ROCH MARC CHRISTIAN KABORE, PRESIDENT DU CDP : "L’article 37 est antidémocratique"

lundi 8 février 2010

Le 6 février 2010, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) soufflait sa 14e bougie. 14 ans de règne sans partage sur la scène politique nationale pour ce parti d’obédience social démocrate. Cet anniversaire est célébré dans un contexte de préparation de la campagne présidentielle de novembre 2010. Mais la question qui taraude tous les esprits est la probable révision de l’article 37 de la Constitution qui limite le mandat présidentiel à deux. Pour le président du CDP, cet article sur la limitation est "antidémocratique". Retour sur une conférence de presse riche en informations

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Le parti au pouvoir a fêté son 14e anniversaire le 6 février dernier. Une conférence de presse a été donnée à cette occasion. Autour du président du parti, Roch Marc Christian Kaboré, les ténors. Dans la déclaration liminaire lue par Achille Tapsoba, secrétaire général du parti, il est question de cet événement historique qui a vu la fusion de l’ODP/MT et de la CNPP/PS, entre autres, pour donner forme au giga parti. Il a été aussi question de l’élection présidentielle de novembre 2010 à laquelle le parti se prépare. Point d’allusion directe au débat sur l’article 37. Cela n’échappe pas aux journalistes. Avant cette conférence, le CDP avait déclaré qu’il n’excluait aucun sujet sur les réformes politiques et institutionnelles. Les choses se précisent désormais.

Selon le président Roch Marc Christian Kaboré, "la limitation du mandat, dans son principe est antidémocratique. Il va contre le droit du citoyen à désigner qui il veut". Il va plus loin dans l’explication en argumentant que malgré toutes les thèses développées, le Burkina est bien dans un régime démocratique et qu’en la matière, le principe du débat contradictoire doit être respecté. Le patron du CDP fait allusion à certains responsables de l’opposition qui menacent de descendre dans la rue en cas de révision de l’article 37 au lieu de "bander les muscles". Et le président Roch de citer un sondage du Centre pour la gouvernance démocratique (CGD) qui dit que 52% des Burkinabè sont contre cette révision. "De quoi l’opposition a-t-elle peur alors, allons aux élections pour comprendre la réalité ?", a-t-il lancé. Sur la question, le CDP a ouvert le débat en son sein, une synthèse des propositions sera faite et le parti adoptera une position définitive. Quand ce sera fait, prévient le président du CDP : « nous allons rencontrer l’opposition et nous discuterons ». Cette révision de l’article 37 pose également la question de l’alternance et la faiblesse de l’opposition. Sur ce point, le CDP est catégorique. L’alternance « est un combat entre partis pour la conquête du pouvoir politique. C’est à l’opposition de faire son autocritique et éviter la courte échelle. » Pour le président du CDP, seule l’opposition détient la clé de l’alternance. Il constate cependant que « chacun veut tout pour lui au sein de l’opposition alors que l’implantation de son parti ne dépasse pas Ouagadougou. On a beau parler, il n’y aura pas d’alternance si l’opposition ne fait un travail politique dans le Burkina profond Le CDP va même jusqu’à donner des conseils à l’opposition : "nous les encourageons à s’unir." Et Simon Compaoré, vice- président du parti et président de l‘Alliance de la mouvance présidentielle d’ajouter "si ceux d’en face ne savent pas ce qu’ils veulent, nous, nous savons". Il a annoncé une conférence de presse le 11 février prochain de ce regroupement.

Vous avez dit alternance ?

Roch Marc Christian Kaboré s’est élevé contre la désinformation du public et a appelé les médias à restituer les faits. Il dit ne pas comprendre que quand un parti comme l’UNDD de Hermann Yaméogo propose des révisions substantielles de la Constitution, personne ne s’émeut. Mais quand le CDP fait des propositions dans ce sens, c’est le tollé. Il a tenu à rappeler que le vote des Burkinabè de l’extérieur était une revendication de l’opposition. Quand le CDP lui a emboîté le pas, il s’est entendu dire que c’est parce que le parti au pouvoir avait les moyens de battre campagne à l’extérieur qu’il a fait voter la loi. Aujourd’hui l’application de la loi est différée pour faute de moyens de l’Etat, l’opposition déclare que c’est parce que le CDP ne peut pas acheter le vote des Burkinabè de l’étranger que la loi ne sera pas appliquée cette année. La même logique a eu cours sur le financement des partis. C’est l’opposition qui a demandé de ramener le suffrage de 5 à 3% pour ne pas tuer les petits partis : "il y en a qui disent que même si c’est 1 franc, eux aussi veulent manger", a confié le président à la presse. C’est une loi consensuelle, tout comme l’adoption de la Carte d’identité nationale burkinabè comme document unique de vote, a soutenu le président du CDP par ailleurs président de l’Assemblée nationale

L’autocritique de Salif Diallo

Sur la vie du parti, les responsables du CDP se sont félicités du succès de leur dernier congrès tenu en juillet 2009 et qui a "tracé les orientations pour faire du Burkina un pays émergent à l’horizon 2020". C’est à ce congrès également, que la confirmation de la suspension de Salif Diallo, vice-président des instances du parti a eu lieu. Le président Roch Kaboré a annoncé officiellement que lors du dernier passage de l’homme à Ouagadougou, celui-ci a déposé sa lettre d’autocritique sur l’inobservation des règles de conduite du parti. Le bureau politique du parti se prononcera en son temps sur la suite à donner à cette lettre. Ce fut le lieu pour le premier responsable du parti de rappeler que Salif Diallo a été sanctionné pour sa "position aventuriste et qu’au sein du CDP" une fois que la position du parti est arrêtée tout le monde la défend. Il a précisé qu’il n’y a pas de courant au sein du CDP et que ceux qui ont voulu se comporter comme tel après la fusion de 1996 sont partis (Ndlr : allusion faite aux groupes des refondateurs).

Par Abdoulaye TAO

Le Pays

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