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Pornographie dans des lycées de Ouagadougou : Des responsables d’établissement expliquent

Accueil > Actualités > Société • • vendredi 25 janvier 2008 à 10h05min

Depuis le début du mois de janvier 2008, des images pornographiques "made in Burkina" circulent de téléphone portable à téléphone portable et même sur Internet. Des images qui ont été réalisées par des élèves du Burkina Faso. Pour en savoir un peu plus sur ces pratiques, nous nous sommes rendus dans les lycées d’où seraient originaires les élèves mis en cause dans ces films.

Lorsqu’on observe ce qui se passe autour de nous, nous sommes souvent tentés de nous demander dans quel monde vivons-nous ? En effet, il y a une dizaine d’années, voir des images non indiquées relevait d’un parcours du combattant. Et les seules images pornographiques étaient essentiellement importées de l’Occident. Mais l’année 2008 est venue avec une nouvelle ère de l’expansion de la dépravation des mœurs est-on tenté de dire.

Car depuis le début du mois de janvier, nous assistons à une propagation d’images pornographiques dont des lycéens burkinabè seraient les acteurs et réalisateurs. Deux films ont été réalisés par des élèves d’établissement secondaire de la ville de Ouagadougou. Un premier film met en "action" une jeune fille "Y" du Lycée technique de Ouagadougou (LTO) en 2eme année BEP et un jeune homme qui serait du lycée Newton. Un film qui, selon le surveillant général du LTO M. Amadou Sawadogo, a été réalisé le 16 septembre 2007 avant que mademoiselle "Y" ne soit intégrée dans l’établissement. Le second film, qui présente vraisemblablement une élève du lycée de la Jeunesse avec deux jeunes hommes, a été tourné au parc urbain Bangr Weogo. Une situation qui jette un discrédit sur le système éducatif du Burkina Faso et ternit l’image des établissements concernés.

On aurait donné à "Y" le paradis sans confession

"Les chemins de l’enfer sont pavés de bonnes intentions", dit l’adage. Et le comportement de mademoiselle "Y" ne laissait rien présager de tel. Car selon M. Sawadogo, surveillant général du LTO, "cette fille est à l’abri de tout reproche. Elle est rentrée au LTO à la mi-octobre comme élève. Elle est issue d’un établissement religieux de la place. Elle a été inscrite par un chef d’établissement qui a été professeur ici au LTO et est son oncle. Son tuteur est un prêtre qui prend en charge sa scolarité. Son logeur est un instituteur à Bendogo. De l’établissement religieux dont elle est issue, elle était première de sa classe. De notre point de vue, elle vient d’un milieu sain". Le film aurait été réalisé parce que mademoiselle "Y" devait aller en voyage et "son fiancé" voulait un souvenir en attendant son retour.

Pour ce qui est de mademoiselle "Z" du lycée de la Jeunesse, si les enquêtes confirmaient son identité, son comportement n’aurait pas étonné. Car, pour le directeur Aziz Touré "après enquêtes, suite aux images, nous nous sommes rendu compte que c’est une élève qui vit dans une famille mono parentale. Elle était l’année dernière dans un internat, mais elle n’a pas terminé l’année scolaire. Aussi, elle a utilisé un faux bulletin de notes pour s’inscrire dans notre établissement. Elle a tenté de se suicider, a une mauvaise compagnie, s’adonne peut-être à la pratique de mauvaises mœurs et n’est pas un exemple pour les autres. Cependant, elle a le bénéfice du doute car l’image de la fille sur le film lui ressemble. Nous attendons donc les résultats de l’enquête de la gendarmerie". Si pour Mlle "Y" la motivation était de laisser un souvenir "fantasmagorique" à son petit ami, pour Mlle "Z" on ne sait pas encore ce qui l’a amenée à se donner à deux jeunes hommes au parc urbain Bangr Weogo et à l’air libre.

A qui la faute ?

De prime abord, on est tenté d’incriminer les parents qui ont abandonné l’éducation des enfants à des filles de maison ou autres répétiteurs au profit de la recherche effrénée de l’argent. Ensuite on est tenté d’accuser les chefs d’établissement qui ne cherchent qu’accroître leurs bénéfices. Mais avec la progression des technologies de l’information et de la communication, rien ne peut encore être contrôlé. Les cybercafés sont bondés souvent de mineurs qui visitent des sites d’adultes. L’avènement du Disque compact (CD) à un coût très bas expose davantage les enfants à des comportements malsains. Dédaignant les infections sexuellement transmissibles et le Sida, les jeunes s’adonnent à cœur joie à des pratiques indescriptibles. Ce comportement n’est pas seulement imputable aux "enfants de riches", comme le pensent certains.

C’est la jeunesse en général qui a perdu le repère. Pour ce qui est des deux jeunes filles, elles ont été suspendues des cours. L’administration du LTO doit se réunir le vendredi 25 janvier 2008, pour un conseil de classe. Pour le surveillant général, bien que le film ait été réalisé avant l’admission de Mlle "Y" dans l’établissement, il serait préférable de ne pas la garder. "Pour s’être inscrite avec un faux bulletin de notes et pour les soupçons qui pèsent sur elle, nous avons suspendu Mlle "Z" parce que son comportement n’est pas exemplaire", a souligné Aziz Touré, directeur du lycée de la Jeunesse.

A la brigade des mœurs et des stupéfiants de la gendarmerie, le major Congo, qui mène les investigations, a affirmé que c’est bien la première fois qu’un film pornographique "made in Burkina Faso" a été réalisé. Cependant, les intéressés ne sont pas aux arrêts car l’enquête suit son cours. Sans s’ériger en juge ni bourreau, nous souhaitons que ce comportement soit puni avec la dernière vigueur pour décourager ceux qui voudraient emboîter ce mauvais pas.

Car au cours de notre enquête, nous avons appris que des élèves du lycée Bogodogo et Sainte Collette se sont vu lancer un défi et seraient prêts à le relever. Aussi, avec M. Amadou Sawadogo, surveillant général du LTO, nous souhaitons que certaines personnes, pour l’honneur de leur famille, ne mettent pas en danger la vie de ces infortunées.
Affaire donc à suivre...

Jonathan YAMEOGO
(Stagaire)

Sidwaya

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