MANIFESTATION DE MILITAIRES : Fausse alerte à Bobo

jeudi 31 mars 2011 à 02h08min

Suite aux violentes manifestations des bidasses qui secouent le pays, les populations de Bobo-Dioulasso ont fermé boutiques et magasins, en moins de trente minutes, le mercredi 30 mars 2011. Ce serait le fait d’une information à la crédibilité douteuse, portant sur d’éventuels pillages que des militaires commettraient vers le marché central de Bobo.

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Il était environ 13 heures en temps universel, ce mercredi 30 mars 2011. Alors que les uns et les autres vaquaient tranquillement à leur train-train quotidien avec des sujets de causerie aussi ambiants que divergents, un signal fut donné vers le marché central. L’ordre public va subitement connaître un bouleversement total, à l’annonce de bidasses qui seraient en train de piller autour du marché. Les commerçants ont, avec une certaine rapidité, comme s’ils s’y attendaient, ramassé leurs marchandises, fermant boutiques et magasins avant d’évacuer les lieux. En moins de quelques minutes, la ville a déjà été paralysée. Impossible de trouver le moindre télécentre ouvert pour s’acheter des cartes de recharge. Plusieurs maquis et restaurants ont subi le même sort. En tout cas, dans le centre-ville, toutes les institutions publiques et privées semblaient se rallier à un mot d’ordre de fermeture.

Ce fut une ambiance morose qui gagna subitement du terrain. Nous avons effectué le tour de la ville, notamment vers le grand marché d’où venait l’information, sans rien apprendre qui la confirme. Jusqu’à ce que nous tracions ces lignes, on ne saurait encore dire avec exactitude si des militaires ont été vus en ville ou pas. Aucun coup de feu n’a été entendu. Il y a eu plutôt des gendarmes dans les véhicules 4x4 qui sillonnaient la ville en tenues de combat et casques, appelant les populations au calme. Mais cette morosité accompagnée de fermetures de boutiques, magasins et autres lieux de commerce est demeurée tout au long du reste de la journée.

A rappeler que depuis les manifestations des scolaires et étudiants suite au décès de l’élève Justin Zongo à Koudougou, ce sont les militaires qui assuraient la sécurité des lieux stratégiques de la ville, notamment les services publics et autres infrastructures comme le Monument du cinquantenaire, la Place de la femme… Depuis la reprise des cours suivie des manifestations de la soldatesque, les populations croyaient le dispositif ainsi renforcé pour la sécurité des biens et des personnes. Les effectifs militaires dans les différents postes étaient renforcés avec des casques de combat, toute chose qui faisait croire à une prise de position pour parer à une éventuelle insurrection qui endeuillerait les activités commerciales de la ville.

Ce n’est que le mardi 29 mars 2011 que ces militaires se sont repliés. La crainte des habitants de la ville de Bobo commence à gagner du terrain et le moindre mouvement peu étrange peut être source de panique généralisée aux conséquences graves. L’action des pandores appelant les populations au calme a été véritablement salutaire, même si elle ne les a pas empêchées de rebrousser chemin pour rejoindre leurs familles respectives.

Josias Zounzaola DABIRE (Collaborateur)

Le Pays

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