FERMETURE DES COLLEGES ET LYCEES A OUAGA : Proviseurs et élèves inquiets

mardi 19 avril 2011 à 02h41min

La mutinerie militaire à Ouagadougou suivie de manifestations des commerçants, continue de paralyser les activités. Ainsi, les établissements scolaires de Ouagadougou sont restés fermés dans la journée du 18 avril 2011. Selon les responsables d’établissements que nous avons rencontrés, cette énième fermeture des lycées et collèges a des conséquences néfastes sur l’exécution des programmes scolaires.

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Pendant que certaines activités reprennent après la mutinerie militaire suivie de la colère déferlante des commerçants qui ont incendié et brisé des vitres de certains bâtiments publics, on observe une fermeture des établissements scolaires de Ouagadougou. Du lycée Philippe Zinda Kaboré (LPZK), au lycée mixte de Gounghin (LMG) en passant par le collège Wend-Manegda, cette situation inquiète les responsables des établissements mais aussi les élèves notamment ceux qui sont en classes d’examen. A notre arrivée au LPZK aux environs de 9 h ce lundi 18 avril, le portail de l’entrée principale était fermé.

Un groupuscule d’élèves auquel nous nous sommes adressé a lancé ceci : " On est venu trouvé que l’établissement est fermé. On ne sait même pas quelle est la raison. On se demande quand on aura cours". Pour ce groupuscule, cette fermeture n’est pas sans conséquences pour les élèves qui commencent à avoir des difficultés pour se rendre au lycée car le tarif des taxis a atteint 1000 FCFA. " Nous avons reçu l’instruction de fermer les classes aujourd’hui compte tenu de la situation qui prévaut actuellement dans le pays. Mais nous reprenons les cours demain (Ndlr : le reportage a eu lieu hier) si tout va bien", a confié le proviseur du LPZK, Boureima Traoré.

Les programmes scolaires en surcis

Pour lui, c’est par mesure de prudence que les autorités ont pris cette décision qui, a-t-il reconnu, n’est pas sans conséquence sur l’exécution des programmes scolaires. "On ne sait même plus sur quel pied danser car presque toutes les programmations sont désorganisées", a-t-il laissé entendre. Il a invité les uns et les autres à savoir raison garder afin que l’on puisse boucler l’année scolaire. Contrairement à ceux qui croient qu’on s’achemine vers une année blanche, le proviseur du LPZK, estime que l’année sera validée car beaucoup d’établissements ont déjà validé le deuxième trimestre. Mais il sera difficile, a-t-il dit, d’achever les programmes dans des délais raisonnables pour permettre aux élèves qui sont en classes d’examen d’essouffler.

Le proviseur du collège privé Wend-Manegda, le frère Victor Sawadogo, a aussi déploré cette fermeture des établissements scolaires. Pour lui, avec le nombre de jours perdus depuis le début des troubles dans le pays, il sera difficile de terminer les programmes. Il a lancé un appel au calme et à la reprise des activités car cette situation n’arrange ni les parents d’élèves, ni les enseignants encore moins les élèves.

Une situation désastreuse pour les élèves

Pour sa part, l’élève Faouzia Moné, en classe de 3e au collège privé Wend-Manegda, trouve que cette situation est désastreuse pour les élèves car c’est leur avenir qui est en jeu. " On comprend la colère des militaires mais on doit essayer de régler cette situation à l’amiable pour nous éviter une année blanche", a soutenu l’élève Moné. Le proviseur du lycée mixte de Gounghin, Jean-Pierre Korsaga, s’est dit inquiet de cette situation. Selon ses dires, il y aura sans nul doute un dysfonctionnement au niveau des programmes. Si la situation revient à la normale, il faudrait des cours assidus pour que les élèves soient prêts pour les examens, a-t-il dit. Tout comme ses prédécesseurs, il a écarté l’idée d’une année blanche.

Il a, par ailleurs, affirmé que si les cours reprenaient cette semaine, les programmes pourraient être achevés. Le proviseur Korsaga a souhaité que le calme revienne afin que les élèves qui sont disposés à travailler puissent le faire, car ils sont inquiets de l’allure où vont les choses. Il a invité les uns et les autres à observer le calme afin que la paix revienne pour que chacun puisse vaquer à ses occupations de façon sereine. Du côté des écoles primaires, les cours se poursuivent normalement. Selon le directeur de l’école Gounghin Sud A, Eric D. Traoré, aucune instruction ne lui a été donnée pour une suspension des cours. Il a même affirmé que les élèves sont en pleine composition du second trimestre qui, du reste, se déroule normalement.

Dabadi ZOUMBARA

Le Pays

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