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Sites touristiques de Sati : Réveiller la mémoire de la résistance en pays gourounsi

Accueil > Tourisme • • mercredi 26 mai 2004 à 07h24min

Lundi 24 mai, le ministre de la Culture, des Arts et Tourisme, fidèle à sa politique de rénovation de nos sites culturels et touristiques, était l’hôte des habitants de Sati dans la Sissili. Cette localité abrite les vestiges d’un mur de fortification construit il y a 150 ans par un grand résistant gourounsi.

Moussa Kadio est une figure légendaire en pays gourounsi. Il fut l’un des premiers à fédérer les "peuplades gourounsi", pour lutter contre l’envahisseur djermabé. Ces Djerma ou Zaberma (mercenaires et esclavagistes) avaient été jadis sollicités par un chef gourounsi pour soumettre ses frères ennemis. Les mercenaires accomplissent leur mission et décident alors de diriger le pays. S’en suivit une longue période de guerres de rapines dans laquelle de nombreux Gourounsi furent vendus comme esclaves. M

oussa Kadio s’insurgea contre l’envahisseur et organisa la défense et la riposte. Comme stratégie de défense, il fit ériger un mur de fortification protégeant le village de Sati. Les vestiges de ce mur construit vers 1850 sont toujours debout et sont l’objet d’une attention particulière de la part du ministre des Arts, de la Culture et du Tourisme. C’est le sens de la visite de ce dernier à Sati, accompagné d’une forte délégation de son ministère et d’hommes de culture.

La population de Sati estimée à un millier d’habitants a réservé un accueil enthousiaste au ministre qui est accompagné du haut-commissaire de la Sissili et du maire de Léo. Pour cette reconnaissance faite à leur village, les habitants de Sati ont montré au ministre les multiples facettes de leur culture à travers chants et danses ancestraux soutenus par des tambours centenaires qui ne sortent qu’à de très rares occasions. "Un peuple qui veut affronter l’avenir doit se ressourcer dans son passé", dira le haut-commissaire de la Sissili en disant sa reconnaissance au ministère de la Culture, des Arts et du Tourisme.

En dehors de la restauration des vestiges du mur de fortification, il est prévu la construction d’un mausolée sur la tombe de Moussa Kadio. "Il faudra favoriser la lisibilité de ce site de mémoire, améliorer l’information relative à son existence, faciliter l’accès au village et à terme, mettre en réseau l’ensemble des sites de mémoire de notre pays", notera le ministre de la Culture, des Arts, et du Tourisme qui a convié les professionnels du tourisme et les opérateurs économiques à accompagner les efforts de restauration de nos sites touristiques.

En rencontrant les notabilités coutumières de Sati, le ministre les a rassurés que le mur, les édifices qui aujourd’hui sont tombés, seront reconstitués dans leur environnement historique tels qu’ils étaient à l’époque de Moussa Kadio pour "commémorer la glorieuse mémoire des populations du Sud du Burkina". Sati jadis prospère, est tombée en "désuétude" (la première école primaire a vu le jour en 2003) mais la valorisation du patrimoine historique et culturel peut la faire renaître de ses cendres.

Fernando GUETABAMBA


Moussa Kadio dans sa guerre contre l’envahisseur, a été trahi par une de ses épouses (elle aurait mouillé la poudre des fusils). Devant ce forfait et incapable de se défendre, le chef de guerre se suicida avec quelques-uns de ses fidèles. Les Djerma imposèrent leur loi vivant de pillages et de commerce d’esclaves.

Hamaria (un Gourounsi, ancien lieutenant du chef Djerma Baba To) se rebella et fédéra es villages gourounsi contre l’occupant. En 1996, Sarantyé Mory, général et fils de l’Almany Samory Touré tenta une réconciliation entre Baba To et Hamaria. A l’arrivée de la colonne Voulet-Chanoine à Sati, Hamaria se mit sous leur protection et Baba To après des tentatives d’incursion qui ont toutes échoué, s’exila avec sa horde à Yendi dans le Togo allemand. En 1897, les Gourounsis furent libérés du joug djerma qui céda la place au joug colonial français.

F.G.

Sidwaya

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