Protestation d’élèves du lycée Philippe Zinda Kaboré : Le bureau de l’APE récusé pour mauvaise gestion

vendredi 20 mai 2011 à 05h40min

Les élèves du lycée Philippe Zinda Kaboré sont en colère. Ils protestent contre "l’incompétence" du bureau de l’Association des parents d’élèves (APE), situation qui a abouti à une suspension des cours de 24 H, le mardi 17 mai 2011.

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"La situation concerne l’APE. Il y a des irrégularités dans la gestion du bureau et depuis près de 10 ans. C’est le même qui est en place, pas de changement". C’est par ces mots que le responsable à l’organisation de l’Association des élèves du secondaire de Ouagadougou, (AESO), Adama Congo nous a accueilli au lycée Philippe Zinda Kaboré, le mercredi 18 mai 2011. En effet, aux dires des personnes que nous avons rencontrées, c’est une gestion "calamiteuse" des affaires de l’établissement par le bureau de l’APE qui est mise au grand jour. Elles disent ne pas savoir où rentre l’argent des cotisations des parents d’élèves ( les cotisations sont incluses dans les frais d’inscription). Elles se justifient, en prenant pour exemple, la cantine qui connaît des problèmes de fonctionnement, ainsi que des murs détruits par la pluie du 1er septembre 2009 et qui ne sont toujours pas refaits...

Face à cette situation et après plusieurs interpellations sans suite, les élèves ont décidé de prendre les choses en main. C’est ainsi qu’ils avaient ordonné la suspension des cours pour 24 h, le mardi 17 mai 2011. La levée du mot d’ordre a été orchestrée par des parents d’élèves qui, interpellés par le proviseur, ont mis en place un comité pour juguler la crise. Ceux-ci ont pu ramener les élèves à la raison, en leur promettant de tout faire pour trouver une solution au problème.

Pour Adama Congo, depuis le 14 février 2011, des démarches avaient été entreprises, afin de venir à bout du problème "Nous avons même adressé une note au ministre des Enseignements secondaire et supérieur, demandant la dissolution pure et simple sans délai et sans condition, du bureau. Mais comme il n’y a pas suite, nous avons choisi l’autre voie (...) Tant que nous n’obtenons pas gain de cause, il n’y aura pas de cours au Zinda, heureusement que les parents sont intervenus", a-t-il indiqué. Il a ajouté que les élèves ne connaissent que trois membres seulement du bureau (le président, le secrétaire général et la trésorière). Les cours devraient logiquement reprendre, n’eût été la grève des enseignants qui, nous a-t-on précisé, est consécutive au mouvement des élèves.

Le président du comité mis en place, Issouf Soma, a précisé qu’il a écouté tour à tour, les élèves et le proviseur du lycée, mais que les membres du comité reconnaissent unanimement que les élèves sont dans leur droit. Il dit avoir fait la promesse à ceux-ci de rencontrer l’ancien bureau, de le convaincre de convoquer une assemblée générale, au cours de laquelle, il présentera son bilan. Pour l’instant, le dialogue est à sa phase initiale, selon M. Soma. Néanmoins, il demande aux élèves de leur faire confiance.

Le proviseur du lycée, Boureima Traoré, reconnaît qu’il y a une certaine légimité dans la revendication des élèves, mais estime qu’ils en font un peu trop. Il a indiqué que depuis la rentrée 2010-2011, une des doléances des élèves était que le bureau de l’APE tienne une assemblée générale et qu’il explique aux parents comment fonctionne l’établissement. En plus, il a rappelé que les élèves ont effectivement demandé le renouvellement du bureau "qui fonctionne avec un effectif incomplet". Mais selon le proviseur, les textes ne permettent ni aux élèves, ni au proviseur d’infléchir sur une affaire de l’APE. Au vu de cela, il ne pouvait intervenir. Ce qui a amené les élèves à le traiter de complice avec le "bureau fantôme". Il dit même avoir échappé belle à un lynchage, suite à la colère des élèves. M. Traoré pense aussi que les élèves sont allés vite en besogne, car c’est seulement 24 heures après avoir adressé une correspondance au ministre qu’ils ont engagé la manifestation. Heureusement, après explications, les manifestants ont décidé d’arrêter leur mouvement, mais ce sont les enseignants qui, estimant qu’ils ont été séquestrés par les élèves, ont décidé d’arrêter à leur tour, les cours jusqu’au lundi 23 mai 2011.

M. Traoré a tout de même assuré qu’il fera tout son possible pour que le calme revienne le plus tôt, dans son établissement.

Daniel ZONGO et Boukary NEBIE (Stagiaire)

Sidwaya

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