VENT ET FROID D’HARMATTAN : Les conseils du pneumologue Georges Ouédraogo

jeudi 20 janvier 2011 à 22h54min

Les mois de décembre, janvier et février sont reconnus pour leurs lots de froid et de poussière. Chacun y va de sa manière pour se protéger : beurre de karité, habits chauds, etc. Pour en savoir plus sur les maladies opportunes et les précautions à prendre, nous avons rencontré le Docteur Georges Ouédraogo, médecin pneumologue à l’hôpital Yalgado Ouédraogo.

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"Le Pays" : Face à cette période critique marquée par l’harmattan et le froid, quels sont les conseils pratiques que vous pouvez donner aux citoyens ?

Dr Georges Ouédraogo : C’est vrai que la période que nous traversons est particulière en ce sens qu’elle est caractérisée par un froid qui s’accentue au fur et à mesure. Et le vent (harmattan) qui nous vient du Sahara, chargé de grains de sable, fragilise le corps humain. C’est pourquoi nous préconisons aux gens de bien se protéger en s’habillant chaudement, d’humidifier les muqueuses nasales en utilisant par exemple le beurre de karité, de porter des masques de protection tout en les nettoyant régulièrement. Les masques de protection doivent être à usage individuel.

Quelles sont les maladies opportunes à cette période et quelles mesures précautionneuses peut-on prendre ?

Cette période d’harmattan est propice à certaines maladies qui touchent, d’une part, la peau, l’appareil respiratoire et, d’autre part, les maladies qui touchent les méninges, d’où la méningite. En effet, le vent sec qui souffle entraîne l’assèchement de la peau et cela est plus perceptible chez les enfants. Les maladies que l’on peut avoir en ce moment sont les maladies cardio-vasculaires. Pour cette maladie, on a remarqué, à travers une étude faite au Nigeria, qu’il y a une augmentation des cas d’hypertension en cette période, peut-être que l’harmattan semble favoriser cela. Mais je n’en ai pas l’explication. Néanmoins, des études ont permis de constater qu’il y a beaucoup d’accidents vasculaires cérébraux liés à ce vent qu’on appelle l’harmattan.

Pour ce qui est de l’appareil respiratoire qui est spécifiquement mon domaine, il faut dire que toutes les muqueuses sont plus ou moins touchées pendant cette période parce qu’il y a une irritation des voies aériennes supérieures, au niveau du nez. Ce qui fait que c’est le moment où il y a une fréquence de rhinite ou de rhino-pharyngite, d’asthme, de bronchite, de grippe. C’est pourquoi, les personnes qui sont allergiques connaissent pendant cette période, des crises répétitives. Celles qui souffrent de l’asthme, de maladies liées aux yeux verront ces épisodes se répéter le plus souvent. Nous conseillons à ces personnes qui sont allergiques de prendre conseil avec leur médecin pour bénéficier de directives adéquates. Ces conseils doivent être adaptés aux individus. Ce qui n’est pas bon, c’est de se traiter soi-même. Il serait préférable de consulter un infirmier ou un médecin spécialiste en la matière au lieu de faire de l’auto-médication..

Est-il conseillé en ce moment de prendre un bain à l’eau froide ? Cette habitude n’a-t-elle pas des suites fâcheuses sur l’organisme ?

On voit, à travers l’actualité au nord, qu’il y a un moment au début de l’hiver où les gens vont se baigner, comme quoi, commencer l’année par un bain avec l’eau froide attire bénédiction. Je ne crois pas qu’a priori cela entraîne des maladies. Je pense plutôt qu’on peut se baigner à l’eau froide si l’organisme y est déjà habitué. Mais il faut éviter de se mettre dehors, à la merci de tout vent, pour prendre son bain si l’organisme n’y est pas habitué. Je crois qu’en ce moment, vous vous exposez aux maladies sus-mentionnées.

A propos de la pollution, le constat fait est qu’elle est de plus en plus grandissante dans nos villes. Quels risques court-on face à elle ?

La pollution de l’air ambiant en dehors de nos lieux d’habitation de même que la pollution interne dans nos maisons qui sont souvent sous- estimées ont des effets négatifs certains sur notre organisme. Cette pollution a des causes multiformes qui, entre autres, sont les gaz que les motos et voitures dégagent. Il y a aussi les industries dans nos villes qui rejettent des déchets qui polluent l’air ambiant, l’air que nous respirons ; sans oublier l’harmattan bien sûr. Toutes ces sources de pollution sont à prendre en compte. Nous pouvons éviter ou amoindrir la pollution de l’atmosphère en mettant dans nos motos et voitures du carburant de bonne qualité. L’impact de cette pollution interne et externe n’est pas négligeable. Selon les rapports de l’OMS, 5% des décès sont liés à cette gangrène. Elle a des conséquences fâcheuses sur la santé humaine. Elle engendre des maladies qui touchent soit la peau et les yeux, soit l’appareil respiratoire en passant par les méninges d’où découle la méningite. Il faut mettre tout en oeuvre pour être à jour des vaccinations qui sont gracieusement disponibles dans les centres sanitaires de notre pays. Nous pouvons, par ces mesures élémentaires, réduire les risques. Il ne faut pas hésiter à prendre attache avec un médecin face au moindre problème de santé. Je crois qu’ainsi, nous pourrons mieux prendre en charge notre état de santé même si nous sommes à une période critique de grande pollution.


Les bonnes affaires des vendeurs de vêtements chauds

Avec le froid sec qui sévit dangereusement, les vendeurs de vêtements contre le froid (blouson, pull-over, vestes, etc.) se frottent les mains. Voici le témoignage de quelques-uns à travers ce micro-trottoir.

Pascal Zongo : Actuellement, on ne se plaint pas. Le marché est mi-figue, mi-raisin. Le prix unitaire varie selon la bourse du client, entre 3000 et 5000 F CFA. Géneralement, nous donnons notre prix et le client donne le sien. Après discussion, nous parvenons à un consensus. C’est donc le prix conventionnel qui détermine le marché. Il n’y a pas de prix fixe.

Wendyam : En ce moment, le marché n’est pas rentable. Il y a une mévente. J’ai des habits de froid en grand nombre qui ne s’achètent pas.

Séni Billy : Je vends des blousons, des chapeaux, des gants, des manteaux. En gros, tous les habits qui protègent contre le froid et qui intéressent les clients. Actuellement, il y a une pénurie de marchandises. Cela est dû au fait que ceux qui partaient en pèlérinage à La Mecque ont beaucoup acheté. Et comme il n’y avait pas de nouvel arrivage, du coup, il y a rupture de stock. L’offre est inférieure à la demande. Or, c’est en ce moment que les clients sollicitent le plus les habits de froid. En plus, à un moment donné, on avait une insuffisance de balles de fripperie au niveau de notre source d’approvisionnement au Togo.

Boureima Ouédraogo : Présentement, mes articles s’achètent beaucoup. Je fais de bonnes affaires avec les clients. La preuve est que je ne mets pas trop de temps pour écouler mes marchandises. Les balles de fripperie viennent du Ghana. Actuellement, le stock de fripperie est épuisé chez mon ravitailleur.

Badiel : On ne peut pas dire que ça marche, mais ça va un peu. Actuellement, les habits pour se protéger contre le froid s’achètent bien ; les jeans, les pantalons, en fait les trucs lourds. L’affluence dépend des périodes. Pendant la saison chaude, on vend des blousons, mais c’est rare. Ce qui est sûr, actuellement ça va. les balles de fripperie viennent du Ghana, du Togo, du Bénin. On arrive à se ravitailler régulièrement.

Salif Ouangrawa :, Une bonne veste coûte au minimum 10 000 F CFA. En ce moment de froid, les vestes se vendent bien. Ce sont les nantis qui peuvent s’en procurer, au regard des prix fixés.

Ousmane (client) : C’est sans conteste que présentement, il fait très froid. J’ai eu la chance parce que j’ai pris des dispositions bien avant. J’avoue que les habits contre le froid coûtent cher actuellement. Or, la situation financière est compliquée de nos jours. Les commerçants profitent de la situation actuelle pour faire de bonnes affaires.

Rasmané Sanfo (client) : Le froid et le brouillard peuvent nous apporter des maladies. Pour se protéger, il faut porter des masques, des blousons, des pull-overs et aussi se procurer de couvertures pour se couvrir la nuit.

Propos recueillis par Roland KI (Stagiaire)

Le Pays

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