REPRISE DES OEUVRES UNIVERSITAIRES : Des étudiants refusent de réintégrer les cités

jeudi 7 avril 2011 à 02h01min

Les cités universitaires se sont ouvertes à nouveau, après leur fermeture suite aux manifestations des étudiants, manifestations nées de la mort de l’élève Justin L. Zongo à Koudougou. Si au niveau des activités académiques la reprise semble "sereine" et ce, par endroits, tel n’est pas le cas au niveau des cités universitaires à Ouagadougou, où la sérénité n’est pas partagée. C’est le constat fait le 6 avril 2011 à la cité Kossodo de Ouagadougou.

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Par un communiqué daté du 14 mars 2011, le gouvernement décidait de la fermeture des universités, et partant, de la suspension de toutes les oeuvres sociales universitaires. Du constat fait sur les sites, la reprise des oeuvres sociales est une réalité à la cité de Kossodo. Néanmoins quelques difficultés demeurent.

"Traverser toute la ville avec ses effets, c’est honteux."

En effet, de l’avis de nombreux étudiants rencontrés, il ressort que beaucoup parmi eux n’ont pas réintégré les cités universitaires. Gérald Pehoutou est un étudiant en 2e année UFR/SEG et résident de la cité de la Patte d’Oie, venu pour se réinscrire. Pour lui, la raison est le fait que certains étudiants craignent que les cités soient à nouveau fermées. Alors, nombreux sont ceux qui ne voudraient plus revivre les affres de "la chasse aux sorcières", et éviter pour l’avenir, l’humiliation. Tindwindé Alexis Sawadogo, résident de la cité de Kossodo, à ce titre affirme que : "Traverser toute la ville avec ses effets, c’est honteux." Il confie que des étudiants ont été victimes de pillages, de portes cassées, des matelas et du matériel administratif emportés. Il affirme avoir perdu, lui, son matelas de même que son cohabitant.

A ce jour, ils dorment avec d’autres étudiants en attendant des solutions de la part de l’administration. Yanzon Yé abonde dans le même sens que le précédent sur le fait qu’ils ont fait les frais des vols de matelas. Un autre problème évoqué par l’étudiant Gérald Pehoutou, c’est de pouvoir rentrer en possession de son matelas. La structure chargée des oeuvres sociales qu’est le CENOU leur demande un justificatif, tel que la quittance de paie, avant de rentrer en possession de leur matelas. "Quelque chose qui a été volé, comment le justifier", a souligné Gérald Pehoutou. Si tout semble bien se passer au niveau des restaurants universitaires quelques difficultés subsistent néanmoins. Le CENOU exige le paiement des loyers notamment celui du mois de mars. Or de l’avis des étudiants, c’est dans le mois de mars qu’est survenue la manifestation. Par conséquent on ne peut pas leur exiger un loyer pendant qu’ils n’ont pas eu le temps d’habiter la chambre.

Il précisera qu’à l’heure actuelle, les étudiants sont totalement démunis de moyens financiers, puisque le tableau n’est pas encore lumineux (l’aide n’est pas encore payée). La cité de Kossodo où nous sommes arrivés aux environs de 10h30mn, c’est un calme plat qui nous accueille avec les premières sorties des étudiants pour la "RU". Fabrice Lièrma Dabiré étudiant en 1re année de Droit décrit l’ambiance. "L’ambiance n’est pas sereine vu la manière dont nous avons été amenés à quitter les lieux". Cette situation, selon lui, a fait que des étudiants ne sont plus revenus loger à la cité universitaire. Il affirme que ces derniers ont tout simplement loué des maisons en ville.

Le loyer de mars n’est pas une condition

Des eaux usées qui coulent partout, puent et nous empêchent de respirer a fait remarquer Lièrma Fabrice Dabiré. Les toilettes également, nous sommes venus les trouver bouchées. Aussi, nos matelas ont été ramassés par la conciergerie où il fallait présenter le papier de la caution pour prouver qu’on est résident de la cité. Cette attitude de la conciergerie dénote de la prudence. Le service ayant constaté que du matériel a disparu, a préféré mettre tout le reste en sécurité. Aussi ont-ils suggéré que les résidents qui voudront réintégrer la cité disposent de documents de preuve. Un communiqué de la direction régionale du CENOU rappelait aux résidents, à cet effet, la nécessité de s’acquitter des frais de loyer au plus tard le 10 avril 2011. En rappel, selon un agent du CENOU, ledit communiqué à l’endroit des étudiants n’est qu’une routine. Il n’y a donc pas à s’inquiéter, dit-il.

Aimé NABALOUM - Ambèternifa Crépin SOMDA ( Stagiaires)

Le Pays

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Vos commentaires

  • Le 7 avril 2011 à 08:33, par si loin si pres (USA)
    En réponse à : REPRISE DES OEUVRES UNIVERSITAIRES : Des étudiants refusent de réintégrer les cités

    Je pense qu’il ya un vraie probleme au pays quand a la vision meme que nos autoite donne a l’enseignement au Burkina. Parce qu’a chaque fois qu’il ya un petit probleme de revendication le gouvernement ne ce donne aucun mal a deguerpire les etudiants des cites universitaires et a suspendre toutes les oeuvres socials et je trouve cette attitude tres conmdanable. Et j’invite nos autorites a arreter cela parce que ca ne fait pas avancer un pays. Imaginer vous : en cas de crise, allez vous chasser les etudiants qui vivent en famille ? allez vous... ; si la reponse est non, ou voulez vous que les etudiants Burkinabe qui sont venu des differentes regions du Burkina ou d’autre pays comme la cote d’Ivoire aillent ? je pense que ces questions doivent etre prisent serieusement en compte parce que si par mal chance vous reveiller un sentiment de "tues tous" chez les etudiants, vous n’allez plus avoir de controle sur les etudiants et ca va creer d’autres problemes insoutenables.

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  • Le 7 avril 2011 à 16:31, par serein
    En réponse à : REPRISE DES OEUVRES UNIVERSITAIRES : Des étudiants refusent de réintégrer les cités

    Mon ami, tu es tres loin ; donc loin de la réalité. On ne va pas laisser des gens sous prétexte qu’ils sont étudiants entrer dans une compulsion destructrice et ne rein faire. Les cités n’ont été fermées que quelques jours pour calmer la furie destructrice et amener les étudiants a comprendre que tout bruler ne mene à rien. Je pense que le gouvernement a bien pris ses responsabilités et c’es bien ainsi.

    Répondre à ce message

  • Le 7 avril 2011 à 19:08, par Vital
    En réponse à : REPRISE DES OEUVRES UNIVERSITAIRES : Des étudiants refusent de réintégrer les cités

    Qui vous dit que tous ces "môgô" qui sont inscrit dans nos universités y sont vraiment pour les études ?
    Vous y avez des "marguillats" ok ?

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  • Le 8 avril 2011 à 19:56
    En réponse à : REPRISE DES OEUVRES UNIVERSITAIRES : Des étudiants refusent de réintégrer les cités

    Si la fermeture des universités et oeuvres sociales étaient indispensable pour ramener la tranquilité, ALORS pourquoi ce même gouvernement n’a pas fermé les casernes et oeuvres sociales militaires ? Face à ce que les militaires ont fait, On peut dire que les étudiants étaient plutôt à feliciter.
    Il faut éviter d’inculquer dans la consience populaire que pour ne pas être inquiéter il faut posseder une puissance de feu (fusil).
    En Bref, je pense que le gouverment doit présenter ses excuses aux éudiants expulsé au regard du traitement qu’il a fait face à la colère des militaires.

    Répondre à ce message

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