Banfora : Le bras d’un homme sectionné à cause d’œufs de pintade

jeudi 21 avril 2011 à 23h33min

Ce drame est survenu dans un hameau de culture à l’est du secteur n°9 de Banfora au quartier Bounouna. Par suite d’un litige sur des œufs de pintade, deux hommes d’ethnie peulh en sont arrivés aux mains, et la bagarre s’est soldée par la perte d’un des membres supérieurs d’un des belligérants ce 14 avril 2011, Siaka Sidibé, de surcroît un sourd-muet.

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Admis au bloc opératoire de Banfora, il y subi des soins intensifs tandis que son bourreau a été interpellé par la gendarmerie. Ce 14 avril, la victime, Siaka Sidibé, plus de la trentaine, qui été admis au Centre hospitalier régional (CHR) de Banfora, était loin d’imaginer que les fruits de son élevage de volaille allaient le conduire à la perte définitive de son membre. Il savait que ses 4 pintades avaient commencé à pondre dans la brousse sans trop savoir exactement où. La veille du reste, il avait mené une petite enquête infructueuse et s’était résolu à la continuer le lendemain.

Ce 14 avril, pour des contraintes, selon sa deuxième épouse trouvée dans la cours (la première était au chevet de la victime à l’hôpital), sa fille âgée d’environ 10 ans a réussi à suivre les traces des pintades et découvrit où elles pondaient. Rentré, Siaka est informé par cette dernière. Mais le constat, c’est que quelqu’un ramassait ses œufs. Ses soupçons se portèrent sur sa voisine, une vieille dame. Il se rendit donc dans la concession voisine, toujours selon sa deuxième épouse, où il trouva la sexagénaire, et les choses tournèrent court.

Par coïncidence, dans cette cours, la vieille dame élève également des pintades et elle a soutenu que ces trois pintades pondaient également. Après sûrement quelques vifs échanges, Sidibé Aly, le fils de la sexagénaire qui utilisait de la paille pour refaire le toit d’une des maisons, a voulu défendre sa maman. Siaka décide d’aller détruire le « poulailler » afin que les pintades pondent de façon séparée.

C’est dans cette perspective que le drame est survenu aux environs de 13h. En effet, c’est dans les buissons que le drame est survenu. La vieille s’est plainte d’une violation de domicile, son fils ayant été de surcroît agressé le premier en recevant un coup de bâton sur la tête. Tombé, il voulut se défendre en utilisant son coupe-coupe. Par réflexe, Siaka voulut s’en protéger et reçut le coup en plein membre supérieur qui fut sectionné au niveau de l’avant-bras.

Les sapeurs-pompiers, appelés à la rescousse, trouveront l’homme en train de se vider de son sang. Pendant qu’il était transporté vers l’hôpital, Aly, la trentaine passée aussi, qui s’en est tiré à bon compte avec des blessures à la tête, au bras et au pied, selon sa maman, se rendait à la gendarmerie pour relater les faits. Il sera ensuite appréhendé par celle-ci à la lumière des faits. Sa mère, profondément attristée, estime que son fils, qui ne possède pas de pintades, est en train de payer une lourde peine pour avoir voulu la défendre. Car c’est elle qui élève les pintades afin d’acheter sa cola, grâce à la recette générée par la vente des œufs.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est la tristesse et le regret dans chacune des deux famille, manifestés à travers des témoignages pathétiques. Dans celle de la victime, la seconde épouse s’inquiète déjà de leur avenir du fait que leur mari, désormais dépourvu d’un membre, a des enfants toujours en bas âge. Du côté de la sexagénaire, c’est aussi la hantise pour la pitance quotidienne, étant donné que le seul fils qui lui assurait la survie est sous la menace d’une peine de prison. S’il écope d’une peine longue dans cette affaire très banale, que deviendra-t-elle avec ses petits-fils ? s’interroge-t-elle.

Comment en sont-ils arrivés là ? Y a-t-il eu des antécédents qui ont envenimé le bon voisinage pour qu’on en arrive à une telle extrémité ? Au vu de son handicap (sourd-muet), à quel hauteur Siaka a-t-il été spolié, d’où cette colère ? En attendant, il reste très regrettable qu’une affaire d’œufs occasionne la perte d’un membre et la nouvelle qui s’est rependue comme une traînée de poudre à Banfora, laisse plus d’un perplexe. En effet, comment peut-on arriver à une telle violence pour de si peu ? La gendarmerie qui a ouvert une enquête saura sans doute lever le voile sur certains aspects du drame.

Luc Ouattara

L’Observateur Paalga

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