Au coin du palais : « Cher complice, notre affaire est gâtée »

mercredi 23 mars 2011 à 03h50min

Le 3 février 2011, OB, commerçant résidant à Bobo-Dioulasso, constate le vol d’une partie de son matériel de quincaillerie. Celle-ci est composée notamment de rallonges, de peinture, de tournevis, de tenailles, de serrures. Sa première réaction est d’alerter immédiatement ses collègues, afin que ceux-ci le préviennent au cas où quelqu’un viendrait à leur vendre du matériel semblable. La stratégie mise en place par le jeune commerçant porte effectivement ses fruits car le même jour, OZ, manœuvre de profession, se présente devant un collègue de OB, afin d’écouler sa marchandise. Constatant que celle-ci répond trait pour trait à la description du matériel subtilisé, il prend son téléphone et appelle OB.

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C’est ainsi que la gendarmerie met la main sur OZ. A la barre ce 21 mars 2011, celui-ci reconnaît les faits, mais précise qu’il a commis le forfait avec l’aide de son ami MT, maçon de son état. « C’est MT qui m’a dit de venir le voir, car il avait une bonne affaire à me proposer. Lorsque j’ai été chez lui le 2 février vers 23 heures, sa femme lui a remis un sac et nous sommes allés opérer », a-t-il expliqué. Selon le témoignage de OZ, le butin a été déposé la même nuit chez MT, et devait être revendu par lui-même le lendemain.

L’argent récolté devait ensuite être partagé entre les deux compères. Malheureusement pour eux, tout ne se passa pas comme ils l’avaient prévu. « Quand j’ai amené le matériel pour le vendre, le commerçant l’a reconnu et m’a dénoncé auprès du propriétaire. J’ai alors appelé mon ami pour lui dire que notre affaire est gâtée. Je lui ai dit d’emmener le reste de la marchandise, afin qu’on puisse le restituer », a confié OZ. Mais, c’est toute une autre version que MT a donné à entendre aux juges. Selon lui, OZ est le seul responsable du vol du matériel de quincaillerie. « C’est lui qui est venu chez moi, aux environs de minuit, en me disant que son vélo était en panne et qu’il voulait me confier son matériel de travail, en attendant de revenir le chercher le lendemain », a-t-il souligné. Sa compagne, qui comparaissait comme témoin, a abondé dans le même sens, en soutenant que c’est elle qui a raccompagné OZ, après qu’il ait déposé chez eux, le sac contenant « son matériel de travail ».

Le Tribunal a estimé que MT est bien le complice de OZ, car celui-ci n’a aucun intérêt à accuser gratuitement son ami. Par ailleurs, les juges ne comprennent pas pourquoi il a accepté aussi facilement de se faire confier un colis dont il ignore l’origine, à une heure aussi avancée de la nuit. Pour toutes ces raisons, le Tribunal a déclaré les deux amis coupables des faits de vol, en les condamnant chacun à 12 mois de prison ferme et à 47 500 F CFA d’amende, représentant la valeur du matériel non retrouvé.


Le prévenu dormeur

Accusé de vol, OS a vu son jugement repoussé d’une semaine ce lundi 21 mars 2011 par le Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso, tout simplement parce qu’il était plongé dans un sommeil profond, au moment où les juges ont appelé son dossier à la barre. En effet, c’est le silence qui a répondu au Tribunal, lorsqu’il a invité le prévenu à se présenter devant lui. Tous les regards se sont alors tournés vers le banc des accusés. « Il est en train de dormir », a déclaré un agent de la garde de sécurité pénitentiaire (GSP), qui s’est levé pour aller réveiller le dormeur.

Après avoir longuement secoué le jeune homme, le GSP a réussi finalement à le sortir des bras de Morphée. Malheureusement pour lui, les juges avaient déjà pris leur décision : « Il ne veut pas être jugé, laissez-le dormir » ! Le président du Tribunal, a renvoyé au 29 mars, le procès de ce pensionnaire de la Maison d’arrêt et de correction de Bobo (MACB), en espérant qu’il sera plus en forme à cette date.


La sonorisation du TGI de Bobo, de nouveau en panne

Depuis quelques semaines, les microphones installés dans la salle d’audience du Tribunal de grande instance (TGI) de Bobo-Dioulasso ont de nouveau cessé de fonctionner. Et pourtant, l’administration judiciaire avait réussi il n’y a pas longtemps, à les remettre en l’état. Ce dysfonctionnement comporte bien sûr des conséquences sur le déroulement des procès. Ainsi, les juges se voient-ils obligés de rappeler régulièrement aux différentes parties (accusés, partie civile, témoins…), qu’elles doivent parler fort, afin que tout le monde entende. D’autre part, il faut souligner que la partie civile et les témoins ont maintenant la possibilité de rester assis, pendant que se tient le procès. En effet, un banc a été installé à leur intention, pour qu’ils ne restent pas longtemps debout, contrairement aux accusés.

Rassemblés par Moustapha SYLLA

Sidwaya

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