AMENAGEMENT D’UNE ROUTE DANS L’ARRONDISSEMENT DE BOGODOGO : Une première expérience qui laisse sceptiques des riverains

mercredi 23 février 2011 à 01h27min

Une société américaine d’aménagement de routes dénommée "Advanced Road Technology Solutions" fait une première expérience au Burkina Faso sous la bannière de l’entreprise OK. Les premiers essais en toute chose suscitent une certaine perplexité souvent chez les bénéficiaires que sont les riverains de la voie en plein chantier. C’est ainsi que, alertés par certains riverains qui ne cachaient leur crainte, nous avons rencontré le promoteur de ce projet de construction de routes, Kovi F. Sedjro, pour nous enquérir des conditions de déroulement des travaux.

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La poussière, les nids de poule sur les routes constituent le lot quotidien des Ouagavillois. Les routes, surtout celles bien aménagées, facilitent la communication inter-urbaine. Ainsi, une société d’origine américaine à en croire le promoteur des travaux, Kovi F. Sedjro, procède à l’exécution d’une voie longue d’un kilomètre dans l’arrondissement de Bogodogo. Il a laissé entendre que la construction de cette voie se fait suivant une technologie différente de celles conventionnelles. "Fort du constat que le développement des routes en Afrique demeure un casse-tête, tant les coûts sont exorbitants et la durée de ces voies, brève du fait de l’érosion et autres, nous avons fait une transposition de cette méthode déjà pratiquée aux Etats-Unis en Afrique, a-t-il dit.

Il a indiqué qu’après des expériences réussies au Togo, au Ghana, et au Nigeria, son équipe s’est rendue au Burkina, plus précisément à Ouagadougou, pour faire bénéficier aux populations des retombées positives de cette technologie peu connue sur le continent. Comme on le dit, on ne peut pas faire des omelettes sans casser des oeufs. C’est du moins en substance ce que les riverains ont laissé entendre mais certains n’ont pas tergiversé pour exprimer leur crainte quant à cette méthode technologique qu’ils jugent peu habituelle.

"Une poudre blanche" qui laisse perplexe les riverains

Les avis sont bien partagés sur les matériels utilisés pour la construction de la voie. Une des particularités de la méthode utilisée est l’usage de la chaux hydratée ou la chaux industrielle. Selon Kovi Sedjro, c’est cette matière qui est utilisée pour faire un soubassement solide à la route. "Ce produit, avec la couche de base, donne une solidité et une stabilité certaine à la voie", a-t-il fait savoir. Il ajoute que, dans le cas d’espèce, il y a une profondeur de 15 cm, compactée avec la chaux, ce qui donne à la voie, une résistibilité. Après cette étape, a-t-il étayé, on procède au revêtement de la route avec un autre liquide qui est le polymère aussi appelé socsilde.

C’est cette substance qui permet de conserver la route plus longtemps, résistible à l’érosion et à l’eau pendant au moins cinq ans. Les avantages de cette démarche technologique, énumérés par Kovi Sedjero, sont entre autres les coûts peu élevés et la rapidité des travaux, qui, pour ce tronçon d’une longueur d’un kilomètre, vont durer uniquement trois jours. Renchérissant ses propos, le promoteur du projet a soutenu que la technique utilisée permet par ailleurs la maintenance à moindre coût de la voie.

Ce faisant, quelques riverains comme Belemviré applaudissent même s’il dit déplorer le manque de caniveaux pour conduire l’eau pendant la saison pluvieuse. Pour lui, cette zone est d’un grand ruissellement d’eau. Ben Ali Ouédraogo, lui aussi riverain de la route où se déroulent les travaux, a soutenu qu’il, se méfie des "expériences pareilles" car nous n’avons jamais vu des routes qu’on arrange avec "une farine de ce genre". Plus loin, Tassembedo a, quant à lui, juste relevé la suspension poussiéreuse engendrée par les travaux. Mais il reconnaît toutefois qu’il faut nécessairement cela pour que la voie soit plus tard bien praticable, a-t-elle conclu.

Le promoteur Kovi Sedjero explique

Ce produit, c’est de la chaux hydratée ou de la chaux industrielle qui est une matière qui aide à mieux compacter le fondement de la route et à la rendre plus résistible aux causes extérieures de dégradation, telle l’érosion. Elle contribue à la durabilité des voies. Du point de vue environnemental également, ce produit n’a pas d’effets néfastes et même pas sur la santé humaine. Nous avons même des certificats qui attestent que ce produit ne présente aucunement un danger. Nous sommes en Afrique depuis le 20 janvier 2011 dans le cadre de cette construction de route et notre prochaine expérimentation sera au Mali après celle du Burkina Faso.

Roland KI (Stagiaire)

Le Pays

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