Prêts express pour commerçants vandalisés : "C’est bon mais c’est pas arrivé"

mardi 29 mars 2011 à 02h50min

Un appui financier d’urgence et une indemnisation. Ce sont là les deux opérations mises en œuvre par le gouvernement en vue de réparer les préjudices subis par suite des actes de vandalisme commis au cours des événements survenus dans la nuit du 22 au 23 mars derniers.

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Une série de rencontres a été organisé hier lundi 28 mars 2011 en vue d’expliquer les modalités pratiques des deux opérations aux gérants de stations et aux commerçants vandalisés. Si pour les gérants de stations-service, il faut une "réaction rapide" du gouvernement, pour les commerçants par contre, il faut revoir les prêts express, notamment leurs montants.

Au total, deux rencontres ont été organisées hier lundi 28 mars 2011 dans l’après-midi avec les personnes vandalisées. Après les gérants de stations au ministère de l’Economie et des Finances (MEF), les commerçants qui ont été rencontrés par la délégation gouvernementale à la Direction générale de la Coopération (DGCOOP).

Face à ces personnes vandalisées, les ministres de l’Economie et des Finances (MEF), Lucien Marie Noël Bembamba, de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (MATD), Jérôme Bougouma, de l’Industrie, du Commerce, de la Promotion de l’Initiative privée et de l’Artisanat, Arthur Kafando, et de la Jeunesse et de l’Emploi (MJE), Justin Koutaba.

"Il s’agit là de la continuité des séances de concertation que le gouvernement et les autorités communales ont engagées avec les agents économiques victimes de vandalismes lors des douloureux événements de la nuit du 22 au 23 mars 2011" :

c’est en ces termes que Lucien Marie Noël Bembamba a qualifié ces deux rencontres. Et il a ajouté que des procédures ont été engagées dans le but d’aboutir dans les meilleurs délais à l’indemnisation des victimes des actes de vandalisme et de casses.

Mais en attendant l’aboutissement de ces procédures, le gouvernement a décidé, selon le MEF, d’une opération spéciale d’appui financier sous forme de prêt à des conditions de faveur pour permettre aux victimes de reconstituer leurs stocks et de relancer leur commerce :

"D’ores et déjà, je voudrais vous informer que les dispositions nécessaires ont été prises pour que dès demain (NDLR : aujourd’hui mardi 29 mars 2011), ceux qui le souhaitent puissent entamer les procédures pour bénéficier assez rapidement de cet appui financier".

A en croire le ministre Bembamba, à travers ces deux opérations, l’appui financier d’urgence et l’indemnisation, le gouvernement voudrait traduire concrètement sa solidarité et son devoir envers "les laborieuses personnes qui ont perdu en une nuit le fruit de nombreuses années de travail et de sacrifice".

L’approvisionnement étant la première préoccupation des gérants de station, le gouvernement leur propose des modalités pratiques leur permettant de s’approvisionner très tôt. Pour ce faire, il va régler à leur place le montant de l’approvisionnement directement aux marketeurs.

Pour Vincent Kambiré, gérant d’une station Shell, il faut une "réaction rapide" du gouvernement : "Beaucoup de stations sont fermées actuellement, et si les mesures proposées n’entrent pas urgemment en vigueur, beaucoup d’autres risquent de fermer".

Les commerçants, eux, sont divisés en deux catégories : ceux du secteur informel et ceux de structures plus organisées telles que les petites et moyennes entreprises (PME).

Les prêts express tiennent compte de ces deux catégories. Ainsi, comme l’a expliqué le ministre Justin Koutaba, les commerçants du secteur informel seront pris en charge par le Fonds d’appui au secteur informel (FASI) tandis que ceux des PME le seront par le Fonds burkinabè de développement économique et social (FBDES).

5 millions de F CFA, c’est le montant maximum du prêt FASI, tandis que celui du FBDES est de 25 millions de F CFA. Un différé de 6 mois est accordé pour le remboursement de ces prêts, dont les délais de paiement sont de 36 mois pour le FASI et de 24 mois pour le FBDES.

Ces propositions ne sont pas du goût des commerçants, qui l’ont fait aussitôt savoir aux membres du gouvernement au cours de leur rencontre : "5 millions de F CFA, ça ne suffit pas pour relancer nos affaires", a estimé un commerçant du secteur informel.

"Il faut réviser les montants. C’est bon, mais c’est pas arrivé !", a ajouté un autre. "J’avais plus de 700 millions de francs de marchandises dans ma boutique. Qu’est-ce que vous voulez que je fasse de 20 millions de F CFA ?", demanda, énervée, une dame.

"On a l’impression que le gouvernement veut faire du commerce sur notre dos", a dit un autre qui, lui, trouve trop élevé le pourcentage de 6% sur le prêt FASI. Le ministre de l’Economie et des Finances a rappelé aux uns et aux autres que les prêts express ne sont qu’un appui financier en attendant l’indemnisation.

"Nous vous comprenons, mais il faut que vous aussi vous nous compreniez. C’est de l’argent de l’Etat, c’est-à-dire que c’est de l’argent de tout le monde qu’il s’agit et il existe des règles à respecter pour utiliser cet argent.

Nous sommes partis de certaines bases pour établir nos propositions. Si quelqu’un apporte la preuve que son montant vaut tel montant supérieur à ce que nous avons prévu, il n’y a pas de problème, nous allons nous y adapter", a-t-il assuré.

Mais à quand l’indemnisation ? n’ont pas manqué de demander les commerçants. Réponse de Lucien Marie Noël Bembamba :

"Pour arriver à cette indemnisation, il faut beaucoup d’éléments d’appréciation. Notre souhait est que le processus de vérification cadre dans le différé de 6 mois prévu pour le remboursement des prêts et que nous puissions nous accorder sur l’indemnisation avant la fin de cette échéance".

Hyacinthe Sanou

L’Observateur Paalga

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Vos commentaires

  • Le 29 mars 2011 à 03:45, par Delwendé
    En réponse à : Prêts express pour commerçants vandalisés : "C’est bon mais c’est pas arrivé"

    ’’C’est de l’argent de l’Etat, c’est-à-dire que c’est de l’argent de tout le monde qu’il s’agit et il existe des règles à respecter pour utiliser cet argent’’
    Et puis laisse moi rire...

    Répondre à ce message

  • Le 29 mars 2011 à 19:42, par Sida
    En réponse à : Prêts express pour commerçants vandalisés : "C’est bon mais c’est pas arrivé"

    Je ne suis pas d’accord qu’on utilise mon argent pour payer sans au préalable exiger ou tenter une action de recouvrement auprès des militaires braqueurs.
    Cela est frustrant que l’on laisse tranquille ces opportunistes, méchants et pleins de mépris surtout en ces temps de carême. Cela me fait mal.
    Vous n’êtes pas des gens bien. Rien ne justifie que vous vous attaquiez sauvagement et massivement de la sorte.
    Le Gouvernement doit avoir le courage, même si cela est risqué. Il faut des excuses des représentants de ces jeunes afin d’alléger les cœurs et qu’on les accepte encore comme nos frères.

    Répondre à ce message

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