Grève à Ouaga : Les professeurs renoncent à leur marche

jeudi 26 mai 2011 à 04h28min

Dans le cadre de leur lutte pour réclamer de meilleures conditions de vie et de travail, les travailleurs de l’éducation et de la recherche avaient prévu, hier mercredi 25 mai 2011, une marche dans les artères de Ouagadougou afin de remettre une lettre à leur ministre de tutelle. Mais l’irruption des élèves au sein de la Bourse du travail, d’où devait partir le mouvement les a amenés à annuler cette activité.

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L’attelage enseignants-élèves semble plus que jamais revigoré ces jours-ci. Les premiers ont enclenché une lutte, les seconds leur ont marqué un soutien indéfectible. Après deux jours de manifestations marquées par des destructions d’édifices publics, les élèves se sont mobilisés hier à la Bourse du travail hier matin pour, cette fois, marcher aux côtés de leurs professeurs. Mais ce soutien a été remis à plus tard.

« Les élèves ont des organisations certes, mais elles ne maîtrisent pas leurs mouvements et les débordements. Si nous sortons pour une marche, ils se diront qu’une solution n’a pas été trouvée entre le gouvernement et nous. Ils vont sortir à leur tour, et ce sera les casses de nouveau », dira le Secrétaire général de la Fédération des syndicats nationaux des travailleurs de l’éducation et de la recherche (F-SYNTER), Mamadou Barro, qui a invité ses camarades à surseoir à leur projet de marcher pour remettre un message au ministre des Enseignements secondaire et supérieur, Albert Ouédraogo.

Des enseignants commençaient à perdre patience parce que les rayons du soleil devenaient de plus en plus violents, mais surtout parce que la rencontre entre leurs responsables et des représentants d’élèves a pris plus de temps que prévu. Regroupés au sein de la Fédération des étudiants et scolaires du Burkina Faso (FESBF), ces derniers ont dit être allés écouter leurs enseignants sur les conclusions de la rencontre qu’ils ont eue avec le gouvernement le mardi 24 mai 2011.

Bien que la date du lundi 30 mai 2011 au plus tard leur ait été donnée par le gouvernement pour la reprise des cours, les leaders du FESBF campent sur leur position de soutien inconditionnel à leurs éducateurs. A les croire, il leur fallait faire le déplacement à la Bourse du travail afin d’avoir la consigne à donner à leurs bases.

Sur place, ils tiendront un meeting pour faire le point à leurs camarades ; des camarades à qui ils demanderont de rentrer chez eux et d’attendre la décision de leurs professeurs. « Si les enseignants sont dans de bonnes conditions pour donner les cours, nous, nous sommes disposés à retourner dans les classes », nous diront en chœur Karim Ahmed Kinda et Lionel Bonkoungou, deux membres du bureau de leur regroupement, pour qui la lutte continue.

Les travailleurs de l’éducation et de la recherche, qui avaient prévu un meeting et une marche, ont pu tenir la première activité. Il s’est agi pour le SG du F-SYNTER de donner les réponses de l’équipe gouvernementale à leurs revendications portant sur les questions d’indemnités, la limitation des effectifs dans les classes, l’apurement des retards et le reclassement des conseillers pédagogiques.

Pour la résolution de ces problèmes, le gouvernement a demandé aux enseignants une échéance de 48 heures pour s’exécuter. M. Barro et ses camarades ont décidé d’annuler leur deuxième activité afin d’éviter les dérapages que pourrait engendrer la participation des élèves à la marche. Les enseignants restent convaincus de la justesse de leur cause comme l’indique cette pancarte de la section F-SYNTER du lycée Bogodogo : « Enseignants méprisés = éducation méprisée ».

Pour cela, ils sont déterminés à obtenir satisfaction et attendent jusqu’à aujourd’hui jeudi 26 mai 2011 à 17h, où s’épuisent les 48 heures demandées par le gouvernement, pour arrêter la suite à donner à leur mouvement. « Nous sommes engagés et nous irons jusqu’au bout. Vendredi matin, avec ou sans autorisation, nous serons au ministère », a averti Mamadou Barro.

Moumouni Simporé (Stagiaire)

L’Observateur Paalga

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Vos commentaires

  • Le 26 mai 2011 à 13:06, par oued. arouna
    En réponse à : Grève à Ouaga : Les professeurs renoncent à leur marche

    Heee encore, le pauvre bf, les enseignent qui se disent intellectuel, jai vraiment honte, si tout le monde va reclamer en cassant , je crois qu en fin de compte le bf ne sera plus governer.c est devenu un jeux d enfent actuellement au bf, les militaires font ce qu ils veulent mais ecouter respecter un peut la population. vs pensez que c est une bnne chose pour l image de burkina, c est tres triste, vous les eleves soyez un peut responsable, un eleve n est pas un delinquant ,vous cassez c est pas bon, ceux qui sont ds les grds bureaux n ont pas leur enfents au pays dc faites bc attention a ce que vous faites.moi je suis a l etranger et jai vraiment honte de voir mon pays ds cette situation. blaise n est pas un genis, ni le dg fmi , ni la banque mondiale pour regler tout les problemes a la fois. calmez vous et reflechissez encore. si tout le monde reclame de meilleurs conditions,meme les morts de burkina vont sortir de leur tombes pour reclamer de meilleurs conditions d enterrement. ce n est pas avec les greves par si par la qu on pourra arranger le bf.

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    • Le 26 mai 2011 à 14:28, par le 3ème oeil
      En réponse à : Grève à Ouaga : Les professeurs renoncent à leur marche

      Tu as raison de parler ainsi parce que certainement tu es enfant de ces gens là qui ont de grands bureaux. Tu ne peut donc pas comprendre ce que le fils de pauvre vit dans le pays à deux vitesses. L’histoire nous a montré que c’est pratiquement le seul moyen dont dispose le peuple réel pour se faire entendre.Il y a les uns (minorité) et les autres (majorité) et maintenant la majorité refuse d’être considérer comme les autres.Range toi tu bon coté pendant qu’il est temps sinon... "retiens que chacun vit sans douleur"

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      • Le 26 mai 2011 à 16:15, par La polique n’est pas le lieu des sentiments.Sur cette base,on dure mais pas toujours !
        En réponse à : Grève à Ouaga : Les professeurs renoncent à leur marche

        je ne pense pas etre pessimiste,mais y a t’il autre moyen pour se faire entendre ?si oui,qu’on me donne un exemple sur un fait(serieux,qu’on laisse les petits changements de surface)...Qu’on le veuille ou non,il y a "LE VERITABLE PROBLEME QUE TOUS NOUS SAVONS MAIS QUE CHACUN SE CONTENTE DE JUSTE PENSER"...Ménons une "petite" reflexion et nous verrons que dans l’histoire,un jour a été celui ou l’inévitable
        est arrivé

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    • Le 26 mai 2011 à 16:13
      En réponse à : Grève à Ouaga : Les professeurs renoncent à leur marche

      les enseignants ne se disent pas intellectuels. ils le sont deja meme si tu ne le dis.

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    • Le 26 mai 2011 à 19:42, par fasoite
      En réponse à : Grève à Ouaga : Les professeurs renoncent à leur marche@

      Tu l’as bien dit. heureusement Blaise n’est pas DSK

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    • Le 26 mai 2011 à 20:22, par Gomzanga
      En réponse à : Grève à Ouaga : Les professeurs renoncent à leur marche

      Mon cher Oued Aroun, tu es vraiment loin du pays et tu ne connaître la misère d’un enseignant burkinabè. Pourquoi avoir honte que ceux-ci revendiquent dans la dignité ce qui leur revient de droit. Il y a des revendications qui datent de 20 ans qui jusque là ne sont pas satisfaites. Que voulez-vous qu’ils fassent ? Mon char frère, égaré par ton accointance avec le pouvoir en place, saches qu’un enseignant burkinabè tire le diable par la queue : le sac de riz coûte 22 000 FCFA, celui du maïs 16000FCFA, le loyer le moins cher (2 chambres salon) est à 35000FCFA à Ouaga, le litre d’essence est à près de 700 FCFA. Lui (Professeur certifié catégorie A1) gagne à peine 75 000 FCFA tandis que le soldat 2è classe s’en tire avec 122 500. Mêles-toi de ce qui te regarde ou tu la fermes et dégages !!!

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  • Le 26 mai 2011 à 13:47, par l’aigris
    En réponse à : Grève à Ouaga : Les professeurs renoncent à leur marche

    monsieur oudraogo arrté ça les fonctionnaires sont dans la misère et s’en sortent a peine c’est ce qui devrait vous choqué et les consequences les militaires sont sortiils ont eu gain de cause si on peut satisfaires les militaire on peut pour les autres donc il ne faut pas distraire les gens. pourqoi dans les pays voisins le mali le senegal le Benin le Niger qui ont les meme ressources que nous a peu près les fonctionnaires sont mieux traité ? donc en avant pour de meilleur conditions de vie et de travail

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  • Le 26 mai 2011 à 15:18, par Tilfad
    En réponse à : Grève à Ouaga : Les professeurs renoncent à leur marche

    On vous comprend aisément.Les casses et autres incendies ne résolvent pas dans l’immédiat les problèmes, mais il faut reconnaître que c’est le régime même qui aura créé le lit à toutes ses manifestations.En laissant accumuler les problèmes de tous ordres,le régime est, sans se l’imaginer en train de creuser sa propre tombe. En effet, en examinant toutes le plate-formes revendicatives, on se rend à l’évidence qu’il s’agit en réalité de "vieux problèmes" qu’ à défaut de régler en même temps, il eut fallu résoudre progressivement en maintenant la concertation avec les différentes parties. A mon humble avis, si cela avait été le cas, on n’en serait pas là.
    Toutefois, je demande aux uns et aux autres d’accepter les concessions nécessaires pour qu’une solution pérenne soit trouvée afin d’éviter le pire.
    Tilfad

    Répondre à ce message

  • Le 26 mai 2011 à 15:27, par tilfad
    En réponse à : Grève à Ouaga : Les professeurs renoncent à leur marche

    On vous comprend aisément.Les casses et autres incendies ne résolvent pas dans l’immédiat les problèmes, mais il faut reconnaître que c’est le régime même qui aura créé le lit à toutes ses manifestations.En laissant accumuler les problèmes de tous ordres,le régime est, sans se l’imaginer en train de creuser sa propre tombe. En effet, en examinant toutes le plate-formes revendicatives, on se rend à l’évidence qu’il s’agit en réalité de "vieux problèmes" qu’ à défaut de régler en même temps, il eut fallu résoudre progressivement en maintenant la concertation avec les différentes parties. A mon humble avis, si cela avait été le cas, on n’en serait pas là.
    Toutefois, je demande aux uns et aux autres d’accepter les concessions nécessaires pour qu’une solution pérenne soit trouvée afin d’éviter le pire.
    Tilfad

    Répondre à ce message

  • Le 26 mai 2011 à 23:06
    En réponse à : Grève à Ouaga : Les professeurs renoncent à leur marche

    Qui avait dit que le burkinabe ne savait plus luter, nous qui avons appris la lutte a la sous- region. Simplement, l’ heure n’ etait pas arrivee. Ne prenez pas patience pour de la moutonnerie. Ngaw.

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