SECTEUR 18 DE OUAGADOUGOU : Des résidents virtuels réclament leurs parcelles

mercredi 19 janvier 2011 à 23h46min

Des résidents de la zone 17 du secteur 18 (Zongo) de Ouagadougou dans l’arrondissement de Boulmiougou ont tenu une assemblée générale le lundi 17 janvier 2011 dans la ladite zone. Leur objectif était de manifester leur mécontentement pour n’avoir pas été attributaires de parcelles, pourtant recensés, et de les réclamer au maire de l’arrondissement concerné.

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"Nous voulons nos parcelles, nous en avons assez d’attendre", proféraient une centaine de manifestants le lundi 17 janvier 2011 dans la zone 17 de Zongo, à notre arrivée sur les lieux aux environs de 8h 30 mn. Nous ayant aperçu, ils ont accouru vers notre micro, chacun voulant traduire son mécontentement. C’est dans ce brouhaha fait de cris et de paroles du genre "on ne peut plus attendre" que leur porte-parole, Ousséni Sidibé, tout en calmant ses camarades, a pris la parole pour nous expliquer les raisons de la tenue de leur assemblée. "Nous nous sommes retrouvés ici ce matin pour manifester notre mécontentement à l’endroit de la mairie de Boulmiougou. Nous ne sommes pas contents parce que nous avons été recensés depuis des années et nous n’avons pas encore nos parcelles.

A chaque fois que la commission d’attribution des parcelles de la mairie passe, elle nous fait comprendre que nous devons attendre le second tour. Chose que nous ne comprenons pas et que nous n’allons plus accepter d’ailleurs. Nous voulons nos parcelles un point deux traits". Pendant que Ousséni était en train de nous parler, Boukary Ilboudo ne s’est pas contenu et a lancé ceci : "Nous voulons nos parcelles. Cela fait un mois que nous sommes en train de manifester et personne ne nous écoute. Quand nous partons à la mairie, on nous fait comprendre que c’est la commission qui s’en charge. Cette dernière, elle, nous indexe la mairie. Ce matin nous voulons vraiment traduire notre ras-le-bol de la situation que nous vivons depuis des années".

A sa suite, Kargougou Eddi nous fait savoir qu’il est résident réel depuis 10 ans à Zongo et qu’il n’a pas encore été attributaire de parcelle. Pourtant, dit-il , il y a des étrangers qui n’ont jamais résidé dans la zone et qui ont des parcelles. D’autres même ont construit des villas selon lui. "Nous demandons à madame le maire de voir notre situation parce que ce problème a trop duré", a conclu M. Eddi sous le regard mécontent de ses camarades. Selon les manifestants, il n’y a que 10 personnes dans leur zone qui ont reçu leurs parcelles. Chose que dément le maire de l’arrondissement de Boulmiougou, Séraphine Ouédraogo, qui avance le chiffre de 179 attributaires. Elle explique par ailleurs que les manifestants sont des résidents virtuels, c’est-à-dire ceux qui avaient été recensés comme des non-résidents.

Ces personnes, a-t-elle dit, doivent attendre le second tour pour entrer en possession de leurs parcelles. Plus clairement, madame le maire explique que pendant le recensement, 3 catégories de personnes avaient été répertoriées : les résidents réels désignés par le numéro RR, les résidents virtuels par le numéro RV et ceux qui n’y résidaient même pas par le numéro I. "Au moment de l’attribution des parcelles, nous donnons la priorité à ceux qui sont RR. Ceux qui ont les lettres RV doivent attendre le second tour et la lettre I, le 3e tour", a ajouté Mme Ouédraogo avant d’affirmer que les manifestants du 17 janvier sont ceux qui ont la lettre RV. Pourtant, ajoute t-elle, tous les RR de ladite zone n’ont même pas été attributaires. Elle dément également le fait que les manifestants disent ne pas comprendre le sens de second tour parce que "des rencontres avec les populations de ladite zone ont été organisées pour leur expliquer le déroulement de l’opération d’attribution des parcelles". "Nous leur demandons de patienter parce que tout le monde aura sa parcelle. Nous ne voulons pas précipiter les choses, nous voulons aller lentement et sûrement pour ne plus avoir des problèmes dans ce quartier", a dit madame le maire avant de conclure qu’elle convoquera les manifestants le 18 janvier 2011 pour leur réexpliquer le déroulement de l’opération.

Yannick SANKARA

Le Pays

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