Général de brigade Nabéré Honoré Traoré, chef d’Etat-major général des armées : « La physionomie de l’armée à beaucoup changé, c’est peut-être ça qui nous a échappé »

mercredi 4 mai 2011 à 03h11min

Le nouveau chef d’Etat-major général des armées, le Général de brigade Honoré Nabéré Traoré depuis sa nomination est au four et au moulin. Il y a de quoi. Le travail à faire est immense pour ramener la sérénité dans les casernes et par ricochet, la quiétude dans le pays. Le dialogue et la concertation qu’il a promis s’accompagnent d’une communication nécessaire pour rassurer et l’opinion nationale et internationale. Nous vous proposons ici la première interview qu’il a accordé à la presse internationale, RFI en l’occurrence. Le Général Honoré Nabéré Traoré y dévoile en filigrane sa méthode pour ramener la discipline dans la troupe.

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Depuis votre arrivée à la tête de l’armée burkinabè vous martelez sans cesse le mot discipline, comment allez-vous rétablir l’image écornée de cette armée qu’on disait pourtant disciplinée ?

Vous savez que dans toutes les institutions militaires, la discipline fait la force de toutes les armées. C’est le socle sur lequel repose l’appui de notre institution. La règle c’est que tout subordonné doit obéissance à sa hiérarchie.

Avez-vous l’impression que cette discipline a été ébranlée ?

Nous avons une faiblesse au niveau des effectifs des cadres de proximité. Il y a une certaine distance entre les différentes catégories de personnels. Les militaires du rang, les sous-officiers, les officiers, ce qui fait qu’on n’est pas toujours à l’écoute des militaires du rang. Il y a eu des problèmes d’incompréhension.

En clair, le lien a été rompu entre le Haut-commandement et la base ?

Les liens étaient suspendus, mais pas totalement rompus. Nous avons besoin de plus de cohésion, de plus d’écoute.

Vous parlez de discipline, est-ce que vous n’avez pas l’impression que les militaires ont été souvent couverts par leurs chefs et qu’aujourd’hui ils ne le sont plus ?

Ils n’ont pas été couverts par leurs chefs, je ne pense pas. De plus en plus il y a eu un relâchement entre les différentes couches de l’armée parce que les cadres de proximité n’étaient pas en mesure d’assurer le travail parce qu’ils étaient en nombre insuffisant.

Nous avons besoin de mieux encadrer ces cadres surtout ceux qui font la formation commune de base pour qu’ils enseignent aux nouvelles recrues les règles de base afin que leur carrière militaire se fasse dans de meilleures conditions, dans le respect de la hiérarchie où la discipline sera de mise.

L’armée burkinabè a beaucoup évolué, il n’y a pas un accent particulier à mettre sur le civisme ?

On recrutait beaucoup dans le monde rural, des analphabètes, aujourd’hui, il y a de plus en plus des gens lettrés qui sont de niveau 6ème, 5ème, 4ème donc il y a un amalgame ? ; la physionomie de l’armée a beaucoup changé.

C’est peut-être ça qui nous a échappé. Nous comptons remédier à cela en procédant à des réglages en notre sein et en encadrant bien la troupe. Mais au niveau de la formation commune de base déjà, une unité de formation basée à Bobo-Dioulasso, le civisme est enseigné. Mais comme je le dis, il y a beaucoup d’autres choses à faire pour ramener les militaires dans les rangs.

Concrètement, vous avez dit que beaucoup d’autres choses restent à faire pour ramener les militaires dans les rangs ; quelles pistes comptez-vous prendre ?

Un meilleur encadrement, une meilleure écoute. Il y aura des rencontres périodiques où les comptes-rendus seront ramenés à un niveau supérieur afin que nous puissions apporter des solutions aux éventuels problèmes.

Ce sont les conditions de vie et de travail qui se sont dégradées et je pense que les solutions qui ont été déjà apportées par le chef suprême des armées, vont dans le bon sens. J’espère que dans un, à deux mois nous pourrons retrouver une armée plus disciplinée.

Quand on voit la quantité d’armes qui sont sorties et détenues par des soldats et le nombre de minutions tirées en l’air, cela ne pose-t-il pas un problème ?

Nos minutions et nos armes sont bien gardées, mais c’est gardé par des militaires qui sont de la même classe. C’est bien facile à comprendre que les gens (les mutins) puissent sortir avec les armes. Leur démarche est pacifique. Quand ils viennent, ils tirent en l’air et demandent à leur camarade de leur laisser prendre les armes. Ceux-ci les observent et les laissent faire. Sinon nos magasins sont bien protégés, mais nous allons apporter des améliorations à cela dans les mois qui suivront. Plus rien ne sera comme avant.

Vous avez évalué ce qui a été tiré en l’air comme minutions ?

Je ne pense pas vous donner le nombre. Ils ont tiré pour se faire entendre, nous les avons entendus. Nous allons répartir sur de nouvelles bases pour une nouvelle armée et pour que cette armée réponde aux aspirations du peuple. Que le peuple soit fier de son armée.

Entretien d’après RFI : Retranscrit par Kibsa KARIM

Par L’Hebdomadaire du Burkina

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