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Coopération décentralisée : La tradition du jumelage

Accueil > Actualités > DOSSIERS > La coopération décentralisée au Burkina Faso • • lundi 19 novembre 2007 à 13h16min

En attendant les rencontres des 6 et 7 décembre qui ne manqueront pas d’ouvrir le débat sur les nouvelles perspectives de la coopération décentralisée, M. Pierre Michaillard nous propose, dans les lignes qui suivent, quelques pistes de réfléxion.

« La tradition, c’est une innovation qui a réussi » disait Chateaubriand.

Depuis 1965, le jumelage, qualifié au fil des années de jumelage coopération est devenu une tradition inoxydable qui a passé toutes les époques politiques du Burkina Faso sans changer de présentation dans les textes et les pratiques de mise en œuvre jusqu’au dernier code général des collectivités locales.

Le jumelage, c’était la coopération décentralisée avant la décentralisation, c’était l’aboutissement d’un tissu de relations personnelles et à l’époque où l’argent n’était pas roi, c’était une grande réussite de relations humaines et d’idéaux partagés. Le jumelage, c’est notre base et l’on doit y revenir en oubliant le qualificatif coopération pour entretenir des relations sociales et culturelles entre les peuples. Le jumelage doit être placé dans un ensemble d’actions de la société civile qui accompagne les relations d’une collectivité locale avec des collectivités étrangères. Il s’agit donc soit d’une association en bonne et due forme, soit d’une commission ad hoc faisant partie de la commission affaires générales de la commune ou de la région. Son rôle devra se limiter, au nord comme au sud, à l’accompagnement des relations extérieures des collectivités locales et aux actions culturelles qui en découlent.

Mais, le jumelage n’est plus le centre du dispositif quand il s’agit d’organiser les relations extérieures des collectivités territoriales. Le centre décisionnel, c’est le conseil des collectivités territoriales, communal ou régional, maître d’ouvrage du développement local à l’échelle de leurs territoires. Une tradition qui empêche les innovations est un obstacle au modernisme et risque d’en être un pour le développement.

Les prochaines rencontres de la coopération décentralisée auraient gagné à être précédées d’assises internes au Burkina pour s’entendre sur la définition des actions extérieures des collectivités locales, sur le choix des voies et moyens qui lui permettent de sortir des ornières du passé et de présenter un ensemble de règles à suivre pour que les relations soient les plus profitables possibles au développement des collectivités burkinabè. Il faudra bien se résoudre à faire de nouveaux textes réglementaires innovants.

En attendant que de nouveaux textes en rapport avec la communalisation intégrale et la régionalisation soient élaborés, il pourrait être utile, mais difficile dans le contexte des prochaines rencontres, de bien vouloir faire entrer dans les habitudes les quelques règles suivantes et de les faire approuver par les partenaires en coopération décentralisée :

-  la mise en œuvre de toutes les actions de coopération décentralisées doit être précédée par l’établissement de conventions entre des partenaires reconnus aptes à établir ces relations

-  ces conventions devront s’établir suivant des canevas qui seront proposées et diffusées par les autorités compétentes tout en respectant les initiatives locales

-  en particulier quand il s’agit de coopérations entre des collectivités territoriales étrangères et burkinabè, ces conventions doivent s’établir entre les niveaux respectifs de décentralisation suivants

 communes, communautés de communes avec communes burkinabè
 régions étrangères dirigées par des conseils régionaux avec les conseils régionaux burkinabè, en précisant dans quel domaine ou au profit de quelle(s) collectivité(s) territoriale(s) les actions vont s’opérer
 départements français (conseils généraux) avec les communes ou avec les conseils régionaux, en précisant dans quel domaine ou au profit de quelle(s) collectivité(s) territoriale(s) les actions vont s’opérer

Les collectivités qui avaient agi jusqu’à présent sans conventions devraient, en tenant compte des élections locales se mettrent en harmonie avec cette exigence nouvelle

La règle fondamentale est le respect par tous les acteurs du rôle de maître d’ouvrage dévolu aux conseils communaux et régionaux, dès lors que les projets qu’ils soient d’ordre matériel ou immatériel relève de l’intérêt et du domaine publics.

Pierre Michaillard

1. La règle à suivre étant que la collectivité étrangère établit une convention avec une collectivité burkinabè équivalente ou d’un niveau de décentralisation supérieur en spécifiant quelle sera son domaine ou son territoire d’action au sein de la collectivité en question

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