DEVELOPPEMENT DU BURKINA : L’Eglise s’interroge sur son engagement

mardi 1er février 2011 à 02h31min

Du 7 au 11 février 2011, la Conférence épiscopale Burkina-Niger organise un colloque au Centre national cardinal Paul Zoungrana à Ouagadougou. Une semaine durant, il s’agira pour les prêtres, religieux et religieuses, décideurs politiques, partenaires au développement, fils et filles de l’Eglise, enseignants, chercheurs, hommes, femmes et jeunes d’horizons divers de réfléchir sur une thématique majeure : "L’Engagement de l’Eglise Famille de Dieu pour le développement du Burkina Faso". Toute une problématique qui en dit long sur la détermination de l’Eglise catholique à jouer pleinement son rôle de ferment dans la pâte pour un monde nouveau et plus digne de Dieu et de l’homme.

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La gloire de Dieu, c’est l’homme debout et digne. Mais aujourd’hui, dans le monde en général et au Burkina Faso en particulier, la pauvreté, la faim, les maladies, l’ignorance, le chômage …hypothèquent l’avenir de millions d’enfants de Dieu qui aspirent légitimement au bonheur. Tout comme le peuple d’Israël criant sa misère au désert et appelant de toutes ses forces un signe de Dieu, une multitude d’hommes et de femmes attendent d’être délivrés des chaines de la pauvreté et de la misère.

Conformément à la mission qu’elle a reçue du Christ d’œuvrer à la promotion intégrale de tout homme et de tout l’homme, l’Eglise catholique ne peut rester insensible face à tant de souffrance et de détresse humaines. En décembre 2010, nos pères évêques sonnaient déjà du tocsin dans leur message sur la célébration du cinquantenaire de l’indépendance du Burkina Faso.

Ainsi, écrivaient-ils : "Si tout progrès comporte des élus et des exclus, on peut dire qu’il a été jusqu’à présent, en Afrique en général et au Burkina Faso en particulier, un processus de paupérisation qui a mis en jeu des facteurs politiques, économiques, sociaux et culturels qui se sont renforcés négativement et ont creusé les écarts constatés dans un monde à plusieurs vitesses." (1) Le colloque qui se tient du 7 au 11 février 2011, placé sous le patronage de Son Excellence Mgr Vito Rallo, Nonce apostolique du Burkina Faso-Niger, et sous le parrainage du ministre de l’Economie et des finances, M. Lucien Marie Noël Bembamba, s’inscrit justement dans le prolongement de ce message.

Après 50 ans d’indépendance, il est bon que l’Eglise s’interroge sur sa contribution, son engagement dans les questions de développement et de promotion humaine. La rencontre vise deux (02) principaux objectifs : D’une part, analyser les pratiques actuelles de développement aux plans social, économique, culturel, théologique et pastoral et d’autre part, affiner les stratégies de l’Eglise en matière de développement pour plus d’impacts sur le terrain. Face à un environnement national, sous-régional et international qui se complexifie et se densifie au jour le jour avec les crises économiques, énergétiques, écologiques, les convulsions sociopolitiques…l’Eglise catholique veut être proactive.

C’est pour cette raison qu’elle convie toutes les forces vives : prêtres, religieux et religieuses, décideurs politiques, partenaires au développement, fils et filles de l’Eglise, enseignants, chercheurs, hommes, femmes et jeunes d’horizons divers, à une réflexion inclusive. Depuis plus de cent (100) ans, l’Eglise Famille de Dieu au Burkina est présente sur le terrain du développement aux côtés de l’Etat et des autres acteurs à travers de nombreuses réalisations dans les secteurs de la santé, de l’hydraulique, de l’éducation, de la promotion de la femme, de l’emploi…Le colloque permettra de dégager les forces et faiblesses des différentes interventions et de définir des orientations pour l’avenir.

La rencontre de février sera aussi une occasion d’en savoir davantage sur les concepts de Développement humain intégral, Cadre stratégique de lutte contre la Pauvreté (CSLP) et Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD), Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP), Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), etc. Toutes ces notions seront mises en relation avec les actions de l’Eglise pour en dégager une logique structurante. Chaque citoyen est donc exhorté à se joindre à la réflexion pour l’édification consensuelle de bases solides du vivre- ensemble.

Conformément à la politique d’autoprise en charge en vogue au sein de l’Eglise, une contribution minimale de 10 000 F CFA est demandée à tout participant. Face aux difficultés de la vie et aux nombreux défis qui pointent à l’horizon, l’Eglise famille de Dieu ne prône ni l’attitude passive de la résignation, ni celle exubérante du triomphalisme de mauvais aloi. Elle appelle plutôt à un réalisme éclairé par la foi et la raison.

C’est toute la portée de ces mots du Pape Benoît XVI : "Le développement humain intégral est étroitement lié aux devoirs qui découlent du rapport de l’homme avec l’environnement naturel, considéré comme un don de Dieu fait à tous, dont l’exploitation comporte une commune responsabilité à l’égard de l’humanité tout entière, en particulier envers les pauvres et les générations à venir" (2). Pour la réussite du colloque, le comité d’organisation se recommande à vos prières et sait compter sur vos soutiens de toute nature.

Renseignements et inscriptions : 50 37 00 34/ 75 82 40 23, www.ocadesburkina.org Arsène Flavien BATIONO Chargé de Communication/Plaidoyer OCADES Caritas Burkina

Note 1 : 50 ans de souveraineté du Burkina Faso : Quel avenir ? Message des Evêques du Burkina Faso, octobre 2010, page 23. 2 : Pape Benoît XVI, Encyclique Caritas in Veritate

Le Pays

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Vos commentaires

  • Le 1er février 2011 à 09:44, par danoisa
    En réponse à : DEVELOPPEMENT DU BURKINA : L’Eglise s’interroge sur son engagement

    QUE DIEU VOUS GUIDE MES CHERS EVEQUES

    Répondre à ce message

  • Le 1er février 2011 à 15:33, par Eric
    En réponse à : DEVELOPPEMENT DU BURKINA : L’Eglise s’interroge sur son engagement

    Très bel article. Agréable à lire. bocoup de courage à l’Eglise pour sa noble mission.

    Répondre à ce message

  • Le 1er février 2011 à 21:51, par corbbo
    En réponse à : DEVELOPPEMENT DU BURKINA : L’Eglise s’interroge sur son engagement

    Si tous les pretres catholiques etaient comme le pere Mauvais a Bittou dans les annees 90s,tout aura ete aussi beau.L’eglise burkinabe tout d’abord instrument colonial a pose les fondements de la 1ere classe intellectuelle en Hte-Volta de l’epoque puis plus tard du Burkina.Que d’ecoles baties a cote des eglises ou des chapelles !Le developpement humain passe ineluctablement par l’instruction.Face a un Etat sans les moyens adequats de sa politique de developpement des ressources humaines c’est l’eglise qui est toujours venue a la rescousse.Malgre tout a partir des annees 80,le nombre de mosques a beaucoup plus progresse.Les minarets ont pousse et le nombre de "guaribous" aussi,beaucoup plus vite.L’eglise doit continuer son oeuvre,la Famille de Dieu doit s’elargir et etre plus active meme dans les confins les plus recules.

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