ENFANTS EN SITUATION DE RUE AUX DEPUTES : "Aidez-nous à réaliser nos vœux"

mardi 1er février 2011 à 02h30min

L’heure est aux présentations de voeux. Le vendredi 28 janvier 2011, devant l’Assemblée nationale (AN), des enfants en situation de rue, plus communément appelés "enfants de la rue", ont présenté les leurs aux députés. Il s’agit d’un plaidoyer pour une meilleure prise en compte de leurs droits. A la tête de cette initiative, la Coalition des intervenants auprès des jeunes et enfants de la rue (CIJER), soutenue par le ministère en charge de l’action sociale, Plan Burkina, l’Union européenne et l’Assemblée nationale elle-même à travers le Réseau des parlementaires burkinabè pour la protection et la promotion des droits de l’enfant (REPRODEN).

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Tee-shirts au dos, en sandales et en souliers, grands comme petits, une trentaine de jeunes et d’enfants se sont massés devant les portes largement ouvertes de l’Assemblée nationale en cette fin de matinée de vendredi. Ils tenaient des banderoles.

Sur la première, on lisait "aidez-nous à réaliser nos vœux". Sur la deuxième s’étalait l’objet de leur présence dans l’antre des élus du peuple : "28 janvier 2011, journée de plaidoyer en faveur des enfants et jeunes en situation de rue au Burkina Faso". En face d’eux, sur les marches de l’entrée de l’hémicycle, des députés les observaient, avec à leur tête, le premier vice-président de l’Assemblée nationale, Naboho Kanidoua. A ses côtés, la coordonnatrice du REPRODEN, la député Aïssata Sidibé.

"On nous prend pour des braqueurs. Personne ne nous fait confiance"

Raphaël Belem, un garçon d’une dizaine d’années, s’approche devant le micro érigé devant lui pour délivrer aux députés le message de ses camarades, dans un français approximatif, mais au contenu poignant. "Ce que les gens pensent de nous, ce n’est pas que ce nous pensons de nous-mêmes, a-t-il dit. Nous sommes accusés à tort et à travers. On nous prend pour des braqueurs. Personne ne nous fait confiance.

On nous rafle. Nos droits sont souvent bafoués". Le message est on ne peut plus clair et le premier vice-président de l’Assemblée nationale, Naboho Kanidoua, représentant Roch Marc Christian Kaboré, l’a semble-t-il compris après que le jeune Raphaël le lui a remis sous les applaudissements et les flashs des appareils photo. Voici ce qu’il a en tout cas dit en réponse à ces jeunes gens : "Nous saluons cette démarche démocratique pour défendre vos droits. (…) Je vous assure que votre message sera examiné par l’Assemblée nationale. Dans le vote de la loi, le budget de l’Etat et les actions du gouvernement sur le terrain, nous prendrons en compte le contenu de votre message".

Applaudissements. Pour Oussmana Sawadogo, Secrétaire permanent de la CIJER, qui est à l’origine de cette initiative, "il faut que l’Assemblée nationale examine le message qui lui a été remis avec tout le sérieux. Parce que ce sont les enfants qui ont parlé, c’est l’avenir de la Nation qui est en train de bouger et il faut réagir en conséquence". La balle est donc désormais dans le camp des parlementaires.

Abdou ZOURE

Le Pays

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