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Sinistrés du 1er septembre : 30 Novembre, fin de séjours sous les tentes

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Inondations au Burkina • • vendredi 16 octobre 2009 à 15h02min

Après les écoles, puis les tentes, les sinistrés du 1er septembre doivent s’apprêter à partir vers des hébergements définitifs au plus tard le 30 Novembre 2009. C’est la substance de la conférence de presse organisée par le gouvernement burkinabè le 15 Octobre dernier.

Le 1er septembre 2009, le Burkina Faso a connu l’une des plus grandes catastrophes de son histoire. Plus de 263 millimètres d’eau sont tombés dans la capitale du pays des hommes intègres ainsi que dans plusieurs autres localités en moins de douze heures. Evidemment, le pays n’était pas préparé à recevoir une telle quantité d’eau en si peu de temps. Donc, un nombre important d’infrastructures n’a pas supporté cette surprise. Plus de 23 000 maisons d’habitation se sont écroulées faisant environ 150 000 sans abris. Des ouvrages publics tels que douze ponts, deux barrages ainsi que le centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo n’ont pas résisté à la furie des eaux. Plusieurs mobiliers, véhicules ont été détruits si non emportés. De nombreux bâtiments publics ont été inondés, des documents importants perdus à jamais.

Au vu d’une telle catastrophe, le gouvernement n’avait d’autre choix que de prendre le problème à bras le corps. Pour la gestion du sinistre, il s’est alors imposé une stratégie en trois phases. Il a d’abord procédé au relogement des sans abris dans des établissements. Il a aussi pris des mesures « appropriées pour enrayer tout risque » de déclenchement d’épidémies. La rentrée scolaire étant là, il a procédé au déplacement des sinistrés dans des sites alternatifs. De ce fait, il a pu acquérir 2035 tentes afin de libérer les établissements scolaires. Ces tentes, offertes par des partenaires mais aussi achetées par le gouvernement ont été dressé à divers endroits des communes de Ouagadougou, de Saaba de Komsilga et Kaya. Les espaces d’accueils ont été viabilisés. De 60 000 personnes hébergées le 20 Septembre, ils ne sont plus que 14 470 à vivre sous les tentes aujourd’hui. Et même des écoles sont installées dans ces sites. Actuellement 1911 élèves poursuivent leur scolarisation dans ces sites.

Passé l’orage, on s’interroge désormais sur le retour à une vie normale pour ces familles qui ont tout perdu du jour au lendemain. C’est la réponse à cette question qui a constitué l’essentiel de la conférence de presse tenu ce 15 Octobre par le premier ministre Tertius Zongo. Cette réponse est la plus attendue par les victimes de ce qu’il convient d’appeler désormais « le 1er Septembre » mais aussi la plus complexe. L’harmattan avance à grands pas et il faut trouver un domicile. Le relogement définitif de ces sinistrés est pourtant en marche.
Les sinistrés quitteront les sites le 30 novembre. D’ici là les mesures seront prises pour leur trouver un local si ce n’est déjà fait.

Les sinistrés à Signonghin

En effet, le gouvernement va dégager et viabiliser environ 15 000 parcelles de 200 mètres carrés dans l’arrondissement de Signoghin dans les villages de Yagma, Basséko et Dar-es-Salam. C’est donc dire que très prochainement ils déménager une fois de plus.

Mais les enfants qui étaient scolarisés dans les sites alternatifs d’accueil, que deviendront-ils ? C’est l’une des questions qui est revenue lors de cette conférence de presse. Sur ce point le Premier Ministre s’est voulu rassurant. Des mesures idoines seront pries en temps opportun pour les recaser dans d’autres écoles. Et qu’en sera-t-il des « faux sinistrés » qui voudront profiter de la misère des autres pour se faire une place au soleil ? Cela a déjà été géré par les conseils d’arrondissement. Aussi certains voudront profiter de la situation pour acquérir des parcelles. Pas question, a martelé le PM. Il est même prévu des sanctions pour ceux qui voudront prendre des parcelles pour revendre par la suite. C’est donc un langage de fermeté que compte adopter le gouvernement afin de parer à toute éventualité. Cela est dit, mais faudrait-il qu’il se traduise en actes concrets sur le terrain.

Pour un retour à une vie normale, les sinistrés ont besoin de soutien de tous. Pour cela, l’Etat a prévu de les appuyer dans leur réinstallation. Cette aide sera accordée essentiellement en matériaux mais le fait de loger dans les sites n’est pas un critère déterminant pour bénéficier des avantages offerts par le gouvernement. Qu’il soit dans les sites d’hébergement ou dans une famille d’accueil, personne ne sera oublié, a affirmé le Premier ministre.

Mais « le gouvernement exclut de reconstruire des habitations au profit des sinistrés », a précisé Tertius Zongo. Mais les parcelles seront octroyées par ménage et non par maisons tombée. Et seuls ceux qui étaient propriétaires en bénéficieront. En plus, pour le démarrage de la construction, ils pourront bénéficier de 280 000f maximum. Quant aux sinistrés qui étaient en location, ils auront la somme de 50 000f pour le loyer des premiers mois. Malgré la modestie des aides à la reconstruction, il ne sera pas question de laisser les sinistrés retourner « réinstaller des habitations dans des zones submersibles ou inondables », précise le chef du gouvernement. Parmi les maisons tombées, près de 1400 étaient en zones lotes mais submersibles. En zones non loties, environ 11500 se trouvaient en zones inondables. C’est donc dire que tous ceux-ci ne doivent pas retourner sur ces sites. Un décret a été pris en conseil de ministre le 14 octobre pour interdire la construction dans ces zones dites submersibles.

Mais le relogement de tout ce monde demande donc des moyens importants. Les besoins urgents sont estimés à plus de 33 450 000 000f. Cela ne prend en compte que les volets assainissement en eaux pluviales, l’aménagement des sites l’hébergement des sinistrés, la réhabilitation des bâtiments publics et l’aménagement et la viabilisation des sites alternatifs ainsi que le relogement et la reconstruction. A cela, il faudra nécessairement ajouter la nourriture, les soins de santé et bien d’autres dépenses. Pour cela, le gouvernement évalue l’ensemble des besoins pour la gestion de la catastrophe à environ 80 milliards de nos francs. Et il compte sur la solidarité nationale et internationale.

Une solidarité qui continue de se manifester au palais de Koulouba depuis l’appel du président du Faso le 7 Septembre dernier. Au soir du 15 octobre, le montant des contributions s’élevait à près de 9 milliards de nos francs dont une contribution de 5 milliards du gouvernement. Il faut le rappeler, cet argent n’a pas encore été touché selon Tertius Zongo. C’est le gouvernement qui assure les dépenses courantes en attendant qu’une commission de gestion soit installée. C’est ce comité qui s’occupera de la gestion de ce fonds de solidarité en « toute transparence ».

23 morts sur l’ensemble du pays

Malheureusement, la catastrophe du 1er Septembre ne s’est pas limitée qu’aux dégâts matériels. 23 personnes y ont perdu la vie dont 9 à Ouagadougou, 11 dans la boucle du Mouhoun, 2 dans le Centre-Nord et une personne dans le Centre-Est.

Des ponts, des barrages ont cédé face à la furie des eaux et sont en voie de reconstruction. A présent, l’heure est à la reconstruction. La grande question à laquelle le gouvernement n’a pas encore trouvé de solution, c’est « le cas Yalgado ». Le centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo est fermé depuis ces pluies diluviennes qui ont endommagé un nombre important de machines et englouties certains bâtiments. Certains services ont été délocalisés dans les CMA et le centre hospitalier Charles de Gaulle. Mais ces centres sont trop petits pour contenir les services de Yalgado. Alors, une autre solution est en vue. Il s’agit de délocaliser ces services sur un nouveau site derrière le laboratoire national de santé publique. Les travaux de terrassement ont déjà démarré afin de construire des bâtiments qui abriteront ces services.
La réhabilitation des autres infrastructures notamment les ponts sont à une étape très avancée.

Il faut retenir que les inondations n’ont pas concerné que la capitale même si elle a payé le plus lourd tribut. Dans les autres localités, environ 32 600 maisons sont tombées. Maintenant l’heure est à la reconstruction et donc à la libération des sites d’accueils.

Moussa DIALLO
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 17 octobre 2009 à 19:25, par Tapsoba en hollande En réponse à : Sinistrés du 1er septembre : 30 Novembre, fin de séjours sous les tentes

    Cette fois je reconnais le gouvernement de mon pays à travers la gestion de cette crise et je vous tire mon chapeau Mr le PM.Depuis le début jusqu à nos jours,vous avez été toujours constant dans votre quête de solutions immédiates et pérennes liées à la catastrophe même si d aucun verront un calcul politique vu l approche de l année électorale.Peu importe ,l essentiel est qu il y ait d espoir pour des milliers de victimes et à partir de maintenant ,on peut dire sans embage que c est devenu une réalité.Aux bénéficiaires de gérer en bon escient les aides pour ne pas se retrouver dans une autre engrenage de déconvenues.

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