Candidats aux concours de la Fonction publique : Attention aux voleurs !

jeudi 21 avril 2011 à 01h02min

Après des jours chauds, la vie a repris ses droits au Faso et les candidats aux concours directs de la Fonction publique se bousculent au portillon depuis le lundi 18 avril dans les centres d’inscription de la capitale. Le processus qui conduit à l’obtention des récépissés d’inscription est coûteux en temps, en énergie et en franc CFA. Malheureusement, les voleurs y opèrent avec une aisance déconcertante semant la consternation dans les rangs des candidats. Nous en avons fait le constat sur le terrain le 20 avril 2011.

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Les documents de tests psycho-techniques et de tests de niveau d’auteurs différents sont exposés dans tous les centres d’inscription aux concours de la Fonction publique. Les vendeurs rivalisent de publicité pour convaincre les candidats à se les procurer pour "rompre avec le chômage", comme nous le dit Salif Aga devant son étal.

Mais pour l’heure, les candidats ont d’autres chats à fouetter : composer les dossiers, avoir un peu d’argent pour l’eau, le parking et faire face à d’éventuelles petites pannes d’engin et enfin, obtenir le sésame qui ouvre la porte de la salle d’examen le jour du déroulement des épreuves.

Titulaire d’une maîtrise en droit, Hien Toh vient de faire acte de candidature pour le concours des conservateurs d’archives : "J’ai déposé mon dossier et celui de ma petite amie qui garde notre engin. Ça nous permet d’économiser l’argent de parking. Elle est à sa 3e année de chômage et moi, j’en suis à ma 2e année", nous confie-t-il avant de démarrer sa moto avec son amie Gilbertine Kaboré.

Boukary Kounda est, quant à lui, venu au Building Lamizana pour prendre des renseignements. "Je n’ai pas encore fini de légaliser mes papiers du fait des troubles ces derniers temps mais je suis en train d’accélérer pour être dans le temps et déposer au minimum, pour 4 concours", nous dit-il avant d’enfourcher sa bicyclette.

Les longues files d’attente contraignent certains à s’asseoir hors des rangs en suivant bien l’avancée de ceux-ci : est de ceux-là Andréa Ouédraogo qui souhaite être agent spécialisé de gestion des ressources humaines sans oublier sa déconvenue de l’année dernière : "Je me suis bien préparée l’an passé et j’ai trouvé les épreuves des infirmiers d’Etat très abordables mais à ma grande surprise, je n’ai même pas vu mon nom sur la liste d’attente.

Si on pouvait communiquer nos notes, ça aurait été plus transparents", suggère-t-elle avant de nous relater ses efforts en vue de la session à venir : "Depuis le mois de juillet, je suis des cours de préparation et chaque mois cela me coûte 5 500 F CFA. Tout ça c’est pour mettre la chance de mon côté".

Contre-visite 2 000 F CFA

S’il y a une pièce dont l’obtention coûte les yeux de la tête des candidats, c’est bien le certificat de visite et de contre-visite, suscitant ainsi la colère de Dimitri Ouédraogo, étudiant en 2e année de Géographie et candidat aux agents spécialisés des ressources humaines : "l’an passé, nous explique-t-il, le certificat de visite et de contre-visite coûtait 500 F CFA et cette année il est monté à 2 000 F CFA alors qu’on ne peut pas photocopier cette pièce pour l’utiliser dans un autre concours ; dans un contexte de vie chère cette mesure est inadmissible".

La colère d’Ousmane Sawadogo a une autre explication : "On nous dit que le Certificat d’aptitude professionnelle (CAP) équivaut au BEPC, mais on rejette ce diplôme dans les concours où on demande le BEPC ou diplôme équivalent ; je ne conseillerai jamais à mes petits frères de faire la série technique, car en Tle G2 je suis déboussolé".

Terreau de prédilection des voleurs

Après avoir déposé ses dossiers, Souleymane Birba n’avait que ses yeux pour pleurer, son vélo lui ayant été volé. Pendant qu’il était en train de nous expliquer sa mésaventure, une voix se fit entendre : "Au voleur, aux voleur", peine perdue, le malfrat vient de brûler le feu tricolore du Conseil de l’entente pour se mettre en lieu sûr. Arnaud Bancé fait ainsi face à la dure réalité.

"La moto appartient à Sabine Bouda qui était en train de déposer ses dossiers ; comme elle tardait, j’ai bouclé l’engin pour jeter un coup d’œil à mon retour ; je voyais de loin un monsieur sur la moto, et le temps que j’arrive, il avait déjà démarré, c’est incroyable !", nous relate-t-il. La propriétaire de l’engin, Bouda Sabine, est du secteur 30 et employée au Samu social, une association qui s’occupe des enfants de la rue.

Sur les papiers qu’elle nous a remis, on peut lire motocycle Yamaha Crypton acheté le 30 janvier 2010, n° LAPX CHMA060106. Pendant que les esprits des candidats sont ailleurs, les malfrats sèment le désarroi. La vigilance s’impose et la meilleure des solutions, c’est de confier son engin au parker.

Abdou Karim Sawadogo Alima Koanda


Après avoir sillonné quelques centres de dépôt des dossiers aux concours directs, nous avons rencontré le directeur général de l’Agence générale de recrutement de l’Etat (AGRE), Emmanuel Nignan, qui nous parle, à travers les lignes qui suivent, de l’organisation des concours.

Qu’est-ce que l’AGRE ?

• L’Agence générale de recrutement de l’Etat (AGRE) est une structure étatique chargée d’organiser les concours directs, professionnels et inter-Etats. Elle a été mise en place pour améliorer l’organisation des concours. Vous l’aurez peut-être constaté, depuis 2 ou 3 ans, des innovations ont été apportées à l’organisation des concours au grand bonheur des candidats.

Vous êtes sorti sur le terrain et vous avez certainement pu faire le tour dans certains centres. Qu’avez-vous remarqué ?

• J’ai constaté avec satisfaction que les candidats sont présents dans les centres pour déposer leurs dossiers et toutes les dispositions organisationnelles sont prises pour leur permettre de s’inscrire dans de bonnes conditions. En guise d’exemple, nous avons installé depuis hier au stade du 4-Août un des plus gros centres au niveau de Ouagadougou, cinq centres mobiles (des tentes) pour permettre à tous les candidats de déposer leur dossier.

La crise qu’a connue notre pays ces derniers jours, n’a-t-elle pas affecté le déroulement de vos activités ?

• C’est le premier jour (Ndlr : le vendredi) que nous avons été contraint de suspendre la réception des dossiers aux environs de 12 heures, compte tenu de certaines difficultés. Mais après, tout est rentré dans l’ordre. Nous promettons d’ailleurs de prendre toutes les mesures pour que tous les candidats puissent déposer leurs dossiers, même s’il nous faudra prolonger d’un ou de deux jours la date de dépôt initialement prévue du 15 au 30 avril.

Est-ce à dire que la programmation des concours pourrait subir un changement ?

• Le calendrier a été mis en place en tenant compte des examens scolaires. Mais le calendrier scolaire ayant été revu, cela affecte naturellement celui de l’administration. Les concours qui étaient prévus donc pour mi-juillet pourraient éventuellement être décalés. Il faut aussi souligner que nous avons été amenés à reporter les concours professionnels. Très bientôt un nouveau programme sera rendu public.

L’Observateur Paalga

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Vos commentaires

  • Le 21 avril 2011 à 12:49, par solo
    En réponse à : Candidats aux concours de la Fonction publique : Attention aux voleurs !

    BON COURAGE A MES BRAVES FRERES QUI LUTTENT CHAQUE ANNEE POUR SOTIR DU GOUFFRE La véritable grandeur d’un homme ne se mesure pas à des moments où il est à son aise, mais lorsqu’il traverse une période de controverses et de défis MAIS DE QUELLE GOUFFRE : LA FONCTION PUBLIQUE EN REALITE UN AUTRE GOUFFRE BREF CA CALME L’ESPRIT PENDANT UN TEMPS.HONTE A TOUS CES MALHEUREUX QUI NE CESSENT DE PROFITER DES SITUATIONS DIFFICILES DES AUTRES EN REALITE ILS SONT NOMBREUX ET PRESENTENT PLUSIEURS FORMES JUSQU’AUX MILLIONNAIRES MILLIARDAIRE. HEUREUSEMENT QU’IL YA UN AUTRE TRIBUNAL QUE CELUI DES HOMMES.

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  • Le 21 avril 2011 à 18:46, par Déesse
    En réponse à : Candidats aux concours de la Fonction publique : Attention aux voleurs !

    il y a trop de maux au faso vraiment !En plus de ces voleurs dont il est question ici, il ya le problème de fond à régler. Je regrette au fait que tous les diplomes, attestations doivent etre légalisés et surtout le certifiacat de visite et contre visite à 2000 fcfa. Tout cela n’est plus nécessaire dans notre contexte actuel de pauvreté ,on n’a meme pas à manger et vous parler de nourir des papiers par des timbres dont le nombre est énorme s’agissant d’un seul dossier. En plus de cela, pour multiplier les chances, il faut multiplier le nombre de concours et par ricocher le budget y relatif. Le nvo premier ministre vient donc à point nommé, car ayant vécu les réalités de la France, d’où il nous vient, il n’est pas sans savoir que les originaux et copies légalisées ne sont nécessaires qu’une fois que les intéressés ont la certitude qu’ils sont acceptés. En outre, avec la promotion des TIC au faso, il y a lieu aussi de penser pour les concours à des envois des dossiers en ligne, cela permettra un meilleur traitement des dossiers et dans le temps et dans l’espace. Alors à vous, monsieur le premier ministre BLAT pour de nouvelles méthodes de travail. On vous regarde maintenant

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