Aux nues femmes

jeudi 10 mars 2011 à 00h38min

L’ex-présidente chilienne, Michèle Bachelet, retrouve l’échiquier international avec une mission de taille à l’endroit de ses consœurs aux quatre coins du monde. La dernière née des agences spécialisées de l’Organisation des nations unies, ONU-Femme, se veut un instrument exclusivement consacré à la moitié de l’homme. La décision de l’Assemblée Générale de 2010 vise à parer la mère de l’humanité de toutes les injustices à son égard et les poids d’un monde inhumain.

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En un an, cet organisme semble avoir mesuré tous les défis qu’il doit relever pour rendre la femme bien heureuse. Tant elle est mise à rude épreuve par sa situation et le regard extérieur. Malmenée par la survivance des préjugés, des systèmes de gouvernance rétrogrades et la méconnaissance de ses droits, l’avenir de bien de femmes se trouve dans une impasse totale. Elles sont victime de la maltraitance, de la pauvreté, de l’inefficacité des systèmes éducatif et sanitaire. Le marché de l’emploi et l’accès aux sources de financement lui échappent à tout point de vue.

A chaque 8-Mars, tous les fardeaux sont passés en revue par les organisations et associations œuvrant pour la cause féminine. Après la ripaille, la bamboula et les grands discours constatés ça et là dans différents pays, la journée internationale de la Femme doit être une halte pour prendre conscience et envisager un nouvel élan vers une réelle promotion de la meilleure partenaire de l’homme dans la mise en œuvre du développement et la quête du progrès.

Avec à l’avant-garde des femmes résolument portées vers cette citation de Simone De Beauvoir, « On ne naît pas femme, on le devient », le combat pour la libération, la promotion et l’épanouissement pourrait sonner avec tous les concours de part et d’autre. Chacun a intérêt à mettre la main à la pâte pour que la nudité de sa fille, de sa sœur, de son épouse, de sa mère n’apparaisse pas au grand jour et de façon permanente sous le joug de l’ignorance, de la violence et de la misère. Reproductrice et productrice, cette frange de la population est auréolée d’une double fonction dont l’humanité ne peut aucunement continuer à faire fi.

Dans cette lutte de longue haleine, il sied d’entourer les missions des ministères de la Promotion de la Femme ou de la Famille d’un contenu participant réellement à pérenniser l’amélioration d’une condition. L’heure est tellement grave que trois (3) des huit (8) Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) énoncés en 1999 par les Nations unies sont expressément destinés aux femmes : « Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes », « Réduire la mortalité infantile », « Améliorer la santé maternelle ». La résolution de telles préoccupations vont au-delà de la vente des pagnes, des « Dassandaga » et des « Djandjoba ». Elles commandent de se serrer les rangs pour arracher les victoires qui vaillent pour l’ensemble des femmes. Celles auxquelles toutes sont confrontées et qui méritent de vrais grands rassemblements studieux.

Bien que le thème officiel de la Journée internationale de la Femme 2011 soit « L’égalité d’accès à l’éducation, de formation et de la science et la technologie : vers un travail décent pour les femmes », chaque pays en a donné un cachet spécial selon ses réalités. La plupart des femmes voient leur dignité se dévoiler totalement nues sur une planète pourtant opulente et au firmament de son progrès technologique. Pourtant, elle continue de mourir dans son droit et son devoir naturel à donner la vie.

Conscient de cette face sombre de la maternité, le Burkina Faso a choisi de commémorer sous un vœu de grande portée : « Donner la vie sans être en péril ». Il a fallu 153 ans après la reconnaissance d’une place dévolue à la femme dans la société après qu’elle ait manifesté bruyamment et 64 ans après la création de l’ONU pour que la nécessité d’habiller la femme dans tous les sens soit émise. L’ONU-Femme a du pain sur la planche. Cette nouvelle agence spécialisée doit user de tact pour collaborer avec les structures spécifiques similaires existantes et conjuguer les efforts pour garantir, à l’autre moitié du ciel, la santé, l’éducation, la formation, le bien-être, le revenu, etc.

Ce challenge est si grand car cette entreprise onusienne vise un seul but : établir une égalité et une parité entre hommes et femmes dans tous les domaines. Il appartient à la chef d’Etat chilienne, l’une des rares femmes à accéder à la magistrature suprême, de démontrer la doigté et la perspective dont elle a déjà fait preuve à la tête de son pays. Qui mieux qu’une femme peut raisonnablement appréhender les maux des descendantes d’Adam et y apporter les réponses appropriées.

Martin BONSDAWENDE

Pour lefaso.net

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