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Réouverture de Rood Woko : C’était hier !

Accueil > Actualités > Economie • • vendredi 17 avril 2009 à 03h35min

Ça y est ! Le moment tant attendu par les commerçants est enfin arrivé. Le grand marché, Rood Woko, a rouvert ses portes. C’était hier 16 avril 2009, au cours d’une cérémonie officielle riche en sons et en couleurs et présidée par le Premier ministre, Tertius Zongo.

« Comme le disent les Ecritures saintes, il y a un temps pour toute chose sur cette terre. Le jour tant attendu est arrivé ». Ainsi était libellée la phrase d’attaque du discours du bourgmestre de la capitale du Pays des hommes intègres, Simon Compaoré, qui attendait certainement cette occasion depuis bien longtemps. N’y a-t-il pas eu des gens, ayant le sens de l’humour, qui ont toujours avancé que la chute brutale de la chevelure du maire de Ouagadougou a débuté avec l’incendie du marché Rood Woko ? En tout cas, force est de constater que s’il y avait un monsieur dont le visage rayonnait de fierté, hier, dans la tribune officielle, c’est assurément Simon Compaoré.

La même joie était aussi visible chez les commerçants qui ne voulaient pas rater la moindre parcelle de la cérémonie de réouverture du plus grand marché du Burkina. Comme il fallait donc s’y attendre, le maire de la ville de Ouagadougou a montré plus de verve dans son adresse à l’assistance. L’occasion était également belle pour remettre au goût du jour les propos qu’il a toujours tenus, depuis le triste jour [Ndlr : 27 mai 2003] que la presse avait qualifié légitimement de « Mardi noir ».

Morceaux choisis dans son discours : « 2003 à 2009…six longues années qui ont donné libre cours à toute sorte d’élucubrations, des plus vraisemblables aux plus farfelues, des paroles d’intentions, des accusations gratuites, des déclarations sans fondements et autres invectives, qui n’ont point réussi à ébranler notre détermination ». Et pendant que certains s’échinaient à rechercher les solutions, a poursuivi le grand orateur du jour, « d’autres personnes [Ndlr : qu’il ne nomme pas], s’employaient à faire échec à toute entreprise visant à réhabiliter le marché ».

Ce qui n’a pas empêché, selon Simon Compaoré, l’avènement du 16 avril 2009, « jour de gloire pour l’ensemble des acteurs dont les efforts conjugués » ont permis la réouverture de Rood Woko. L’édile de Ouagadougou s’est dit reconnaissant à l’égard de tous ceux qui ont œuvré, aux côtés de la commune, à la réhabilitation de ce qu’il est convenu d’appeler le poumon économique de la capitale. Est de ceux-là, l’Agence française de développement (AFD) « sans laquelle, rien n’aurait été possible ».

En effet, cette institution, dont le directeur général, Jean Michel Sévérino, était présent à cette cérémonie, a, pour la reconstruction du marché, consenti un prêt de 1 311 912 000 FCFA (remboursable en 15 ans avec 5 ans de différé et à un taux de 2,48% l’an) et une subvention non remboursable de 2 066 261 400 FCFA. Pour Simon, grâce à cet important sacrifice financier de l’AFD mais aussi de l’engagement du gouvernement burkinabè, de la commune, des structures associatives et syndicales des commerçants, le défi, « qui était du domaine de l’impossible pour certains au lendemain de l’incendie, a été relevé ». Les travaux ont consisté, entre autres, à la reconstruction du plancher d’étage, des boutiques d’étage, à la substitution des échoppes aux tables, au réaménagement des secteurs 1, 2, 3 et 4 de l’ancien hall, etc.

« A partir de maintenant mes cheveux vont repousser »

Toutes ces œuvres ont été exécutées par l’entreprise Sol Confort et Décor. Et à en croire le représentant de la maîtrise d’ouvrage, Dieudonné Ouango, la qualité des travaux ne souffre d’aucun débat. A cela, il faut ajouter le pavage des voies alentours (de type vieille ville), réalisé par Yelhy Production sous la direction du Dr Beli Biyen, sur financement de la mairie. Alors, si un homme aussi exigeant que Simon Compaoré est satisfait d’un travail, qu’en sera-t-il des bénéficiaires donc ?

Toujours est-il que la sincérité chuintait des propos de tous les représentants des commerçants qui se sont succédé à la tribune et qui n’ont pas été avares en compliments à destination du maire, du gouvernement, du Moogho Naaba et (c’était le jour du politiquement correct) du … Président du Faso. Ces derniers n’ont surtout pas manqué de saisir l’opportunité de la cérémonie pour exprimer leur gratitude aux autorités et à l’AFD qui leur ont permis de retrouver leur centre d’affaires.

Ce, à travers leurs représentants que sont el hadj Issaka Kafando, le président des locataires du marché, et Habibou Sana pour la section des femmes de Rood Woko. L’on comprend donc cette promesse de l’architecte en chef de cette renaissance, le surnommé « Tébguéré » par les Ouagalais, qui a achevé son propos en ces termes, déclenchant une hilarité générale : « Désormais, les cheveux de Simon Compaoré vont commencer à repousser ».

Le plus dur est donc passé. Dès aujourd’hui [17 avril 2009], selon le président de la Commission de réinstallation, Jean Christophe Ilboudo, 1er adjoint au maire de la commune de Ouagadougou, les commerçants, suivant un programme précis, commenceront à occuper leurs emplacements. Mais ces occupants savent que plus rien ne sera comme avant.

La compagnie de théâtre Marbayassa, avec à la rescousse les principaux acteurs du feuilleton « Commissariat de Tampy », ont, dans un sketch à faire mourir de rire, montré quelques interdits à ne pas transgresser. Pas d’installations anarchiques, accès interdit aux marchands ambulants, défense de servir de la nourriture dans les allées ou de faire des ablutions pour la prière. Pour l’exemple, dans une scène, un acteur qui a violé la dernière interdiction citée a vu sa bouilloire confisquée.

Issa K. Barry & Hamidou Ouédraogo

L’Observateur Paalga

Vos commentaires

  • Le 17 avril 2009 à 12:36, par SF En réponse à : Qualités des services aux consommateurs à Roodo Woko

    Bravo au Maire de la commune de Ouagadougou et au conseil municipal pour avoir mener ce projet à termes.
    Toutefois s’il n’y a aucun doute que les dispositions ont étés prises pour assurer la sécurité de l’infrastructure, je voudrais attirer l’attention des gestionnaire du Marché sur la nécessite de profiter de cette réorganisation pour mettre en place des mécanismes garantissant la qualité des service et des produits proposé dans ce marché qui doit être une référence pour tous les autres marchés.
    Je veux notamment insister sur la qualité des produits alimentaires qui entrerons dans ce marché, il faut absolument que le marché est un service de contrôle de qualité en collaboration avec le laboratoire national. Les conditions de stockage et de présentation devront respecter des normes minimales. Le consommateur devra être confiant quand il achète des produits dans le marché le plus moderne du Burkina.
    Toutes mes félicitations et mes encouragements au gestionnaire de Roodo WOKO !

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  • Le 17 avril 2009 à 17:14, par Tiregma Ouedraogo En réponse à : Réouverture de Rood Woko : C’était hier !

    S’il vous plait la. C’est quoi cette dette de 1 milliard à rembourser pendant 15 ans devant provenir nécessairement de AFD ? Et en plus le plus grand marché de Ouagadougou et le plus grand en infrastructure de tout le BFA. Dans tout le BFA aucun opérateur économique ni une association de ces derniers ou même l’État à lui seul ne peut financer un projet, ’un poumon économique’, de cet envergure ? Il faut qu’une agence aussi suceuse soit-elle par son appellation vienne tout comme les autres grands suceurs de l’Afrique (FMI, Banque Mondiale)nous endetter, Je suivais encore dans l’actualité un projet pour l’Afrique de la part de ces derniers pour le développement du transport aérien en Afrique. Mais franchement on va s’endetter à vie pour réussir comment la ? Voici une idée à laquelle les fortunés qui ne savent que faire de leur argent que de laisser leurs enfants en éclater des milliers par soir. Si des air france et des royal air maroc doivent continuer sillonner nos aéroports avec des fréquences de vols lucratives et que nous ne comprenons pas encore l’économie qu’il y a à faire dans cet industrie c’est encore grave.

    Juste pour revenir à l’article en question, Je trouve cette action de la part du gouvernement et la mairie centrale indigne. Des mendiants, encore moins valeureux que les talibés des écoles coraniques du Sénégal et ailleurs qui souffrent même dans la mendicité. Vraiment vous faites fonctionner le pays comme une compagnie ? vous contractez des dettes dont le remboursement doit s’échelonner sur un échelle de temps qui est presque le quadruple de votre mandat à la tête de la municipalité.

    Aux commerçants qui doivent occuper les lieux moyennant des sommes ou pas, vous comprendrez que les simples règles d’hygiènes et l’application des règles de sécurité ont eu et auront toujours raison de votre zèle et de votre insouciance et vos comportements hors-loi.

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    • Le 18 avril 2009 à 14:47, par william En réponse à : Réouverture de Rood Woko : C’était hier !

      Mr Ouedraogo, c’est facile de toujours vouloir critiquer. As-tu lu l’article au complet ? L’AFD a consenti un prêt de 1 311 912 000 avec un taux d’interet de 2.48% pour 15 ans. Et Une subvention NON REMBOURSABLE de 2 066 261 400. J’ai essayé de faire un simple calcul pour voir les intérets que la Mairie va payer pour faire la différence de la subvention. Pour cela, j’ai utilisé la formule simple donc non composé pour le calcul d’intéret. Dans 15 ans la mairie va payer 448 031 264 donc si on enlève dans le montant de la subvention les intérêts à payer, la mairie va gagner 1 578 230 136 FCFA !!! Donc, de grâce évitons de toujours critiquer pour critiquer. Disons donc merci à l’AFD sans elle, je pense que ROOD WOKO allait rester pour longtemps dans les oubliettes.

      Merci donc pour l’AFD

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      • Le 19 avril 2009 à 20:38, par Ouedraogo Tiregma En réponse à : Réouverture de Rood Woko : C’était hier !

        Mr William. Mon message est une critique certes, mais je me réjouis autant que vous que Rood Woko soit réouvert. Il s’agit d’une critique constructive à mon avis. Vous savez, c’est les petites dettes qui au fil des années s’accumulent pour devenir des remboursements faramineux. Écoutez, ce n’est pas le seul projet majeur en infrastructure pour lequel des dettes doivent être contractées. J’en ai appelé au bon sens des commerçants pour que nos autorités n’aient pas justement à toujours à contracter des dettes pour réparer des infrastructures pour lesquelles ils sont les responsables premiers de saine gestion. Cela s’applique à tous les projets viables auxquels jouissent la grande majorité d’entre-nous. Ce n’est nullement une histoire de facilité de critique vu que je fais une suggestion en remettant en question l’existence des opérateurs économiques (Je ne parle pas d’un seul mais une association de ces derniers).

        Maintenant votre calcul vs mon calcul. Nous ignorons s’il s’agit d’un intérêt simple ou composé ou par versement égaux +intérêts... Bref on y va avec le simple. Pour cela lisez bien la phrase : « …un prêt de 1 311 912 000 FCFA (remboursable en 15 ans avec 5 ans de différé et à un taux de 2,48% l’an)… » Donc avec 5 ans de différé on tombe à 20 ans. Ça veut simplement dire qu’on décale le premier paiement de 5 ans histoire d’attendre les retombés d’opérations du marché. Avec un calcul simple on a 1 311 912 000 x 2.48% x 20 ans ; ce qui donne 650 708 352 FCFA. Donc un remboursement prêt + intérêt de 1 311 912 000 FCFA + 650 708 352 FCFA ; ce qui donne 1 962 620 352 d’où le montant total à rembourser. Ce calcul est pour l’intérêt simple et devra s’arrêter là Mr William. La mairie ne gagne rien comme vous semblez le préciser. Parce que si on doit tenir compte de la subvention, le coût total du projet s’élève à 3 378 173 400 ; soit le montant du prêt + la subvention non remboursable. (‘Vu que le projet coûte xxxxyyyy FCFA, l’AFD subventionne xxxx FCFA et vous prête yyyy FCFA que vous devez rembourser’). Tous ce que la marie et la population gagne c’est un bâtiment d’une telle valeur monétaire, et des économies significatives à long terme après remboursement de la dette.

        Cependant si on suppose que mon raisonnement est faux (ce qui m’étonnerait) au niveau du 5 ans de différé, on devrait considérer 15 ans. Dans ce cas le total des intérêts n’est pas juste il est de 488 031 264 FCFA et non 448 031 264 FCFA. Considérons que ce soit une erreur de calcul. La finalité reste la même, soit prêt + intérêts à rembourser.

        Sachez enfin que je me réjouis de la réouverture du marché. Une fois de plus veuillez reconsidérez mon message précédent, vous verrez que je critique de façon objective avec une ouverture de suggestion. Tous les organismes qui financent les projets dans notre pays n’ont pas que de l’argent à donner ils ont aussi des intérêts. AFD a aidé certes, mais si elle pouvait se limiter à la subvention, les banques locales qui montrent des surplus de liquidités dans leurs rapports, les opérateurs économiques… pouvaient consentir le reliquat. Peut-être le taux diffèrerait mais il faut bien que l’argent circule dans le pays.

        Bien à vous Mr William.

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        • Le 20 avril 2009 à 13:46 En réponse à : Réouverture de Rood Woko : C’était hier !

          Merci Mr Ouedraogo pour votre réplique constructive. Je m’inscris toujours dans la logique des débats contradictoires qui à mon avis font avancer les choses. Revenons à vos propos, concernant les opérateurs économiques locaux qui pouvaient financer l’opération de reconstruction du marché. Mon cher Ouedraogo, il n’est pas honteux de reconnaître sa faiblesse ou sa pauvreté. Nos opérateurs économiques se cherchent ici même ceux qui font semblant de faire tourner l’économie sont endettés jusqu’au coup, les autres qui sont dans des faux deels cachent leurs magots pour ne pas se faire repérer par le fisc, les banques locales ont des taux d’intérêts exorbitants ; jusqu’à plus de 15% !! Je ne vois donc pas, objectivement, qui pouvait financer cette opération si ce n’est qu’une institution extérieure. Nous devons être réaliste et accepter la faiblesse de nos Etats. Cela est aussi valable sous d’autres cieux. Exemple, quand Sarkozy négocie un RDV avec Obama pendant 3 mois durant pour en fin se contenter de le voir lors du sommet du 20G, nous comprenons que même les grandes nations se font plier par la superpuissance.

          Je me dis que la population de Ouaga et la mairie ne gagnent pas seulement le joli bâtiment comme vous semblez l’affirmer mais aussi l’ensemble des bienfaits de la reprise de l’activité du marché.

          Ce fut un réel plaisir d’avoir échanger avec vous dans le respect sur la question du Rood Woko.

          Merci

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