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Village artisanal de Ouagadougou : Une vitrine du savoir-faire burkinabè

Accueil > Tourisme • • vendredi 13 août 2004 à 11h31min

Le village artisanal de Ouagadougou (VAO) est le fruit de la Coopération entre le Luxembourg et le Burkina Faso.

Sa création a contribué à valoriser l’artisanat burkinabè, et à offrir un cadre plus convivial à de nombreux artisans dont les métiers étaient méconnus et parfois sous-estimés.

Ils sont environ neuf cent soixante mille (960 000) artisans (hommes et femmes) exerçant dans le secteur de l’artisanat au Burkina. Ce secteur qui contribue pour 30% au produit intérieur brut (PIB), avait besoin d’un appui et d’un espace pour regrouper ces artisans et leur offrir un cadre d’épanouissement. Le village artisanal a ouvert ses portes en mars 2000, et son inauguration officielle a eu lieu en marge du SIAO en octobre-2000. Environ quatre cent (400) artisans y travaillent dans vingt-cinq (25) corps de métiers.

"Il y a au sein de ce village artisanal une parfaite cohabitation entre artisans de la place et ceux venus d’ailleurs. Vous retrouverez des artisans venus de Koudougou, Ouahigouya, Bobo et d’autres localités du pays. C’est vraiment un regroupement des artisans de tous les corps de métiers", affirme Mme Patricia Badolo, gestionnaire du village artisanal de Ouagadougou.

Un cadre moderne d’expression artistique

Avec ses cinquante-cinq (55) espaces de production, neuf cent (900) m de voies piétonnières, le village artisanal présente une gamme très variée de produits artisanaux.

De la vannerie, en passant par les instruments de musique traditionnelle, la poterie, la céramique, le bronze, la bijouterie, la sculpture sur bois, le textile confectionné et non-confectionné, les boîtes touaregs etc. Un artisan désireux d’intégrer cet espace, soumet une candidature après avoir rempli une fiche d’inscription. Un comité de sélection examine cette candidature et procède à une présélection en tenant compte d’un certain nombre de critères.

Ces critères sont : la qualité du travail, le professionnalisme et le travail d’équipe. Ce comité examine les dossiers de candidatures s’il y a plusieurs, et sélectionne les meilleurs parmi les meilleurs qui seront retenus.

"Cette rigueur tient compte de nos capacités d’accueil et nous ne pouvons donner satisfaction à tout le monde" souligne Mme Badolo. Les artisans bénéficiaires d’un emplacement, sont soumis au départ à un contrat de location mensuelle des atelier qui s’élève à 50 000 F CFA.

Une commercialisation tournée vers les marchés extérieurs

Les produits commercialisés par le Village artisanal de Ouagadougou sont très compétitifs sur le marché international. Ils obéissent à des critères qui garantissent leur authenticité, leur origine et leur qualité de fabrication .

Les produits sélectionnés sont destinés à l’exportation et souvent présentés lors des foires d’exposition à l’étranger (Europe, Afrique, USA, Asie etc.). Les ventes locales se font sur place au niveau de la boutique située à l’entrée principale. Les périodes favorables aux ventes sont les vacances, et le SIAO qui drainent un grand nombre de visiteurs étrangers. "Depuis 2000, le chiffre d’affaire augmente d’année en année. Ce qui se présente comme une réelle satisfaction" affirme la gestionnaire Mme Patricia Badolo. Le perfectionnement des techniques de produit, le développement d’une saine concurrence, la recherche permanente d’innovation et de créativité, et une politique active de marketing et un bon positionnement sur les marchés extérieurs, font partie des objectifs prioritaires du village artisanal de Ouagadougou.

Des avantages, mais aussi des difficultés

Si le village artisanal offre un cadre idéal à la promotion des artisans, il leur permet également de participer à des foires d’expositions internationales.

Cette politique favorise un cadre d’échanges et de rencontres entre artisans burkinabè et ceux d’autres pays. "En dehors de ces avantages, nous rencontrons des difficultés pour la vente de nos articles" a fait remarquer Ali Kéré dessinateur-peintre. Tout en déplorant ces difficultés liées à la faiblesse des ventes, il reconnaît tout de même que les clients qui viennent visiter les ateliers apprécient favorablement leur travail, mais trouvent chers leurs articles par rapport à ceux qui sont vendus dans échoppes, et les boutiques d’antiquaires.

"Nous sommes obligés de monter les enchères sur les prix et nos articles parce que nous sommes liés à l’administration du village par un contrat de location mensuelle de 50 000 F CFA CFA, et en plus nous assurons d’autres charges comme l’eau et l’électricité". Pour le non-respect des clauses, le contrat est résilié au profit d’un autre demandeur.

"Nous sommes souvent obligé de jongler en dehors de nos maigres recettes, pour réunir un montant correspondant à la location, afin de respecter les délais". Même son de cloche chez Alamassou Traoré, céramiste au VAO, qui souhaite une révision à la baisse des frais de location. "Nos produits se vendent à compte-gouttes, et les objets exposés à la boutique subissent une majoration de 15% sur les prix. Nous avons parfois des difficultés pour nous en sortir" affirme M. Traoré, la mine crispée devant ses étagères de vases et de pots de fleurs céramiques. Amadé Ouédraogo, maroquinier au Centre national d’artisanat d’art qui n’a pas voulu intégrer le village artisanal pour des raisons personnelles estime se sentir mieux dans son environnement.

L’artiste-peintre-batikier Issouf Siénou qui exerce dans un coin du CNAA sous des arbres dit n’avoir pas intégré le village artisanal de Ouagadougou suite aux propositions qui lui ont été faites : opter pour rester au CNAA et ne pas prétendre à un emplacement au VAO. Moumouni Sawadogo, vendeur d’objet d’art en bronze en bordure de rue est catégorique dans son propos : "Le Village artisanal n’est pas fait pour des artisans de notre catégorie" s’exclame-t-il, tout souriant.

Malgré ces avis divergeants, le village artisanal de Ouagadougou a permis à bon nombre d’artisans de sortir de l’anonymat à travers des voyages d’études et d’échanges, une somme d’expériences et d’expertises acquises.

Privat OUEDRAOGO
Sidwaya

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