Chef de file de l’opposition : “Il nous faut une CENI nouvelle d’ici le 15 mars”

vendredi 11 février 2011 à 01h33min

15 mois après sa désignation comme chef de file de l’opposition politique (CFOP) burkinabè, Me Bénéwendé Sankara a rencontré hier 10 février la presse au club Belko pour faire le bilan de son travail à la tête de la structure, “qui n’est pas une coquille vide”, et parler de la CENI, “qui doit être refondée. D’ici le 15 mars prochain au plus tard, un nouvel organe doit voir le jour”.

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Avant que Me Sankara prenne la parole, c’est son directeur de cabinet, Meg-Neeré Fidèle Kientéga, qui a situé l’auditoire sur l’esprit de cette conférence de presse. Il s’est appesanti sur la CENI burkinabè, qui “a montré de graves déficiences lors de la présidentielle... notamment par la carte d’électeur, qui est illégale, et par une élection bâclée”.

Pour lui, avec le couplage des législatives et des municipales de 2012, la CENI nouvelle qui doit être mise en place en septembre “n’aura pas le temps de se familiariser avec les mécanismes, d’où la correspondance adressée au Premier ministre, demandant une dissolution immédiate de l’actuelle CENI afin d’avoir une CENI plus consensuelle”. Du reste, on apprendra de Me Sankara que le PM a instruit le ministre de l’Administration territoriale, Jérôme Bougouma, de recevoir l’opposition pour en parler.

Ce qui fut fait le 27 janvier 2011. Selon le chef de file de l’opposition, les 31 partis qui forment son creuset doivent être une force de propositions... et l’introuvable unité de cette opposition doit être toujours recherchée. Lui aussi a insisté sur l’urgence de l’avènement d’une nouvelle CENI, car “même le Conseil d’Etat, qui a reconnu que le tribunal administratif était incompétent pour connaître de cette affaire, a reconnu que la carte était illégale... d’où la refondation de la CENI, car c’est par une élection qu’un pays s’en sort ou s’enfonce...”.

Mais, concrètement, que propose le CFOP pour cette refondation ? Nous avons commencé un atelier sur les réformes politiques et un comité de synthèse va répertorier toutes les préoccupations... le consensus actuel est que la CENI actuelle doit être balayée, concernant ce qu’il faut mettre comme contenu dans la nouvelle, nous sommes en débat... il y en a qui estiment qu’il faut mettre dehors la société civile et laisser le pouvoir et l’opposition face à face, d’autres par contre penchent pour le maintien de la société civile, mais pas n’importe laquelle dedans.

Enfin, sur la question de la carte d’électeur, Me Sankara dira qu’il est anormal que le Président du Faso, “qui joue au médiateur, au faiseur de paix, soit élu avec une carte non biométrique et par un peu plus d’un million d’électeurs”, a répondu Me Sankara.

Pourquoi Me Sankara a-t-il refusé de voter le 21 novembre 2010 ? “Je n’ai pas voté, mais je n’ai pas refusé de voter, seulement, lorsque je me suis présenté au bureau de vote, on a fait la constatation d’usage avec le code et par rapport à l’article 53 de ce code, j’ai exigé qu’on fasse un P.-V... la suite est connue, tous ceux qui étaient à Yako avec moi l’ont constaté...” Me Sankara Bénéwendé admet pourtant qu’à l’époque, il a commis une erreur : “Nous aurions dû prendre l’élection en otage en envoyant nos militants à la CENI”.

Ram Ouédraogo, via son dernier ouvrage, s’est invité à cette rencontre avec les journalistes : dans ledit livre, il se dit amer et accuse les sankaristes d’avoir pris en otage la veuve de Thomas Sankara, Mariam. Qu’en pense le CFOP ?

“Quand c’est amer, il faut mettre du sucre ou de la soude... la veuve n’est pas sous tutelle, elle est majeure... nous nous sommes battus en 2007 pour que Mariam revienne au Burkina Faso... Quand lui était ministre d’Etat, on lui a confié cette mission, il a essayé, il a échoué, qu’il revienne à la raison... Lui, qui avait pratiquement ce retour de Mariam comme mission,... a échoué, et je sais de quoi je parle...”, a répondu Me Sankara, puis Fidèle Kientéga a ajouté une couche : “Quand on veut vendre son t..., il faut trouver autre chose à dire..., sinon c’est indécent...”.

Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana

L’Observateur Paalga

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