Contrefaçon d’huiles de moteur : Un réseau « décanté »

lundi 28 février 2011 à 01h55min

La Commission nationale de lutte contre la fraude vient de mettre à nu un réseau de contrefacteurs d’huiles de moteur (lubrifiants) à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso. Le mode de pratique des indélicats, la sanction qu’ils encourent, la suite qui sera donnée à l’enquête, les précautions à prendre par les citoyens nous ont été expliqués par le coordonnateur national, Paténéma Kalmogo, le jeudi 24 février 2011 au siège de l’institution lors de la présentation des bidons d’huiles saisis.

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Tout est parti des déboires du client d’un garagiste de la place, qui a vu le moteur de sa voiture bloqué quelque temps après la vidange. Après vérification, la cause de la panne s’est révélée être l’huile utilisée pour la vidange qui n’était pas de qualité. L’automobiliste s’est alors rendu compte que l’huile « Total » qu’on l’avait fait acheter pour la vidange de son véhicule était contrefaite. Il s’en ouvre alors au marqueteur qui fait sa propre enquête.

Un réseau de trafiquants de lubrifiants ayant été dévoilé par l’enquête, la société saisit la Commission nationale de lutte contre la fraude qui va également mener ses investigations à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso. L’opération va révéler qu’avec la complicité de certains garagistes et agents de station, les contrefacteurs rachètent les emballages vides d’huiles de moteur notamment les bidons de 20 litres, de 5 litres et de 4 litres pour conditionner leurs lubrifiants contrefaits qu’ils remettent ensuite sur le marché en les écoulant directement sur commande.

L’enquête a aussi dévoilé avec le concours du ministère du Commerce, l’existence d’importateurs non agréés de lubrifiants dont les marques commercialisées ne sont pas non plus agréées.

Un réseau de contrefacteurs a été ainsi décanté et des dizaines de bidons d’huiles de marque Total, Shell et Excel ont été saisis. Ils nous ont été présentés le jeudi 24 février dernier par le coordonnateur national de la lutte contre la fraude, Paténéma Kalmogo.

Ce dernier nous a indiqué que la prochaine étape consisterait en l’analyse des produits saisis : « Certains contrefacteurs nous ont d’ores et déjà avoué que les bidons sont bien d’origine mais pas leurs contenus. D’autres, par contre, nous ont fourni des factures d’achat auprès des sociétés agréées.

En tout état de cause donc, nous allons procéder à des analyses pour savoir si les produits sont bien de la marque de leurs emballages et s’ils sont de bonne qualité ». Pour lui, le lot saisi n’est certainement que la partie visible de l’iceberg, car le circuit est bien… huilé et que les indélicats, prudents, peuvent avoir des quantités importantes stockées en lieux sûrs.

Quoi qu’il en soit, en cas de confirmation de contrefaçon par les analyses en laboratoire, la Commission compte porter plainte pour tromperie et les propriétaires des marques et la Ligue des consommateurs du Burkina (LCB) vont certainement se constituer parties civiles.

Les sanctions encourues par les contrefacteurs sont constituées d’amendes pouvant aller jusqu’à 5 millions de FCFA et de peines privatives de liberté de 3 mois au minimum (on peut appliquer les deux à la fois, ou l’une ou l’autre).

Le coordonnateur national de la lutte contre la fraude ne manque pas d’attirer l’attention des populations sur le phénomène. A cet effet, il les appelle à respecter un certain nombre de comportements : « Soyez vigilants car avec la vie chère, les huiles contrefaites font que vos engins et véhicules n’ont plus longue vie. Récupérez systématiquement les emballages de vos lubrifiants.

Garagistes, méritez la confiance de nos clients en étant honnêtes avec eux. Citoyens, aidez-nous en dénonçant les cas de fraude en contactant la Ligue des consommateurs, les organes de presse, ou en appelant la Commission de lutte contre la fraude au 50-31-22-69 ».

Hyacinthe Sanou

L’Observateur Paalga

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Vos commentaires

  • Le 27 février 2011 à 23:21, par Marcellin
    En réponse à : Contrefaçon d’huiles de moteur : Un réseau « décanté »

    Même sans ces huiles, les moteurs de nos véhicules n’ont pas longue vie. Ça c’est juste une opération policière menée pour des raisons commerciales, ne faites pas croire que c’est pour protéger les consommateurs.

    Ce qui fait mal, c’est l’utilisation des moyens de l’État pour protéger des intérêts commerciaux privés. Si c’est pour réprimer les gens qui utilisent les bidons de Total et Shell pour mettre une autre huile et faire ainsi de la contrefaçon, laissez Shell et Total engager leurs avocats et mener leurs enquêtes. En Europe, Aux États-Unis, au Canada, pays d’origine de ces compagnies, c’est ainsi que les choses se passent. Pourquoi chez nous, les maigres ressources fiscales vont être utilisées pour elles ????

    Si c’est pour ceux qui fabriquent eux-mêmes leurs huiles ou qui importent des huiles de marques peu fiables, si c’est vraiment le cas, c’est eux qui s’exposent à des poursuites judiciaires ! À la limite on peut leur faire obligation d’informer suffisamment leurs clients sur les caractéristiques ou l’absence de caractéristiques particulières de leurs huiles. Mais on n’a pas le droit de leur en interdire la vente.
    Et moi consommateur, on n’a pas le droit de m’empêcher d’acheter une huile bon marché si je connais les risques auxquels je suis exposés, il m’appartient de faire seul le sous-pesage et de me décider.

    Vous êtes en train de tuer le développement du pays. En Tunisie c’est exactement parce que l’on a empêché le jeune de vendre ses produits qu’il s’est immolé. Ayez cela en tête !

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  • Le 28 février 2011 à 13:58, par Levasseur
    En réponse à : Contrefaçon d’huiles de moteur : Un réseau « décanté »

    Je ne vous comprends pas du tout ! Feriez-vous partie de ces malfaiteurs par hasard ? Ceci est juste pour informer les clients qui se soucient de payer une huile de bonne qualité pour leurs engins, d’ouvrir l’oeil ! Si cela vous convient de payer une huile à vil prix au risque de foutre votre moteur en l’air, cela vous regarde ; mais ne venez pas divertir les gens !

    Répondre à ce message

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