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Valorisation de la culture burkinabè : L’engagement de Yé Lassina Coulibaly récompensé

Accueil > Actualités > Portraits • • mercredi 13 avril 2011 à 02h56min

Pour Yé Lassina Coulibaly, auteur-compositeur d’afro jazz, les frontières ne devraient, pour rien au monde, constituer des barrières au rayonnement de la culture burkinabè, à travers notamment sa musique. Depuis la France, où il réside depuis maintenant des décennies, le musicien engagé a toujours œuvré dans ce sens par ses diverses productions musicales.
C’est peu de dire, au regard de son engagement sans cesse réaffirmé et souvent traduit en actes concrets, qu’il est un ambassadeur de la culture du Burkina Faso à l’extérieur.

Originaire de Bobo Dioulasso, Yé Lassina Coulibaly (45 ans) fait en effet office de valeureux porte-drapeau de la musique nationale dans l’Hexagone et dans le monde.

« Toute modestie mise à part, je peux dire que je produis de la musique qui redonne de la dignité à notre pays », disait-il en 2009.
Il ne dira pas autre chose le 15 janvier 2011 lorsqu’il a indiqué : « Je m’engage à la valorisation de notre culture au-delà des frontières ».
Cette déclaration, l’artiste l’a faite, après avoir reçu des mains de notre ambassadeur à Paris, Beyon Luc Adolphe Tiao, une médaille du chevalier de l’ordre du mérite des arts, des lettres et de la communication, avec agrafe danse. Une sorte de renouvellement de son ambition patriotique après la reconnaissance par les autorités de son engagement.

Une constance chez l’artiste

A vrai dire, il y a une constance chez ce natif d’une famille griot de Bobo : l’attachement aux valeurs culturelles, celles de son terroir, de son pays et de son continent. « A chaque fois que je retourne au pays, je me mets à l’écoute de la tradition, la source à laquelle je puise ma force », explique t-il. Mais, pas question pour M. Coulibaly de verser dans le sectarisme culturel, dans l’ethnomusicologie. Il se présente volontiers comme un agent de l’inter-culturalité, de la globalité, où chaque acteur doit apporter ses ressources propres pour occuper valablement la scène planétaire.
L’ouverture aux autres en ces temps de globalisation lui tient particulièrement à cœur : « Pour moi, ce thème est important parce que c’est la seule manière d’offrir à ceux qui n’ont pas assez de connaissances sur l’Afrique, l’occasion de découvrir notre continent, et le Burkina, un pays riche de culture et d’histoire ».

Une large vision de la chose culturelle qui lui vaut d’être plus ou moins côté tant au pays qu’à l’extérieur, aidé en cela par des productions de qualité (plus de 8 albums à son actif). La condition des immigrés africains en Occident est l’autre thème auquel s’intéresse le percussionniste.

A ses frères et sœurs qui reviennent frimer au bercail alors que la réalité au Nord est tout autre, Coulibaly tient ce langage de vérité :
« Ceux qui vivent en Occident ne doivent pas donner l’impression, quand ils vont au pays en vacances, que tout est facile dans leur pays d’accueil. Ils doivent savoir qu’ils sont en partie responsables des drames qui surviennent régulièrement dans les mers avec ces jeunes qui risquent leur vie dans des pirogues ».

Le début de carrière de Yé Lassina remonte aux années 1980 à Sya, grande pépinière artistique et culturelle du Burkina. Il est d’abord à la troupe Mono à Sya, puis à Fara Fina de Mama Konaté et Koulédafourou avec Idrissa Sanou. Il se retrouvera par la suite dans l’ensemble instrumental de la radio Bobo. Mais, bien vite il se rendra compte de la mauvaise perception du Noir auprès des Blancs. Il fallait faire quelque chose pour que l’on sache la vraie la valeur du nègre. Ainsi, va naître son engagement qui ne s’est jamais démenti jusqu’à nos jours.

Grégoire B. BAZIE

Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 13 avril 2011 à 23:14, par Tolo Sanon En réponse à : Merci, Monsieur Tiao !

    Il faut que nos autorités pensent à reconnaître le travail de nos compatriotes qui sont à l’extérieur et dont certains sont de vrais ambassadeurs, même si leurs démarches artistiques s’éloignent quelque peu de celles en vigueur sur le terroir natal. Par l’ouverture, ils ne font qu’enrichir le Faso. Tel fut le cas d’un autre Yé , Paco, dont une Suissesse vient de produire un film sur le parcours exceptionnel mais trop tôt arrêté. Burkinabè, levons un peu le nez du guidon !Les cultures voisines que nous envions tant ne se sont pas développées dans l’autarcie.
    Monsieur Yé, Faites en sorte que la poignée de Burkinabè adeptes de jazz aient la possibilté de vous écouter en attendant de vous voir dans un festival comme Jazz à Ouaga.
    Monsieur l’ambassadeur, veuillez bien continuer sur ce chemin !

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