, a consisté en un tour de table pour se communiquer les nouvelles de nos diocèses respectifs afin de partager les joies et les peines, les espoirs et les soucis de tous les chrétiens de toutes les populations de nos deux pays.

L’après-midi de ce premier jour, les évêques de la Conférence ont été occupés et préoccupés par la situation nationale du Burkina. En relisant la vie de la nation depuis le mois de février 2011, après la mort de l’élève Zongo Justin, on s’aperçoit que la colère des scolaires, qui s’était manifestée de manière légitime, s’est rapidement transformée en une violence surprenante et quelques fois récupérée par des non-scolaires lancés dans des casses, des incendies, des destructions de biens privés comme publics.

Dans la foulée, des solidarités corporatistes se sont exprimées violemment jusqu’au sein de l’armée nationale, plongeant le pays dans une grande insécurité. Le dénouement de la mutinerie à Bobo-Dioulasso laisse espérer que le calme est revenu, que la paix va s’installer progressivement et que chacun poursuivra son travail pour manger le pain qu’il aura gagné honnêtement.

Nous exprimons notre compassion à toutes les personnes qui ont été victimes des brutalités, qui ont été dépouillées de leurs biens. Nous présentons nos condoléances à toutes les familles qui ont perdu un enfant, un frère, une sœur, un parent proche, un ami et nous prions pour ceux qui sont morts au cours de cette crise.

Nous avons été confortés dans la conviction que désormais il faut compter avec un état d’esprit croissant, allergique à l’injustice, à l’impunité, à la vie chère. On est en quête plutôt de l’équité, de la justice et de la vérité. Nous prions pour que la nation puisse se doter d’institutions fortes capables du respect et de la protection de tout Burkinabè, capables d’écoute de tous, de justice, de vérité, de service et d’éducation de tous les Burkinabè au respect de l’Etat et de ses symboles, des personnes et de leurs biens.

Les journées suivantes, nous tous, Evêques du Burkina et du Niger, ensemble, nous avons écouté les rapports des commissions épiscopales, puis celui du Conseil National des Laïcs, des recteurs de l’USTA (l’Université Saint-Thomas d’Aquin) et du Grand Séminaire Saint-Pierre Saint-Paul, du Secrétaire général des tribunaux ecclésiastiques, du Directeur national des OPM (Œuvres pontificales missionnaires).

Les évêques ont félicité, encouragé les uns et les autres, prodigué des conseils et donné des orientations pour l’avenir. Enfin, les évêques ont procédé à des nominations diverses : présidents et secrétaires généraux de commissions, aumôniers nationaux de la jeunesse et de certains mouvements d’action catholique.

Félicitations et encouragements :

La Conférence épiscopale félicite et encourage le bureau du Conseil national des Laïcs pour son engagement, sa détermination à œuvrer pour un laïcat plénier, mature et responsable dans notre Eglise-Famille de Dieu. Elle félicite et encourage également tous ceux et celles qui sont artisans du dialogue entre les croyants de religions différentes, notamment entre chrétiens et musulmans dans notre pays, les artisans de l’unité entre les chrétiens dans la prière, les œuvres de charité et la recherche commune de la paix.

Elle félicite et encourage tous ceux qui travaillent dans la pastorale sociale : la santé, la pastorale des migrants, la communication sociale, l’OCADES, l’enseignement catholique, malgré les faibles moyens dont ils disposent. Elle espère que tous les baptisés se mobiliseront pour trouver les ressources nécessaires à la vie de l’Eglise.

Exhortation à la formation et à la prière

La Conférence exhorte toutes les commissions, notamment la commission d’apostolat biblique, de catéchèse, des vocations, à initier des formations qui enracinent les jeunes dans le Christ, les affermissent dans la foi afin qu’ils soient attachés à la justice et aient la volonté d’éteindre les conflits.

La commission de liturgie particulièrement devra mettre tout en œuvre afin d’inviter les uns et les autres à la prière personnelle et dans les célébrations communautaires dignes pour que Dieu tourne tous les cœurs vers la recherche du bien, de la paix, de la vérité, de la justice. Elle demande à tous urgemment, à travers la commission pour la pastorale des familles, de tout mettre en œuvre pour sauver et protéger la famille afin de lui donner sa dignité.

Remerciements

Pour terminer, la Conférence épiscopale adresse au Nonce Apostolique, Son Excellence Monseigneur Vito Rallo, ses sincères remerciements pour sa bienveillante attention à l’égard de la Conférence. Les remerciements s’adressent également à l’Archevêque de Ouagadougou ainsi qu’aux membres de sa curie, aux Religieuses et au personnel du Centre national Cardinal Paul-Zoungrana. Que Dieu accorde à chacun le centuple de ses bienfaits !

Fait à Ouagadougou, le 17-06-2011

Les évêques de la Conférence épiscopale

L’Observateur Paalga

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Vos commentaires

  • Le 21 juin 2011 à 09:13, par Taampouka de FUNES
    En réponse à : Conférence épiscopale Burkina-Niger : "La crise est un avertissement fort"

    Silence ! On sait maintenant où vous avez le courage de dire quoi. A l’église vous dites "il faut que ça change, il faut attaquer le mal par la racine". A Kosyam vous dites "nous encourageons le pouvoir...à développer le pays". On doit comprendre quoi ? Que vous n’avez pas le courage de vos idées ? Que vous aussi vous craignez pour votre...gombo ?

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    • Le 21 juin 2011 à 11:20
      En réponse à : Conférence épiscopale Burkina-Niger : "La crise est un avertissement fort"

      TOI TU DIS QUOI ET OU, ? MERCI DE LA FERMER QUAND ON A RIEN A DIRE.. LA CONFÉRENCE ÉPISCOPALE JOUE A MERVEILLE SON RÔLE ET TU GAGNERAS A RELIRE LEURS DÉCLARATIONS

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    • Le 21 juin 2011 à 13:44, par ikaviel
      En réponse à : Conférence épiscopale Burkina-Niger : "La crise est un avertissement fort"

      Comme l’a dit mon prédécesseur, si tu n’as rien à dire, tu la ferme. Qu’est ce que toi t’as apporté pour la crise ? Ou c’est parce que ces idées viennent des évêques ? Vas te faire cuire des oeufs, OK ?

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    • Le 21 juin 2011 à 15:57
      En réponse à : Conférence épiscopale Burkina-Niger : "La crise est un avertissement fort"

      Salut ! Je ne sait pas ce que signifie votre nom "Tampouaka de FUNES". Je voudrais dire que la "société" a perdu du temps et de l’argent dans votre scolarisation et vos connaissances acquises à l’ecole et dans la rue sont du reste inutiles et même nuisibles. Vous savez bel et bien lire et vous savez ce que ces Evêques avaient dit à la Société Burkinabè et aux gens du Pouvoir de la 4è République. Refuser aujourd’hui de reconnaître que quelqu’un a été honnête (comme les Evêques), que quelqu’un a été un travailleur exemplaire, etc.. est le propre de votre société. Si vous avez du respect pour votre propre personne Mr ou Mme Tampouaka de FUNES, je vous conseille de vous éclipser la queue entre les jambes car vos analyses sont myopes, unijambistes et même dangeureuses pour votre entourage familial et social. Vous gagnerez à vous cultiver davantage, c’est la seule porte pour votre salut. En attendant, si vous plus courageux que les Evêques du Burkina, alors entreprenenez des démarches auprès de toutes les communatés religieuses afin qu’elles emboîtent le pas de l’Eglise catholique. Il y va de votre propre salut et de la protection éventuelle du pain mal acquis sur lequel vous êtes assis et dont l’excès vous secrète des délires ou réflexions comme celle contenu dans votre écrit.
      En toute fraternité !

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  • Le 21 juin 2011 à 10:12
    En réponse à : Conférence épiscopale Burkina-Niger : "La crise est un avertissement fort"

    Est ce que l’alternance est une prescription divine ? Puisque dans les églises et dans les mosquées il n’y a jamais d’alternance au plus grand sommet pendant que les choses généralement fonctionnent bien.

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  • Le 21 juin 2011 à 10:41, par L’Autre Africain
    En réponse à : Conférence épiscopale Burkina-Niger : "La crise est un avertissement fort"

    Bénis soit l’Eternel, bénis soient les Hommes qui Le craingnent.

    Merci Seigneur car, dans ce monde où les Hommes ont tendance à craindre plus celui qui tue le corps et qui ne peut rien faire à l’âme à celui qui après avoir tué le corps jette l’âme dans le tourment éternel, Tu suscites des Hommes qui T’ont comme réference.

    Je vous tire mon chapeau car vous faites le lien necessaire entre la justice et la paix. Vous avez toujours prévenu mais on ne veut vous ecouter en vous taxant de vouloir faire la politique. Courage, chers visionnaires, vous avez le mérite d’avoir prévenu.
    Ce n’est pas comme les autres qui savent qu’on est à quelques pas de l’abîme mais qui ne disent rien et qui au premier trébuchement s’empressent d’appeler les citoyens et fidèles à des prières et/ou marches de paix.

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  • Le 21 juin 2011 à 11:01, par Burkimbila
    En réponse à : Conférence épiscopale Burkina-Niger : "La crise est un avertissement fort"

    parlant de société civile au BF, il n’ya pas mieux que l’église catholique. Au moins, eux, savent ce qu’ils veulent. Ils ne jouent pas à "l’autruche",Ils anlysent la situation de manière objective sans partie-pris. je vous admire, vous les évêques. L’Histoire retiendra que vous avez tout fait pour sauver notre pays mais des individus cupides, sanguinaires ont refusé de reconnaitre la réalité.

    Je suis très fier d’être chrétien catholique

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  • Le 21 juin 2011 à 12:20, par Gédéon
    En réponse à : Conférence épiscopale Burkina-Niger : "La crise est un avertissement fort"

    ..."l’époque accablée est digne de respect"... disent Pauwells et Bergier.
    Notre église aussi est digne de respect. Sans trop de tapages, mais plutôt avec beaucoup d’amour et de responsabilité, nos évêques ont toujours su prendre la mesure de la situation nationale et se prononcer. Accompagner les politiques quand ils conduisent les affaires avec claivoyance et sonner le tocsin quand cela s’impose.Avertissement retentissant à chaque dérive. C’est cela le rôle d’une organisation religieuse qui se veut divine.
    Je souhaite longue vie à l’église catholique et à ses évêques même quand les temps présents semblent incertains.

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  • Le 21 juin 2011 à 12:49, par Marie
    En réponse à : Conférence épiscopale Burkina-Niger : "La crise est un avertissement fort"

    Merci Seigneur pour les dirigeants de ton Eglise.

    Merci à vous Chers Pères Evêques. Surtout ne vous lassez pas de parler, d’aider par vos conseils. Courage !!!!

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  • Le 21 juin 2011 à 12:49, par Brillance
    En réponse à : Conférence épiscopale Burkina-Niger : "La crise est un avertissement fort"

    je salut fermement cette option et cette prise de position de la "tête" de l’église catholique. La religion perd son essence et son sens dès qu’elle s’écarte du chemin de la justice et de la vérité. Une vraie religion c’est celle qui défend la veuve et l’orphelin, c’est à dire le faible. Il ne faut pas se taire lorsque la manivelle de la chose politique ou sociale ne garantit plus ces vertus-là. J’invite les autres leaders religieux et traditionnels à avoir ce courage parce que la paix de tous en dépend même celle de ceux devant qui on veut pas toujours voir la vraie couleur des choses. Je rappelle que je ne suis pas catholique mais je trouve leur prise de position salvatrice et porteuse d’espoir.

    Que Dieu bénisse le BF

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  • Le 21 juin 2011 à 13:57, par ben
    En réponse à : Conférence épiscopale Burkina-Niger : "La crise est un avertissement fort"

    Merci mes ÉVÊQUES.Vous êtes vraiment guidés par le Saint Esprit.Félicitations.

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