COTE D’IVOIRE : Vite, une résolution à la libyenne !

jeudi 24 mars 2011 à 01h04min

Tous les clignotants sont au rouge en Côte d’Ivoire. Cela, on le sait depuis belle lurette. On a aussi entendu les appels au secours des populations suppliciées. Personne ne dira non plus que les avertissements de Alassane Dramane Ouattara sur le génocide en préparation, n’ont pas été retentissants et insistants. Et pourtant, personne n’a, jusque-là, levé le petit doigt. De temps à autre, un rapport, une interview ou un discours viennent certes rappeler à la mémoire de l’humanité le drame qui se joue en Côte d’Ivoire. Mais ils n’ont eu que l’effet d’un coup d’épée dans l’eau.

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La montée en puissance progressive de la mobilisation pour le règlement de la crise a été stoppée nette par divers événements. Le séisme et le tsunami japonais, puis la guerre en Libye, ont eu l’urgente préférence des puissants de ce monde. Résultat : la Côte d’Ivoire se couvre d’un voile noir. La garde prétorienne de Laurent Gbagbo peut s’adonner joyeusement à des massacres à huis clos. L’absence de réaction plus énergique de la part de la communauté internationale est, du reste, étonnante d’autant que les cas libyen et ivoirien se ressemblent à s’y méprendre.

En tout cas, au regard du péril que fait courir un dictateur à son peuple, rien ne distingue Gbagbo de Kadhafi, dans leur détermination à massacrer leurs concitoyens. Parce que Gbagbo utilise des armes lourdes contre sa propre population, il tombe sous le coup d’une résolution du type 1973. L’ONUCI a clairement noté "l’utilisation croissante d’armes lourdes, dont des mitrailleuses, des lance-roquettes et des mortiers par les forces spéciales du président Laurent Gbagbo contre les populations civiles à Abidjan". Gbagbo n’a donc rien à envier à Kadhafi. Pourquoi alors la France, si soucieuse de la préservation de la vie humaine, se montre-t-elle peu combative dans le cas ivoirien ?

Car il est de notoriété publique que Paris fut à l’avant-garde, ce qui est à son mérite – de la bataille pour l’avènement de la résolution 1973. Si elle en restait seulement à la Libye, la France pourrait être accusée à raison, d’humanisme sélectif. Elle a donc le devoir de terminer le travail en faisant le même forcing diplomatique, pour que l’onction de l’ONU soit obtenue en vue d’une intervention militaire en Côte d’Ivoire. Malheureusement, on observe une réserve persistante de Paris, sur ce plan, comme si son engagement en Libye lui pesait suffisamment lourd sur les épaules. Pourtant, pour une raison de justice, rien ne devrait faire perdre de vue la crise ivoirienne, nettement antérieure à celle de la Libye.

La CEDEAO, qui a, dès les premières heures de la crise ivoirienne, invoqué l’usage de la "force légitime", a donc là une belle occasion pour faire aboutir son projet. Et, du coup, elle rétablirait son autorité bafouée par un président sortant tout en mettant en garde tous les autres apprentis sorciers.

Mahorou KANAZOE

Le Pays

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