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Grève à l’université de Ouagadougou : La nécessité d’un effort supplementaire du gouvernement

Accueil > Actualités > Opinions • • mercredi 17 juin 2009 à 02h09min

La première quinzaine de ce mois de juin 2009, il y a eu trois opérations de communication majeures menées par le gouvernement afin de rendre compte aux citoyens de son action :

il s’est agi du point de presse conduit par le ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat, Soungalo Ouattara, entouré de ses collègues concernés par la question, des prestations du Premier ministre, Tertius Zongo, sur les ondes de la Radiodiffusion et Télévision nationale et face à l’ensemble de la presse nationale et internationale à l’occasion du deuxième anniversaire de sa nomination à la tête du gouvernement.

C’est donc deux semaines bien fournies en matière d’informations en provenance du pouvoir exécutif. On ne peut que s’en réjouir, du moment que le gouvernement fait effectivement ce qu’il doit faire, à savoir rendre compte aux citoyens de ce qu’il fait. Certains de ces derniers estiment leurs attentes satisfaites et d’autres, par contre, trouvent que c’est de la poudre jetée à leurs yeux.

Si cette démarche du gouvernement peut avoir pour souci de convaincre les gouvernés, la préoccupation principale doit être de rendre compte à ceux qui l’ont mandaté. Il n’y a pas matière à chercher coûte que coûte à convaincre. En effet, il est du devoir des gouvernants de rendre compte, mais il est aussi et surtout du droit des gouvernés d’apprécier ou de déprécier ce compte rendu.

Cela étant, les explications gouvernementales sur les efforts de l’exécutif pour résoudre les problèmes de l’université sont, à notre sens, assez palpables. Nul besoin d’entrer dans les détails, puisque l’occasion a été donnée à chacun de les entendre et de se faire sa petite idée. Maintenant en toute sérénité, la question que l’on est en droit de se poser est la suivante : si les efforts déployés par le gouvernement sont palpables, est-ce à dire que le Syndicat autonome des enseignants-chercheurs (SYNADEC) doit appeler à la reprise des cours ? En principe oui.
Pourquoi un effort supplémentaire ?

Cependant, si cette décision n’est pas prise par le SYNADEC, il revient au gouvernement la responsabilité de rechercher d’autres solutions, c’est-à-dire de déployer davantage d’efforts soit en termes de négociation, soit en termes de satisfaction de certaines revendications d’ordre financier. Pourquoi ? nous demanderiez-vous. Les raisons sont bien simples : on est tous d’avis qu’il est du devoir de l’Etat, incarné par le gouvernement, de s’occuper de l’éducation (de la population) en tant qu’activité de service public qui incombe au premier chef à l’Etat, une institution de service public. Compte tenu des réalités économiques d’un Etat comme le Burkina, l’accomplissement de cette mission de service peut être délégué, en partie, au secteur privé.

C’est pourquoi, en plus de l’offre éducative d’Etat, il y a celle du privé. Cependant, faut-il le préciser, cette contribution du secteur privé a trait à l’opérationnel, le stratégique incombant à l’Etat. Autrement dit, la conception de la politique de l’éducation est le fait de l’Etat (même si le privé et les ONG doivent être consultés) tandis que, dans la mise en œuvre de cette politique, des individus ou groupes d’individus peuvent fonder des établissements d’enseignement.

Ce faisant, si la situation à l’université de Ouagadougou continue à se dégrader, cela engage plus la responsabilité du gouvernement que celle du SYNADEC. A côté de cet argument, il y a que, si l’Etat de droit démocratique a créé des institutions démocratiques et en a fait la promotion du point de vue de l’image et des avantages des acteurs de ces institutions, on ne peut pas en dire autant d’autres secteurs comme l’éducation et la santé. Bien que des efforts aient été faits, ils n’ont pas été de même importance que pour les institutions démocratiques.

Certes, augmenter les salaires ou les indemnités de session de 100, 150 ou 200 députés est moins compliqué que de satisfaire la plate-forme revendicative de cinq, dix, voire quinze mille agents. La difficulté tient à deux choses : d’abord, quinze mille est un nombre important au regard des contraintes budgétaires, et, ensuite, satisfaire la plupart des revendications peut engendrer une inflation de la part des autres catégories socioprofessionnelles.

En dépit de ces arguments, il faut reconnaître que la situation des enseignants n’est guère enviable. Bien que le risque de cristalliser les passions du côté de l’Assemblée nationale existe, comparons tout de même la situation de l’enseignant à celle du député. Ce qui importe, ce n’est pas le député en tant qu’individu, mais le député en tant qu’il est membre d’une institution, démocratique. C’est donc l’institution qui est concernée, pas les individus. De plus, il faut avouer que, si certains députés mériteraient de gagner plus d’argent qu’ils n’engrangent aujourd’hui, le nombre de ceux qui sont en deçà de leur salaire n’est pas négligeable.
Les enseignants, ces parents de type nouveau

Dans le secteur éducatif, les différents personnels travaillent à enseigner, c’est-à-dire à instruire et éduquer nos enfants. Car nous n’avons pas le temps et/ou la compétence pour nous en occuper. Ainsi, ces personnels deviennent des nourrices, des vigiles, des médecins et, quelque part, des parents pour nos propres enfants, notre postérité et avenir de la nation tout entière. Or, quand on regarde la situation des enseignants d’aujourd’hui, elle est vraiment pitoyable.

Qui ne s’est pas encore retrouvé gêné devant son ancien(ne) professeur par son état de dénuement matériel et de délabrement physique alors qu’il y a 30 ans on l’admirait et il (elle) suscitait des vocations ? On ne peut pas dire dans l’absolu que c’est l’Etat qui est la source de son malheur, mais il y a sûrement sa part de responsabilité.

Face à cela, on a des institutions démocratiques qui, même si leur existence est légitime dans une société démocratique, sont bien plus avantagées que le secteur de l’éducation. Par ailleurs, beaucoup d’animateurs de ces institutions sont payés à ne rien faire ou à faire moins que ce qui est attendu d’eux. Du coup, certains citoyens ont raison de penser que ce sont des sinécures qui leur sont servies. Pire, il y en a qui vont jusqu’à réclamer leur dissolution. Ce qui est naturellement antidémocratique, même si c’est compréhensible.

ZK

L’Observateur Paalga

Vos commentaires

  • Le 17 juin 2009 à 18:39 En réponse à : Grève à l’université de Ouagadougou : La nécessité d’un effort supplementaire du gouvernement

    Dans un style d’intello mal dégrossi, vous tenter de faire de la gymnastique intellectuelle pour enfin de compte conclure sur une note obscure. Ne vous meprenez pas sur votre lectorat . Derrière ce discours peu cohérent et cet arguments peu convaicants, vous tenter de faire partager un point de vue sans en avoir le courage.
    Les universitaires , ça ne court pas les rues. Donc un peu de respect pour eu et ce qu’ils font.

    Répondre à ce message

  • Le 17 juin 2009 à 19:58, par paul En réponse à : Grève à l’université de Ouagadougou : La nécessité d’un effort supplementaire du gouvernement

    Et quel effort supplementaire le Synadec doit-il faire ? L’article aurait demontre comment les deux acteurs (gouvernement et Synadec) devraient chacun de son cote faire des efforts pour resoudre la crise. Toujours le gouvernement, encore le gouvernement, et encore le gouvernement, et plus encore le gouvernement doit s’efforcer de trouver des solutions...Quel est l’effort quele Synadec doit faire pour resoudre la crise ? Ne rien faire ? Attendre que le gouvernement trouve tout seul des solutions a la crise ???

    Répondre à ce message

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