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Clémentine Papouet alias Cléclé : “Je ne veux pas qu’on m’assujettisse”

Accueil > Actualités > Culture • • mardi 10 juin 2008 à 15h20min

Rendue populaire par la série "Ma famille", Clémentine Papouet alias Cléclé impressionne par son jeu de scène. Nous l’avons rencontrée à l’occasion du FICA où elle parle de son absence de la série d’Akissi Delta, de son propre film, de sa situation matrimoniale, etc.

Sidwaya Mag plus (S.M.P.) : Comment vas-tu Clémentine ?

Clémentine Papouet (C.P.) : Je vais bien. Ça va mieux maintenant.

S.M.P. : Mieux ?

C.P. : J’ai subi une intervention chirurgicale, il y a neuf mois de cela.

S.M.P. : De quoi souffrais-tu ?

C.P. : Mon intervention chirurgicale est liée à des "bobos" de femme.

S.M.P. : En ce moment au Burkina Faso, tu as disparu des épisodes de "Ma famille". Qu’est-ce qui se passe ?

C.P. : (Rires). Dans la vie de tout être humain, il y a une pause. Je me suis un peu mise en retrait mais (hésitations) j’attends. Tout va s’arranger, un jour.

S.M.P. : Tu ne réponds pas à la question. Fais-tu toujours partie de la série ?

C.P. : L’art est évolutif. Etant tragédienne formée par le Professeur Zadi Zahourou, on ne dit jamais. Je pense qu’en Afrique un grand comédien odulé par le public a droit à des égards. Je veux qu’on aie des égards pour moi, je veux être considérée, être bien entretenue. Je veux être traitée comme une actrice professionnelle.

S.M.P. : Ce n’était pas le cas dans "Ma famille" ?

C.P. : Je ne veux pas faire de polémique. Il y a eu beaucoup d’interviews. Nous sommes dans une dynamique de paix. Concernant le métier, chacun doit prendre conscience qu’il est grand temps de vivre de l’art. "Ma famille" a marché parce que nous avions la foi. La série a été une belle expérience pour moi.

S.M.P. : Au-delà de la popularité, as-tu tiré des retombées financières de la série ?

C.P. : Je n’ai pas un compte en banque garni. Je suis une comédienne et je vais où on me fait appel. Je suis une free lance.

S.M.P. : On a ouï dire que tu es aussi passée derrière la caméra. Peux-tu nous donner plus de détails ?

C.P. : J’ai réalisé mon long métrage "Amah Sahoua". C’est un mélodrame. C’est une histoire de sida dans un couple. Mon film c’est peu de rire mais beaucoup de conscientisation. C’est bien de s’exprimer en jouant avec les autres et profiter pour réaliser mes propres productions. Je profite pour faire appel à ceux qui peuvent m’aider. Mon film dure une heure et demie. C’est des balbutiements. Je ne suis pas Idrissa Ouédraogo. Je suis une apprentie-cinéaste. C’est, en forgeant qu’on devient forgeron. J’ai écrit le scenario du film, j’ai fait la mise en scène et je l’ai produit.

S.M.P. : Comment se présente le casting du film ?

C.P. : Les rôles principaux sont joués par Ahmed Souané et Awa Koné. C’est le couple.

S.M.P. : Décidément, la gent féminine commence à avoir une mainmise sur le cinéma ivoirien.

C.P. : Oui. Nous sommes fatiguées des hommes. Les femmes doivent se réveiller. La société a été faite par les hommes pour les hommes. Nous devons exister. Le cinéma africain doit aussi exister. Hollywood existe aujourd’hui parce qu’il y a beaucoup de créations. Tous les créateurs ne sont pas forcément issus des écoles de réalisation. En Afrique, c’est une question de diplôme. Cela ne veut rien dire. Parce qu’il y a des diplômes, le terrain, la théorie. Nous avons des doués. Les femmes doivent être nombreuses. C’est le sursaut national des femmes.

S.M.P. : D’aucuns se posent des questions sur les sources de financement de ces femmes cinéastes.

C.P. : Les financements sont difficiles. C’est une histoire de carnets d’adresses. Je "rackette" parents, amis et connaissances. J’attends de voir l’Office national de cinéma de Côte d’Ivoire. Je suis ravie pour Hanny Tchelley Etibou. Le Festival international de court métrage d’Abidjan (FICA) est une bonne initiative parce qu’il vient un peu éclaircir l’horizon sombre du cinéma ivoirien. Après mon long métrage, je vais me lancer dans les courts métrages afin de participer au prochain FICA.

S.M.P. : Que penses-tu du départ des comédiens comme Michel Gohou, Michel Bohiri, Nastou de "Ma famille ?

C.P. : Je ne veux pas parler de cela. Ce sont eux qui ont signé un autre contrat.

S.M.P. : As-tu été aussi contactée ?

C.P. : (Soupirs). Je suis la personne la plus court- circuitée. Je suis l’actrice à qui on pose beaucoup de peaux de banane. Parce que mon aura et mon charisme dérangent. Je ne veux pas qu’on m’assujettisse. Je suis l’esclave de Dieu et non l’esclave de mon prochain.

S.M.P. : Tu disais que tu vis chez ta mère parce qu’étant célibataire. Est-ce toujours le cas ?

C.P. : Je suis une femme célibataire. Je suis un cœur à prendre. Celui qui veut vivre avec moi doit se serrer la ceinture. Je veux un homme de 45 à 60 ans. Je veux un célibataire libre qui a beaucoup d’argent. Sur cette terre après Dieu, c’est l’argent qui règne.

S.M.P. : Pourquoi pas 30 ans ?

C.P. : Pas de jeunes. Je veux un homme libre (agé de 45 à 60 ans) avec qui je peux échanger. Il va être mon ami, mon complice et qui va m’aider dans mon travail. Quand on aime quelqu’un, on l’aide à s’épanouir.

Alassane KERE
alassakere@yahoo.fr

Sidwaya

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