Passation de service au Premier ministère : « Je mesure l’ampleur et la complexité de la tâche », dixit Luc Adolphe Tiao

samedi 23 avril 2011 à 14h43min

Nommé premier ministre le 18 avril dernier, Beyon Luc Adolphe TIAO a effectivement pris fonction le 22 avril. La passation de service entre le sortant, Tertius ZONGO (nommé le 04 juin 2007), et l’entrant a eu lieu au Premier ministère sous la direction du secrétaire général du gouvernement sortant, promu ministre de l’habitat et de l’urbanisme, Yacouba Barry. L’heure reste au travail, peut-on comprendre dans la réaction du nouveau chef du gouvernement. Quant à Tertius Zongo, son intervention peut se résumer en deux mots : reconnaissance et disponibilité.

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Après la passation de témoin sous le regard de Yacouba Barry, Tertius Zongo s’est d’abord adressé au personnel venu en grand nombre suivre le dernier acte de son passage à la primature. Il exprime sa reconnaissance au président du Faso Blaise Compaoré qui lui a permis de diriger cette institution, pendant près de quatre ans. Ensuite, il exprime sa reconnaissance aux membres des différents cabinets ministériels pour leur engagement au service de la nation. Reconnaissance aussi aux Burkinabè de l’intérieur, de l’extérieur et aux amis du Burkina Faso pour leur appui ; quelquefois dans l’anonymat. Sans oublier sa famille qui a été d’un grand soutien et d’une compréhension sans faille.

Mais, on le sait, Tertius est très croyant, il ne pouvait manquer de rendre grâce à « Dieu qui est au début et à la fin de toute chose ». Car « c’est une grâce, ce n’est pas un mérite de servir à un niveau tel que celui-là », pense-t-il. « J’ai vu cette grâce, j’ai vu cette main tendue, j’ai vu des hommes et des femmes qui ont été utilisés comme des canaux pour me permettre de faire ce travail », ajoute-t-il.

Puis, Tertius Zongo félicite Luc Adolphe Tiao, son successeur pour sa nomination au poste de Premier ministre. Un homme qu’il dit connaître depuis très longtemps et qu’il définit comme un homme patient, méthodique et grand travailleur. « Tel que je vous connais, je ne doute aucunement de vos capacités à assumer dans l’intérêt des Burkinabè cette charge exaltante mais pleine de symbole et de fierté », avoue-t-il.
Il assure aussi à son successeur son soutien à chaque fois que le besoin se fera sentir.

Tertius Zongo est aussi un Premier ministre satisfait de ses collaborateurs et il a tenu à l’exprimer. « Au moment où je dois vous quitter, je demeure persuadé que vous garderez intacte cette détermination et cet engagement au côté de Son Excellence Monsieur Luc Adolphe Tiao pour continuer de consolider les bases de l’édification d’un Burkina prospère et solidaire », conclut-il.

Ses ex-collaborateurs, en signe de reconnaissance, lui ont remis un cadeau symbolisant la famille. Une façon de traduire la continuité des bons rapports.

Arrive enfin l’allocution de Monsieur Luc Adolphe Tiao, le Premier ministre entrant qui, apparemment, avait du mal à contenir son émotion. Plus tendu que son prédécesseur. Normal, car il succède à « un grand homme, un ami, un travailleur, un homme sérieux », selon ses propres termes. La tâche qui l’attend est immense et parsemée d’embûches, dans ce contexte difficile de crise sociale que traverse notre pays et il doit jouer le sapeur-pompier. L’entretien en têtte à tête qu’il a eu avec Tertius Zongo lui permet de mesurer l’ampleur et la complexité de la tâche d’un Premier ministre. Pour réussir, il compte bien se mettre à l’école de son prédécesseur et des collaborateurs compétents, fidèles et loyaux que lui a laissés Tertius Zongo. Il dit donc privilégier l’esprit d’équipe et se rend disponible autant que faire se peut.

« Mon bureau reste ouvert ; j’espère qu’ensemble nous allons pouvoir relever le défi », déclare le nouveau locataire de l’ex-palais de Koulouba. Avec les actions déjà entreprises par Tertius Zongo et son gouvernement, « nous ne venons pas sur des ruines », se rassure M Tiao. Même si les instructions de Blaise Compaoré sont, on ne peut plus claires : œuvrer à ramener la paix sociale au BF, notre richesse principale. Et de ce fait, le PM entrant sera exigeant. Les travailleurs doivent alors retrousser les manches car « je ne pense pas vraiment pouvoir m’accommoder avec des personnes paresseuses », prévient-il avant de raccompagner l’ex-patron du gouvernement jusqu’à sa voiture.

Ainsi donc, le loquace Premier ministre Zongo n’est plus le patron du gouvernement. Il a tout de même eu le mérite de faire évoluer les mentalités au sein de la population civile sur le patrimoine de l’Etat. Il appartient à son successeur de consolider cet acquis en essayant de discipliner le monde militaire. C’est sans doute la raison pour laquelle le président du Faso « himself » s’est adjugé le poste de ministre de la défense et des anciens combattants.

Moussa Diallo
Lefasonet

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