Syndicats : Préavis de grève pour le 8 avril 2011

mercredi 6 avril 2011 à 02h38min

La Coalition nationale de lutte contre la vie chère, à travers une déclaration parvenue à notre Rédaction, appelle à une mobilisation générale pour une journée nationale de lutte le vendredi 8 avril 2011.

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“Le vendredi 8 avril 2011, la Coalition nationale de lutte contre la vie chère (CCVC) appelle l’ensemble des couches populaires à arrêter toute activité professionnelle et à organiser des marches-meetings sur l’ensemble du territoire national. Ces manifestations à venir font suite au meeting qu’elle a organisé le 19 mars 2011, meeting qui visait, entre autres, à protester contre la répression qui avait cours dans le milieu scolaire et universitaire suite aux événements de Koudougou, également à protester contre les résultats négatifs de la dernière rencontre annuelle gouvernement/syndicats. Suite à ce meeting, les centrales syndicales et les syndicats autonomes déposaient auprès de son Excellence Monsieur le Président du Faso, président du Conseil des ministres, un préavis de grève pour la journée du vendredi 8 avri1 2011.

Pourquoi cette journée nationale de lutte du vendredi 8 avril 2011 ?

Les manifestations consécutives à la mort de l’élève Justin Zongo et qui ont provoqué la mort de six autres personnes sont la traduction de très nobles sentiments chez la jeunesse populaire. En effet, par ces manifestations qui ont gagné rapidement l’ensemble des régions du pays, les jeunes ont exprimé :

- leur ferme opposition à l’impunité des crimes de sang ;

- leur refus du mensonge représenté par la mise en scène orchestrée par les autorités (gouverneur, procureur, médecin, ministre de la Santé...) en vue de présenter la mort de Justin Zongo comme résultant de la méningite ;
- un formidable esprit de solidarité ;

- un courage et une détermination qui leur ont permis de faire échec aux manœuvres d’intimidation, de corruption et de division menées par le pouvoir et ses suppôts à tous les niveaux et aussi de résister face à la répression abattue sur eux.

Les récents événements liés aux agissements de militaires à Ouagadougou, à Fada, à Tenkodogo, à Gaoua, à Banfora... donnent un relief particulier aux revendications contenues dans la plate-forme, objet du préavis de grève du 8 avril 2011. En effet, les manifestations de militaires mettent à nu l’impunité et les manquements graves et répétés aux principes démocratiques que la IVe République cultive depuis son installation.

On peut donc dire que le pouvoir est en train de récolter aujourd’hui (avec malheureusement de nombreuses victimes collatérales), ce qu’il a semé et sème depuis, en méprisant et même en réprimant ceux qui osent dénoncer l’impunité, la corruption, les agressions contre les libertés, le clientélisme qui ont cours dans le pays.

Pourquoi devons-nous maintenir et réussir les manifestations de la journée nationale de lutte du vendredi 8 avril 2011 ? Depuis quelque temps, le pouvoir a adopté un ton plus mesuré et multiplie les gages de bonne volonté, de même que des engagements. Cette nouvelle posture du pouvoir ne doit pas nous faire oublier les faits essentiels suivants :

- c’est le même pouvoir qui a discuté pendant un mois avec les syndicats et qui n’a rien proposé de concret contre la vie chère, contre les agressions des libertés démocratiques et syndicales, contre l’impunité des crimes, etc., méprisant ainsi les préoccupations populaires ;
- c’est le même pouvoir qui, il y a quelques semaines, a organisé les mensonges et abattu une répression barbare sur les élèves et étudiants ;
- c’est le même pouvoir qui a lancé des accusations graves et gratuites contre le MBDHP et d’autres organisations, ce qui préparait une répression contre ceux-ci ;

- la CCVC, les syndicats ont produit d’importantes propositions, organisées d’importantes luttes contre l’impunité des crimes, la vie chère et pour les libertés, que le gouvernement a minimisées, voire méprisées.

Nous sommes en droit d’attendre avant tout des actes concrets même quand le chef de l’Etat dit avoir “saisi le sens et la portée de la quête de bien-être, de vérité, de justice et de sécurité qui sous-tendent certaines manifestations” et réaffirme sa “disponibilité à rencontrer toutes les catégories sociales en vue d’échanger sur leurs préoccupations”. C’est pourquoi nous devons maintenir la mobilisation en vue d’obtenir du pouvoir un examen plus sérieux de la plate-forme d’action de la CCVC et plus précisément :

- la vérité et la justice pour Justin L. Zongo et les autres victimes des manifestations de février 2011, pour Norbert Zongo, pour Flavien Nébié, pour Dabo Boukari, et pour toutes les autres victimes de crimes de sang ;
le respect de la liberté d’expression et de manifestations, notamment le démantèlement des zones rouges et de toutes les installations de tortures, l’interdiction de la pratique de la torture dans les structures des forces de sécurité, l’arrêt impératif de l’utilisation des armes à feu dans le maintien de l’ordre ;

- le règlement définitif de tous les dossiers sociaux, objet de recommandations pertinentes du Comité paritaire gouvernement/syndicats, institué par le gouvernement ;

- la levée et l’arrêt des sanctions arbitraires contre les délégués du personnel, les responsables et militants syndicaux du SAMAE, du SATB, du SYNAJ, du SGB, du SYNTAS, du SYNTSHA, à la SN/SOSUCO, dans le secteur minier, à la SN-CITEC, ...

- la réouverture de tous les établissements scolaires et universitaires, le démantèlement des milices constituées ;

- la suppression de la TDC en tant que taxe injuste, la suppression de l’IUTS et de la TVA applicables aux prêts bancaires ;
- le relèvement des salaires, des pensions de tous les agents de l’Etat, des travailleurs du privé, en activité ou à la retraite en rapport avec le coût de la vie ;

- la constatation automatique des avancements des agents publics 2006, 2007, 2008, 2009 et 2010 avec leurs effets financiers et la révision de la grille salariale ;

- le retrait pur et simple des dispositions imposant une nouvelle tarification des actes des professionnels de la santé et qui doublent, voire triplent les coûts de ces actes ;

- la suppression des pénalités imposées sur les factures d’électricité dans ce contexte où le produit, objet des pénalités de retard de paiement, n’est pas disponible.

Il s’agira aussi, par ces manifestations, d’exiger des solutions justes aux problèmes que posent les couches populaires qui sont, entre autres : • la réparation des dégâts et des torts causés sur les masses populaires, les commerçants notamment ;
• la prise de mesures urgentes pour sécuriser les magistrats et le personnel judiciaire dans l’exercice de leur profession et assurer l’indépendance de la magistrature.

Compagnons de lutte, nos armes sont : Solidarité, Résistance, Unité et Luttes ! Toutes et tous ensemble pour le succès des actions du vendredi 8 avril 2011 !

Fait à Ouagadougou, le 04 avril 2011

Ont signé pour la Coordination nationale, le Bureau :

Président
Tolé Sagnon
Secrétaire général CGT-B

1er vice-président
Chrysogone Zougmoré
Président MBDHP

2e vice-président
Tahirou Traoré
Secrétaire général SYNATEB

Jean-Claude Méda
Président AJB
Rapporteur

Jean Mathias Liliou
SG CSB
Rapporteur

Moumouni Derra
Président UGEB
Rapporteur

Pr Blaise Sondo
SE REN-LAC
Chargé des finances

L’Observateur Paalga

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