Guerre des cimetières : L’UNIR/PS revient à la charge

lundi 14 mars 2011 à 00h40min

La tarification annoncée de la chaîne funéraire par le Conseil municipal de la capitale n’en finit pas de faire des gorges chaudes. La salve des conseillers de l’UNIR/PS sur le maire, Simon Compaoré, le 5 mars dernier en est la preuve (cf. l’Observateur paalga du 7 mars). Il n’en faudra pas plus pour que le locataire de l’hôtel de ville monte sur ses grands chevaux à l’assaut des frondeurs qu’il traitera, au passage, d’apprentis politiciens et des conseillers indignes : "On n’a jamais dit que les gens vont payer" (Cf. l’Observateur paalga du 9 mars. Mais la hache de guerre n’est pour autant pas enterrée, comme le prouve si bien cette reprise des conseillers municipaux de l’UNIR/PS, et dont les révélations peuvent confondre plus d’un.

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Déclaration

Le jeudi 10 mars 2011 s’est tenue une session ordinaire du Conseil municipal de la ville de Ouagadougou. Le Maire Simon Compaoré, avec une malhonnêteté intellectuelle jamais égalée, a pris à partie les Conseillers de l’UNIR/PS de la ville de Ouagadougou.

Durant une heure d’horloge, il a fustigé la conférence de presse organisée par les Conseillers municipaux de l’UNIR/PS le 05 mars 2011. Dans un langage vulgaire et ordurier, il les a traités tour à tour d’apprentis politiciens, de conseillers indignes qui ne méritent pas leur place, d’ignares qui ne comprennent rien, etc. Pour couronner le tout, il leur a refusé la parole pour s’exprimer sur le sujet, comme le droit de réponse le prescrit en de pareilles circonstances.

Rappelons que la session du Conseil municipal est retransmise en intégralité par la RMO, radio municipale aux ordres de Simon Compaoré. En signe de protestation, les conseillers de l’UNIR/PS ont quitté la salle de délibérations du Conseil municipal.

Que reproche Simon Compaoré aux élus de l’UNIR/PS ?
- de profiter de la situation nationale marquée par les manifestations des élèves pour organiser une conférence de presse sur le rapport de la commission ad hoc portant sur la réorganisation de la chaîne funéraire de la ville de Ouagadougou ;

- d’avoir seulement évoqué le point du rapport de la commission ad hoc traitant de la tarification. Ces envolées délirantes appellent de notre part les observations suivantes :

Du 17 septembre à nos jours

- le 17 septembre 2010, la commission « Affaires générales » s’est penchée sur le rapport de la commission ad hoc. Le point relatif à la tarification a fait l’objet d’un débat houleux. A l’issue des débats, les conseillers ont rejeté la partie « tarification » ;
- le 21 septembre 2010, la Commission « Affaires financières », saisie de la question, a, dans la même lancée, rejeté la partie tarification du rapport ;

- le 22 septembre 2010, lors de la session ordinaire du Conseil municipal de Ouagadougou, soit le lendemain du rejet par la Commission « Affaires financières », le maire Simon Compaoré, instruit du rejet de la tarification par les deux commissions, a déclaré (voir procès-verbal, pages 24 à 26 du 22/09/2010) nous citons :

• « Si c’est le fait d’instituer de payer maintenant, sachez qu’à Bobo-Dioulasso, cela se fait à raison de vingt cinq (25 000) francs CFA, pour un enterrement au cimetière municipal, afin de faire face aux charges comme le gardiennage, le nettoyage et de cent mille (100 000) francs CFA à domicile. A l’heure actuelle il y a un désordre organisé à Ouagadougou. Quand il y a un décès on dit d’aller voir le maire. Nous disons non !

• Si depuis longtemps on paie à Bobo sans problème, il n’y a pas de raisons que dans la capitale ici nous ne fassions pas la même chose. Donc, de ce point de vue, nous voudrions que vous acceptiez le principe qu’il faut que nous agissions comme cela.

• Pour ce qui est des pompes funèbres, il nous sera difficile de les gérer. Là aussi, c’est une position de principe que nous vous demandons d’adopter à savoir que nous devons appuyer les sociétés des pompes funèbres pour qu’elles puissent avoir accès aux crédits.

• Pour ce qui est du transport, il faut aussi que nous prenions une position de principe. Est-ce que nous allons continuer de laisser les gens transporter les morts avec des charrettes dans la ville de Ouagadougou ou avec des bâchées qui ne démarrent que si elles sont poussées ? Si nous ne voulons pas de cela, alors nous devons nous donner les moyens d’amener les sociétés de pompes funèbres à avoir la logistique nécessaire avant que cette disposition de contrainte n’entre en vigueur.

• Si quelqu’un achète une parcelle à vingt mille (20 000) francs CFA ou à trente cinq mille (35 000) francs CFA, il fera bien sa tombe parce qu’il y a mis de l’argent.

• Tels sont les points sur lesquels nous devrions accepter de nous mettre d’accord et ensemble on arrête les coûts parce que tout a un coût. On ne peut plus dire : « Il faut encore payer pour un cimetière ! » Alors que ce cimetière là n’est pas fait au hasard (fin de citation).

Les maires d’arrondissements à la rescousse

Battu au niveau des deux commissions permanentes du conseil municipal, par lettre n°2011-386/CO/CAB du 09/02/2011 portant en objet : Tarification de la chaîne funéraire, il saisit les maires d’arrondissements pour un examen au niveau des conseils d’arrondissements, élargis aux personnes-ressources desdits arrondissements, autre trouvaille de Simon Compaoré.

Sur l’ensemble du rapport de la commission ad hoc, seule la partie portant sur la tarification a été transmise aux maires d’arrondissements par la lettre citée plus haut, en contradiction flagrante avec les propos mensongers distillés lors de l’entretien qu’il a eu avec les journalistes de l’Observateur paalga et dont la relation a été faite dans le n°7835 du mercredi 09/03/2011 en page 20.

Du reste, dans cette partie tarification transmise, il a soigneusement soustrait les résultats que la commission ad hoc a ramenés concernant le Mali et résumé comme suit : « La commune n’intervient dans le traitement et l’inhumation des morts qu’en cas de découvertes de cadavres non identifiés et cela, en collaboration avec les services de police. Au Mali, le principe de l’égalité de tous devant la mort est la règle.

Dans les cimetières, les tombes ne se différencient pas par leur architecture ni par leur armoiries ni par leur grandeur. Tous les cimetières sont clôturés et dotés de conduite d’eau courante. Les inhumations se font entre 06 heures et 17 heures 30 ».

Tout cela démontre clairement que le maire Simon Compaoré oriente seulement les débats sur la tarification. Ce qui n’est rien d’autre qu’une tentative de passage en force et le recours aux conseils d’arrondissements, en présence de personnes-ressources, le démontrent à souhait.

Monsieur Simon Compaoré a convoqué, par lettre en date du 02 mars 2011, une session du Conseil municipal pour le jeudi 11 mars 2011. L’ordre du jour de cette session comporte la question de la réorganisation de la chaîne funéraire.

Quoi de plus normal donc pour les conseillers UNIR/PS, ceux-là mêmes que le maire traite de petits politiciens indignes d’être conseillers, de tirer la sonnette d’alarme bien avant, afin que leurs électeurs et l’opinion nationale toute entière soient informés de la forfaiture qui se prépare, ce d’autant plus que les citoyens burkinabè ne sont pas prêts d’oublier l’arnaque qui leur a été faite par rapport à la Taxe de développement communal (TDC).

L’UNIR/PS au banc des accusés ?

Nous soulignons que le maire Simon Compaoré n’a pas fait le point sur l’organisation de la chaîne funéraire comme le prévoyait l’ordre du jour, mais s’est contenté de fustiger la conférence de presse des Conseillers de l’UNIR/PS, faisant souvent des amalgames avec la situation nationale en taxant les conseillers et l’UNIR/PS d’être à l’origine de tracts.

Cependant, dans la déclaration liminaire lors de la conférence de presse du 05 mars 2011, les Conseilles de l’UNIR/PS ont déclaré : nous citons « Comme tout le monde le sait ici au Faso, ces entreprises seront encore créées par eux et immatriculées sous leurs prête-noms divers, accentuant ainsi leur mainmise sur nous. Ainsi, ils auront droit de vie sur nous et géreront jusqu’à nos cadavres.

Les conseillers de l’UNIR/PS de la Commune de Ouagadougou estiment que nonobstant les prérogatives obligatoires qui incombent à la commune pour l’aménagement (parcellisation des cimetières pour une exploitation judicieuse de l’espace), et l’équipement des cimetières (clôture, électricité, eau) ainsi que l’obligation d’assurer l’entretien et la surveillance de ces lieux, somme toute publics, les autorités communales devraient s’attacher à une sensibilisation accrue des populations pour le respect de l’exploitation des espaces mis à leur disposition dans les cimetières. Toutes ces prestations devraient se faire à titre onéreux symbolique et non constituer une source supplémentaire d’exploitation de nos populations.

En appoint, la commune devrait se doter d’un service de pompes funèbres dont les démembrements dans les arrondissements seront dotés au moins d’un corbillard. De même, chaque CMA devrait également être doté d’une morgue digne de ce nom, c’est-à-dire avec des tiroirs de conservation fonctionnels » (fin de citation).

Nous, conseillers de l’UNIR/PS de la Commune de Ouagadougou, rejetons les tarifications que voudrait imposer Simon Compaoré, condamnons fermement cette attitude de monopolisation de la parole par le maire, président du Conseil municipal, acte contraire aux principes élémentaires de la démocratie.

En dernier ressort, mettons le maire Simon Compaoré en garde pour les propos injurieux et, au demeurant, diffamatoires et nous réservons le droit de porter plainte contre lui devant les juridictions compétentes. Osons donc croire que la déclaration de Simon Compaoré : « On n’a jamais dit que les gens vont payer » (cf. l’Observateur paalga N°7835 du 09 mars 2011, page 20), sera une réalité.

Avec le peuple, victoire !

Pour les Conseillers UNIR/PS de la Commune de Ouagadougou
La Représentante Mme Ouattara/Dabré Awa

NDLR : Les intertitres sont de la Rédaction.

L’Observateur Paalga

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Vos commentaires

  • Le 14 mars 2011 à 03:28, par Ouermy Zindian
    En réponse à : Guerre des cimetières : L’UNIR/PS revient à la charge

    Que Simon apporte les preuves contraires a` cette declaration sinon il aura du mal a` se faire croire comme c’est deja meme le cas.Voici donc une demarche responsable de la part de l’UNIR/PS. Simon, les propos injurieux ne doivent pas venir d’un maire de notre capitale.Il y a plusieurs voies pour convaincre mais celle que vous aviez utilisee est purement lamentable.Vous n’avez pas faim, alors ne parlez donc pas de cette maniere.

    Répondre à ce message

  • Le 14 mars 2011 à 09:04, par Ben
    En réponse à : Guerre des cimetières : L’UNIR/PS revient à la charge

    Félicitations aux conseillers de l’UNIR/PS pour cette action citoyenne qu’ils sont entrain de mener. Il faut battre le fer pendant qu’il est chaud. Il ne faut pas attendre la mise en application de cette mesure antisociale avant d’entamer la lutte. Le pouvoir actuel veut nous ponctionner jusqu’a notre derniere demeure sans réfléchir une fois aux voies et moyens pour améliorer les conditions de vie des populations.

    Répondre à ce message

  • Le 14 mars 2011 à 09:28
    En réponse à : Guerre des cimetières : L’UNIR/PS revient à la charge

    Cela se préssentait arrivé ! ils ont investit dans tous les domaines et secteurs d’activités. Maintenant c’est sur les cadavres ils veulent manger et créer des emplois pour les jeunes du parti, cela en récompense des efforts fournis en novembre dernier. Comme ça ils vont leur octroyer assez de crédits afin d’investir ds le funèbre. Eh Dieu !

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  • Le 14 mars 2011 à 12:07, par Coul
    En réponse à : Guerre des cimetières : L’UNIR/PS revient à la charge

    Bonjour chers journalistes

    Merci du travail que vous abbattez souvent au risque de votre vie pour nous citoyens pas toujours reconnaissants.

    La premiere fois que j’ai lu les travaux de la conference de presse de l’UNIR/PS, j’étais tombé des nues. Heureusement la sortie médiatique de la mairie est venue nous rassurer et nous faire savoir que l’UNIR/PS tentait d’induire le peuple en erreur.

    Mais votre parution de ce jour et notamment les déclarations de l’UNIR/PS accompagnées de citations du maire Simon Compaoré lui-même me met dans une situation très très inconfortable.

    Le maire va-t-il dementir ces citations qui selon l’UNIR/PS viennent de lui ? Que va-til faire si ces déclarations sont fausses ? ou au contraire si elles sont justes ?

    Aidez-nous à mieux comprendre cette situation ?

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  • Le 14 mars 2011 à 18:24, par meguelito
    En réponse à : Guerre des cimetières : L’UNIR/PS revient à la charge

    Merci messieurs les conseillers ! Ce simon là à l’image de nos gouvernants actuels a besoin d’être acculé pour qu’il retourne sa veste (pardon ses dires). Ils sont tous pareils, tant qu’on revendique pacifiquement, ils s’en moquent avec beaucoup d’ironie ; mais dès lors qu’il y’a un peu de fumée de pneu brûlé,ah là ! ils ont peur d’être enfumés. Et c’est en ce moment qu’ils se rendent compte qu’il y a des personnes ressources dans ce pays.

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