CHASSE AU BURKINA : Une association de chasseurs mécontente

lundi 4 avril 2011 à 01h03min

Le Club 905, une association de chasseurs, a adressé la lettre ouverte ci-dessous au ministre de l’Environnement et du cadre de vie. Il expose les problèmes que rencontrent les chasseurs, notamment ceux auxquels ils sont confrontés pour l’obtention du permis de chasse.

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Monsieur le Ministre, L’annonce parue dans la livraison du quotidien Sidwaya du 22 décembre 2010, concernant “La Campagne d’exploitation de la faune : saison 2010-2011 ” nous semble partiale, incomplète, contradictoire à certains endroits et sujette à interprétation.

En effet, après l’énoncé des dispositions générales du chapitre I, de l’article 3 du chapitre II relatif au permis mentionne que : "Le permis de chasse sportive pour les chasseurs expatriés non résidents n’est délivré qu’à la demande d’un concessionnaire de zone ou d’un guide de chasse agréé par le Ministre chargé de la faune et que "dans les zones non concédées et dans le domaine forestier protégé, le permis de chasse sportive n’est délivré qu’aux personnes appartenant aux associations de chasseurs". Monsieur le Ministre, vous conviendrez avec nous que cette disposition puisse nous choquer et que nous la comprenions ainsi : la chasse au Burkina Faso est ouverte d’abord et de préférence aux expatriés non résidents (touristes chasseurs) puis aux nationaux et expatriés résidents.

Vous semblez tenir en piètre estime les chasseurs nationaux et expatriés résidents en feignant de méconnaître leurs connaissances du territoire et des problèmes liés à l’environnement ainsi que leurs apports économiques. Les ENR (Expatries non- résidents) semblent des partenaires plus valables que nous. Il eut été plus respectueux et normal, à notre sens, de citer d’abord les articles et conditions concernant les nationaux et expatriés résidents. Ensuite, toujours dans le même article 3, nous ne comprenons pas cette obligation d’appartenir à une association de chasseurs pour prétendre à un permis de chasse. Enfin, encore dans l’article 3, il est fait mention de "zones non concédées" et du " domaine forestier protégé".

Monsieur le Ministre, Vous conviendrez une fois de plus avec nous que sans la liste des zones non concédées et celle du domaine forestier protégé, nous ne pouvons exploiter cet article. Votre annonce devrait être accompagnée de ces listes d’autant plus que l’article 5 du chapitre II dit : "Les permis de chasse doivent obligatoirement comporter les mentions sur les zones d’exercice de la chasse". Au risque de nous répéter, quelle est la liste des zones dont les mentions doivent être portées sur le permis ? Nous retenons par ailleurs que nous pouvons porter plusieurs zones sur le permis. Dont acte.

Suivent les articles

8 : "La saison de chasse est fixée du 1er décembre 2010 au 31 mai 2011 inclus, pour les espèces partiellement protégées. La chasse se déroule chaque jour entre 6 heures et 18 heures".

12 : "La petite chasse sportive s’exerce dans les zones ouvertes à cet effet, notamment dans les concessions de petite chasse, dans les zones villageoises d’intérêt cynégétique (ZOVIC) et d’une manière générale dans le domaine forestier protégé".

13 : " Les latitudes d’abattage pour la campagne d’exploitation faunique 2010-2011 par espèce, par zone et par chasseur sont fixées ainsi qu’il suit : (cf. tableau). Quelles sont les espèces protégées et les espèces partiellement protégées ? Il y a contradiction entre l’article 1 du chapitre I qui stipule que la chasse est ouverte du 01/12/2010 au 31/08/2011 et l’article 8 qui stipule que la saison de chasse est ouverte du 01/12/2010 au 31/05/2011.

Les latitudes d’abattage, telles qu’elles figurent dans le tableau joint à l’article 13, privilégient les ENR (Expatriés non-résidents) au détriment des nationaux et Expatriés résidents (ER), limitent les espèces notamment migratrices (limicoles, canard à dos noir), introduisent la ou le ouette, que nous ne connaissons pas, excluent les passereaux et autres mammifères nuisibles qui détruisent nos spéculations agricoles. En ce qui concerne particulièrement les oiseaux migrateurs, nous ne comprenons pas vos limitations car ces oiseaux viennent se nourrir chez nous, repartent chez eux pour être ensuite abattus par les chasseurs de leurs pays de provenance. Peut-être faudrait-il taxer leurs migrations afin de compenser les prélèvements dans notre flore et petite faune aquatique, dans les champs de nos braves agriculteurs ainsi que dans les parcelles de nos maraîchers. Ou alors ........

L’article 13, qui mentionne que les espèces et quotas soumis au plan de chasse de la saison 2010-2011, est complété par l’article 14 qui stipule que "Toute espèce ne figurant pas dans le plan tir prévu à l’article 13 ci-dessus, est interdit de chasse".

Monsieur le Ministre, Vous conviendrez encore avec nous que notre compréhension soit celle-ci : la grande chasse est interdite sur tout le territoire. Or, il nous est parvenu que les ENR (touristes) abattent des espèces animales qui sont exclues du tableau accompagnant l’article 13. Ils sont donc hors-la-loi. Nous attendons que vos services prennent les mesures nécessaires afin de faire appliquer la loi. Ou alors ....

Il nous est encore revenu que des concessionnaires de zones de chasse passent des accords avec des ZOVICS et/ ou des CVGF. Ils sont libres de le faire. Mais cela ne doit pas être une manière d’étendre artificiellement les limites de leurs zones concédées. Qu’ils s’acquittent de l’amodiation pour faire chasser leurs clients mais que nous aussi, nous puissions nous acquitter des mêmes amodiations et chasser dans les ZOVICS et sur les territoires CVGF.

Monsieur le Ministre, Les accords de partenariats tripartites (cf. l’article 6) semblent une façon déguisée d’octroyer artificiellement de l’espace à des intervenants qui bénéficient déjà de grandes superficies dont la plupart ne sont pas gérées en accord avec les textes et même ne sont plus gérées parce qu’abandonnées. Cette façon d’outrepasser les limites des zones de chasse concédées constituent un abus inadmissible ; cela nous fait penser que votre ministère veut nous exclure de tous les territoires libres où nous pouvons encore chasser. A moyen terme, cela nous obligera à chasser les margouillats et les tourterelles dans les centres urbains comme nous le faisions à notre enfance.

Monsieur le Ministre, il apparaît qu’à la différence des années précédentes, nous ne sommes plus tenus au paiement des taxes d’abattage. Nous vous remercions de cette disposition et souhaitons qu’elle soit reconduite l’année prochaine.

Monsieur le Ministre, Nous tenons absolument à pouvoir chasser dans les ZOVICS et les CVGF de la manière précisée plus haut . Nous demandons expressément à vos services de publier les zones où nous pouvons exercer la chasse, la liste des espèces protégées, la liste des domaines forestiers protégés, des zones non concédées et qu’on augmente le quota des gibiers migrateurs. Assurés de votre compréhension et en attendant une réaction de votre part, nous vous prions d’agréer Monsieur le Ministre, l’expression de notre parfaite considération.

Pour l’association de chasseurs Club 905

Le Président Seydou Roc KABORE

Le Pays

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