Carnet de voyage : Je reviens de Yaoundé

jeudi 10 février 2011 à 02h05min

Yaoundé. L’USFA, le club militaire du Burkina, est tombée face au Fovu de Baham (1-2) en match aller de la coupe CAF. Retour sur un voyage qui laisse un défilé d’impressions.

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De tous les voyages que j’ai eu à effectuer, le dernier en date avait un goût amer, surtout au départ de Ouaga. Le mercredi 27 janvier 2011, le vol de la compagnie ASKY Airlines étant prévu pour 17h 50, la plupart des voyageurs en partance pour Douala via Bamako étaient là un peu plus tôt pour l’enregistrement des bagages.

Parmi eux, les joueurs de l’ASFA-Y et ceux de l’USFA qui devaient embarquer dans un des appareils d’ASKY en provenance de Lagos. Mais la compagnie, avant l’arrivée de son Boeing 737, était confrontée à un problème de places. Et savez-vous ce qu’elle fit pour parer à cette situation ? Eh bien, elle a trié sur le volet les passagers en fonction de leur destination.

Le champion du Burkina se rendant à Bamako où il devait passer la nuit, certains de ses joueurs et les journalistes qui accompagnent l’équipe ont été simplement contraints de partir plus tard avec Air Burkina. Les joueurs de l’USFA, eux, ont pu avoir accès à l’avion et il ne restait plus que trois autres personnes et moi.

Quand les choses se sont arrangées après que nous avons attendu des minutes et des minutes pour être situés, il était prévu que je devais être dans la cabine, le temps d’arriver à Bamako. J’avais même un numéro spécial ; mais dès notre embarquement, une hôtesse de l’air me retint un moment en me demandant d’attendre.

Que se passe-t-il ?, me demandais-je, un peu inquiet. La cabine ne pouvait-elle pas contenir une personne de forte corpulence ? L’hôtesse, qui a disparu entre-temps, revint et me dit d’aller occuper le siège d’un copilote au fond de l’avion. Oh ! Je n’ai vraiment pas de chance.

A dire vrai, j’aurais voulu être dans la cabine pour voir comment on procède au décollage, et le système qui stabilise l’avion une fois dans les airs. Vous savez, une louable curiosité développe la culture. Trouvant la force de faire contre mauvaise fortune bon cœur, j’allai m’asseoir au lieu indiqué et je trouvai que l’espace me convenait tout à fait. Je pouvais même regarder par le hublot.

Une attente insupportable

L’appareil de transport est sur la piste. Il décolle à 20h 24 en direction de Bamako, que nous eûmes vite fait d’atteindre, après juste une heure de vol. Des joueurs de l’ASFA-Y, avec qui nous avons fait le trajet, débarquent pendant que d’autres passagers s’apprêtent à monter. A 22h 32, cap sur Lomé où l’avion se pose après minuit.

Tous les voyageurs de ce vol descendent et nous, qui devons poursuivre notre voyage, nous changeons d’avion. Non sans avoir passé de longues heures dans la salle d’attente, où se trouvait déjà la sélection féminine de football du Cameroun qui allait à Bamako pour son match retour dans le cadre des éliminatoires des jeux olympiques.

Certaines athlètes dormaient sur les bancs pendant que d’autres tuaient le temps en causant de tout et de rien. Elles étaient en survêtement aux couleurs de leurs pays. Nous sommes les premiers à partir ; et c’est à 5h, heure locale, soit 4h TU, qu’un autre appareil du même type atterrit à l’aéroport international de Douala.

Les ordres de mission examinés, le chef de mission, Justin Koama regroupe les passeports pour le visa de tout un chacun. Pendant qu’il s’occupe de cela, je sors de l’aéroport histoire de griller une clope. Avant même les premières lueurs du jour, j’aperçois des hommes et des femmes en train de faire du footing.

Ah, cela me revient : j’oubliais que je suis dans le pays de Samuel Eto’o, où la pratique du sport est une réalité. A Ouaga, je présume qu’on dormait à poings fermés, surtout qu’à cette heure le froid était peut-être rigoureux.

Un car attendait un bon moment la délégation burkinabè, stationné à quelques mètres sans que je ne sache que c’était pour nous qu’il était venu. Au moment où j’observe ces sportifs entretenir leur forme, un monsieur se présente à ceux qui m’ont rejoint comme étant membre de la Fecafoot (Fédération camerounaise de football).

Il se dit étonné de voir un car alors que sa structure a fait venir un minicar de Yaoundé pour transporter la délégation. Justin Koama, qui avait entre-temps fini avec les visas, l’informe que le ministère des Sports et des Loisirs avait inclu cela au départ dans le contrat avec ASKY. En tout cas, le département des Sports a eu le nez creux, puisque ce minicar ne pouvait à lui seul transporter tout le monde ainsi que les bagages.

Le car fut donc affecté à l’USFA pendant que le minicar, généralement appelé « Dyna », est mis à la disposition de la presse. Mais Richard Yaméogo de la TNB et son cameramen, Issa Kafando, préfèrent faire le voyage avec les joueurs.

Après un déjeuner à la Binerie, un restaurant qui fait face avec la base aérienne, c’est à 9h 35, heure locale (8h 35 TU) que nous quittâmes Douala.

« Je vais à Yaoundé, Yaoundé la capitale »

C’est le titre d’une chanson composée dans les années 1960 par André-Marie Talla, un artiste malvoyant. La mélodie de cette chanson me traverse l’esprit au moment où nous prenons la route. A quoi ressemble Yaoundé que ce grand nom de la musique camerounaise a chantée ? J’ai hâte de voir Yaoundé qui est à 300 km de Douala, la capitale économique du pays.
A la sortie de la ville, une boulangerie, qui porte le nom de Thomas Sankara, attire mon attention. C’est incroyable ce que je vois, et je me dis intérieurement que l’image de cet homme reste vivace. Il n’est pas tombé dans l’oubli et, soit dit en passant, le recueil de vers que je prépare, c’est pour célébrer sa mémoire.

Le minicar, qui suit le bus, s’éloigne de la ville. Nous abordons un pont. L’eau du fleuve de la Dibamba miroite sous la clarté du soleil. Depuis notre départ de Ouagadougou, j’avais un ardent désir de voyager par la route afin de pouvoir admirer le paysage à ma guise. Car, dans les airs, c’est tout autre chose, et on se lasse de regarder les nuages moutonnés dans le ciel ou de s’étendre à l’infini. Et puis, on ne verra jamais Dieu bien qu’on nous parle de la béatitude infinie des élus dans le ciel.

La végétation, dans les environs, est luxuriante. Le souffle léger de la brise me fait du bien, et j’ai une folle envie de dire au conducteur de s’arrêter un moment. Mais je me retiens et celui-ci poursuit allègrement sa route.

Le long voyage de la veille m’ayant épuisé, je somnole un peu. Mais c’est plutôt un sommeil léger à cause des secousses répétées du minicar dues à de nombreux ralentisseurs. Pas moyen de faire un somme avec ces bombements transversaux. Et pourtant, mes yeux me piquent. J’aurais voulu tuer le temps avec Manon Lescaut, dont je n’ai pas encore terminé la lecture. D’un passage à l’autre, on peut suivre le cheminement de la pensée de l’auteur, l’abbé Prévost. Mais je me sens las.

Quand je me réveille de mon assoupissement, mon confrère Fernand Kouda des Editions Sidwaya me fait savoir que la moitié de la route a été déjà parcourue. Assis seul sur l’un des sièges arrière, ce que je vois m’enchante ; et je me crois dans une région de la Côte d’Ivoire. La forêt défile devant mes yeux.

J’aperçois, au loin, des palmiers, des bananiers, des rôniers, des cocotiers, des papayers, des ananas, des avocatiers et des arbres dont les espèces n’existent pas chez nous. Pendant le trajet, la forêt devient de plus en plus dense, et des arbres, dont les branches s’enchevêtrent, forment un décor impressionnant. Dans le lointain, des collines se défient par leur grandeur.

Je suis émerveillé par la beauté du paysage, qui invite à le croquer. Des oiseaux planent les ailes étendues. Pendant que je suis perdu dans la contemplation de ce panorama splendide depuis le minicar, le chauffeur roule à tombeau ouvert. Ce que je n’apprécie guère (et pour cause !) et lui demande d’aller à une allure plus réduite. Nous avons passé trois mortelles heures à l’aéroport de Douala et nous avons tout le temps pour arriver à destination.

Ma crainte est d’autant plus fondée que les semi-remorques, transportant des bois de grume et venant en sens inverse font, elles aussi, de la vitesse. Il y a des virages sur plusieurs kilomètres, et on ne peut qu’avoir la chair de poule. J’ai même vu, sur les bas-côtés de la route, des véhicules renversés. Le car des joueurs n’est pas non plus en reste, et je présume qu’on n’est pas content du conducteur.

La ville aux 7 collines

Après un poste de péage où des marchands ambulants nous proposent des articles de toutes sortes, un panneau nous indique que nous sommes à une centaine de kilomètres de Yaoundé. C’est une joie indicible à la pensée que je vais enfin pouvoir me reposer dans une chambre où m’attend un lit mou.

A chaque village qu’on traverse, je vois des régimes de bananes sur des étals. Avec une telle forêt, la terre est sûrement fertile, et on doit bien gagner sa vie dans les travaux champêtres. Et comme le disait Bonvent, dans le Lit à colonnes, on est bien fou d’aller chercher le bonheur ailleurs quand on l’a sous la main.

Faisant fi de nos remarques, le chauffeur maintient son allure et aborde les virages à grande vitesse. Décidément, il est incorrigible. Quelque temps après, il sort de son silence pour nous annoncer que nous sommes proches de Yaoundé. Nous traversons plusieurs petites agglomérations, et il est certain que nous sommes en banlieue.

Le temps est superbe et, au fur et à mesure que le minicar avance, je n’ai plus de doute que nous sommes à Yaoundé. Ce qui me frappe d’entrée, ce sont les longues files de voitures. La voie où nous nous trouvons est embouteillée.

Il est 13h, heure locale (12h TU). Les journalistes prennent leurs quartiers à Kaelly hôtel situé à 500 mètres du stade omnisports Ahmadou Ahidjo, et l’USFA à Mansel hôtel. Kouda, qui avait déjà fait Yaoundé, occupe la même chambre que lors de son précédent voyage, au premier étage. Il y en avait d’ailleurs suffisamment et chacun a pu être satisfait.

Le vendredi 28 janvier, je saute du lit dès mon réveil. J’ai dormi comme une marmotte, et il est 10 heures passées. Avec ce voyage très fatigant, on ne peut que tomber dans les bras de Morphée dès la moindre occasion. Sorti de l’hôtel, je mets à profit cette journée pour faire une balade.

Les premiers kilomètres sont pénibles pour moi, et je me demande si j’irai loin. Comme à Blantyre, au Burundi, les montées ne manquent pas. Je m’arrête un moment pour souffler. Au Cameroun, les taxis sont jaunes ; et on les repère très vite. Des taximen klaxonnent, croyant que je serai de leurs clients.

Je suis quand même tenté, mais où vais-je aller alors que je ne connais même pas la ville ? Je leur fais signe, et ils comprennent par mon geste que je n’attends pas de taxi. Je m’éloigne après avoir pris un peu de souffle. Au cours de ma promenade, je tombe sur une aire de repos où des gens prennent l’air. L’endroit est magnifique. Assis dans des herbes, des élèves sont en train de bouquiner. Etendre sa culture en lisant, c’est cultiver son esprit.

De l’endroit où je suis, je réalise que je suis bien à Yaoundé ; je ne m’imaginais pas que des hauteurs dominaient la ville. Je promène mon regard sur les maisons qui sont étagées sur les collines. Des arbres cachent même des habitations qui sont de styles différents.

Un peu partout, des villas de grand standing qui doivent certainement appartenir à des gens de la haute. Des maisons sur les pentes des collines m’émerveillent ; c’est sûr qu’on doit remplir ses poumons d’air frais comme en faisait la Chèvre de monsieur Seguin. Le palais de l’Unité s’étend à perte de vue, dans toute sa majesté.

Yaoundé, m’a-t-on dit, est la ville aux 7 collines ; ce que je constate effectivement puisqu’elle s’étend sur plusieurs vallées séparées par des élévations de terrain. Capitale de la région du centre et chef-lieu du département du Mfoundi, elle a été fondée en 1889 par les Allemands et compte aujourd’hui 7 communes d’arrondissements. Elle est devenue la capitale du Cameroun en 1915.

Un passage pour un seul homme

Harassé par une longue marche, je projette de me rendre à l’avenue Kennedy. A Kaelly hôtel, une jeune fille, qui s’occupe du ménage, m’avait informé qu’aucun taximan digne de ce nom ne peut ignorer ce lieu toujours plein de monde. Elle m’avait même proposé de m’accompagner, mais j’avais argué que je ne rentrerai pas tôt.

Je hèle un taxi en maraude et lui communique ma destination, le centre commercial. Il n’y a personne à bord et, étant seul, le chauffeur me propose la course à 1000 FCFA. Ce que j’accepte ; la route qu’il emprunte fait plusieurs détours avant d’arriver.

En chemin, il m’a montré la cathédrale Notre-Dame des Victoires qui a célébré ses 50 ans le 26 août 2002. Elle est située près d’une poste à proximité du rond-point au début du boulevard du 20-Mai. Selon le chauffeur, qui m’a demandé si je suis chrétien, sa charpente ressemble à un grand navire. J’ai aussi vu le palais des sports qui est un beau joyau architectural.

Le centre commercial, que j’appellerai le Plateau, est à l’avenue Kennedy. C’est le centre des affaires comme celui d’Abidjan. Des immeubles à usage locatif sont en grand nombre et, dans toute la zone, l’affluence est telle qu’on a du mal à se frayer un passage.

Les boutiques sont bien achalandées. Les marchands d’étoffes, de chaussures, d’habits obstruent le passage. Je parie que les pickpockets ne manquent pas en ces lieux et ne font certainement pas de cadeau aux « Gaous ».

A l’avenue Kennedy, les articles qui y sont vendus sont-ils bon marché ? Une question à laquelle je ne peux répondre parce que je n’ai fait aucun achat. On reconnaît facilement les étrangers, et peut-être qu’on peut vous faire payer au double un article.

En tout cas, on y trouve des portables de toutes marques, des coques de téléphone, des écouteurs, des montres, des appareils d’occasion venus d’Europe et de Dubaï. Les Chinois ne passent pas inaperçus dans les parages et semblent bien installés.

Ils sont, pour la plupart, dans le business de la téléphonie mobile et vous proposent des appareils de fabrication asiatique dotés de la dernière technologie. Sur le pourtour de la place Kennedy, les embouteillages sont inextricables, et les feux tricolores rares dans la plupart des grands carrefours. Les agents de l’ordre ont de la peine à réglementer la circulation. Ils sont même débordés, et des usagers ne facilitent pas leur tâche.

Non loin de l’avenue Kennedy, se trouve le boulevard du 20-Mai. La circulation, à ce niveau, n’est pas non plus fluide et les coups de klaxons arrivent jusqu’à vos tympans. A côté d’un grand rond-point, les automobilistes contournent une voie et prennent leur direction.

Je m’étonne que personne ne passe par là alors qu’il n’y a aucun policier dans les parages. On ne regarde même pas vers cette voie qui peut pourtant désengorger un tant soit peu la circulation. Je regarde cet endroit en me posant des questions.

Y a-t-il des travaux de réfection quelque part ? Les raisons sont à chercher ailleurs et c’est plus tard qu’on a éclairé ma lanterne sur ce point. Vous le saurez si vous êtes un lecteur patient.

La place Kennedy, c’est aussi le lieu de rencontre des supporters des Lions Indomptables quand ceux-ci disputent un match à l’extérieur. A Kaelly où je suis retourné fourbu de ma randonnée, la lingère me dit que quand Eto’o et ses coéquipiers perdent un match, la circulation reste fermée et les drapeaux traînent par terre.

Le bâton

A Yaoundé, quand la nuit tombe, il fait frais comme nous le vivons à Ouaga à certaines périodes de l’année. Les débits de boissons ne se comptent pas, et on n’a pas besoin d’être un suppôt de Bacchus pour le savoir. A proximité de notre hôtel, un bar ne désemplit pas. On y mange et boit à satiété si naturellement on en a les moyens.

Aux abords des carrefours, des femmes sont en activité devant leurs grillages sur lesquels elles braisent des poissons. Leurs clients sont nombreux, et chacun fait son choix en fonction des prix. Kouda m’avait parlé de ces fameux poissons ; et voilà que l’occasion se présente. Je me mêle donc aux autres clients.

- « Voulez-vous du maquereau ou de la carpe ? », me demande la vendeuse.

Après un moment d’hésitation, mon choix porte sur un maquereau. Prix du plat, 600 FCFA. Du donné ! Surtout que, chez moi, s’offrir du poisson braisé est un luxe pour bien de gens.

- « Et combien de bâtons ? », ajoute-elle.

A peine lui ai-demandé de quel bâton elle parlait que tous ceux qui sont à côté me regardant comme une bête curieuse.

Je suis dans l’embarras ; et sa fille de me proposer du plantain que j’ignore encore. Pour ne pas me montrer ridicule, je commande le plantain à 200 FCFA. Au bout de 10 minutes, tout est prêt ; et à côté du maquereau épicé, je constate que c’est de l’alloco, c’est-à-dire de la banane plantain coupée en tranches et cuite dans l’huile. Succulent ! Une deuxième commande est vite lancée.

Honni soit celui qui en pouffe de rire ! La serveuse, qui se trouve être la fille de la patronne, m’informe que sa maman est « VIP ». Entendez par là, un cordon-bleu dont les recettes sont dignes du Guide Michelin. Mais deux choses m’obsèdent : le bâton et la fameuse voie du boulevard du 20-Mai. Eh bien, pour le bâton, c’est une pâte de manioc emballée, avec des ficelles, dans des feuilles de raphia, longue de 3 ou 4 cm.

Son prix oscille entre 75 et 100 FCFA. Mon interlocutrice précise qu’on l’appelle miondo, communément appelé bâton de manioc. Pendant que j’échange avec elle, je vois des clients déballer le bâton de son enveloppe de feuilles pour l’accompagner naturellement du poisson. Il est très prisé des consommateurs et, selon elle, il rassasie plus que le pain et peut se conserver durant plusieurs semaines.

Quant à la voie, c’est celle avec qui j’ai sympathisé à Kaelly qui m’en a donné les raisons. C’est un passage réservé au président Paul Biya quand il se rend dans son palais d’Etoudi, construit par un architecte tunisien. Même quand le maître des lieux est absent du pays, personne n’y passe. Cette voie est surveillée par des éléments de la garde présidentielle (GP) qui se relaient. Ils sont aux alentours du boulevard en civil. Les Camerounais, m’a-t-elle dit, le savent tous et ils vivent cela depuis des années.

« Est-ce la même chose chez vous ? », me demande-t-elle. Je lui ai répondu que cela a existé chez nous sous une autre forme pendant la Révolution et lors de la Rectification intervenue après les événements sanglants du 15 octobre 1987, où certaines voies qui menaient à des bâtiments comme le Conseil de l’Entente étaient interdites à la circulation.

J’ai quitté Yaoundé sans avoir goûté le bâton, cette spécialité alimentaire de la zone du littoral, au Cameroun. Mon confrère, Gabriel Barois de la radio, à qui j’ai raconté ce qui m’est arrivé, n’a pas trouvé le bâton excellent et m’a confié qu’il l’a même abandonné dans son plat.

De Douala, dans l’avion en partance pour Ouaga, un flot de souvenirs revint à mon esprit. Depuis, je revois encore Yaoundé le jour, où le fourmillement dans les rues est une véritable ruche humaine. A la nuit tombante, la vie qui reprend son cours d’une autre façon : le maquereau cuit à la braise dont raffolent nombre de Camerounais. J’ai aimé la ville et peut-être qu’un jour j’y retournerai.

En attendant, mon rêve est de visiter l’Inde de Mahatma Gandhi et de découvrir le Gange, l’industrie cinématographique Bollywood avec ses acteurs tels que Shahrukh Khan, Aamir Khan et bien d’autres.

Justin Daboné

L’Observateur Paalga

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