Filière mangue : Une campagne juteuse pour les producteurs

vendredi 13 juillet 2007 à 07h23min

La campagne agricole 2006-2007 est arrivée à son terme le 30 juin 2007 pour les producteurs de mangues. L’heure est actuellement au bilan. Et à entendre les acteurs de la filière, cette campagne a été des plus juteuses grâce à l’excellent rapport de partenariat avec la société Fruiteq, qui assure l’achat, le conditionnement puis l’exportation de la production vers les marchés européens.

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C’est dans une ambiance festive que s’est déroulée cette année la fin de la campagne mangue. Pouvait-il d’ailleurs en être autrement quand on sait que la moisson, cette saison, a été bonne et même très bonne pour l’ensemble des acteurs de la filière. En témoignent ces chiffres record qui, à n’en pas douter, traduisent le grand travail abattu par les producteurs, mais également par Fruiteq ; cette structure dont le rôle a été très déterminant cette année dans la relance de la filière.

Pour cette campagne qui vient de s’achever, ce sont au total 250 millions qui ont été injectés dans le milieu rural pour l’achat de 1200 tonnes de mangues par cette société dont l’activité consiste à assurer l’achat, le conditionnement et l’exportation de la production vers l’Europe, où la demande est beaucoup plus forte. Le travail à l’usine est assuré par plus d’une centaine d’ouvriers qui procèdent à des tries ; ce qui permet l’élimination de 20 à 30% des mangues en provenance des vergers ; ensuite, le lavage, les traitements de qualité et la mise au froid.

Ainsi, pour cette campagne, ce sont plus de 60 containeurs de mangues qui ont été expédiés vers l’Europe. Ces performances réalisées par la société sont à mettre à l’actif des producteurs du Burkina, mais aussi, de ceux des pays voisins, qui ont permis à la société de satisfaire la demande, de plus en plus croissante de sa clientèle du Nord. « Au Burkina, nous avons connu cette année une insuffisance de la production.

Et comme on tenait à respecter nos engagements vis-à-vis de nos clients en Europe, nous étions obligés d’explorer les vergers des pays voisins comme la Côte d’Ivoire et le Mali », explique Adama Zongo, chef de la production à Fruiteq. Le moins que l’on puisse dire est que de nouvelles perspectives s’ouvrent désormais pour la filière mangue avec notamment le contrat établi entre les fournisseurs c’est-à-dire les organisations de producteurs et l’acheteur principal qui est Fruiteq.

Agrofair, un partenaire sûr

Outre les avantages socio-économiques pour les principaux acteurs de la filière, le partenariat avec Fruiteq permet de générer des dividendes à travers le commerce équitable. Ce qui revient à dire que le consommateur européen paie une prime sur le prix d’achat et qui est destiné à des projets de développement pour les communautés de producteurs.

C’est dire donc que l’exportation de la mangue est en train de devenir une véritable industrie pour notre pays avec, notamment l’implication de cette puissante société dénommée Agrofair, basée à Barendrecht aux Pays-Bas. C’est, en effet, cette structure qui assure l’écoulement de toutes les exportations de Fruiteq sur le marché européen et à des conditions jugées avantageuses par les producteurs.

C’est, du moins, l’avis de monsieur Mahamadi Guiro, président de l’Union provinciale des producteurs de fruits et légumes (UPPFL) de Banfora qui dit ceci : « Pour nous, la prime du commerce équitable est importante. Avec la somme perçue l’année dernière par exemple, nous avons pu réaliser une librairie et une pharmacie ». Tout comme l’UPPFL, d’autres organisations au Burkina, au Mali et en Côte d’Ivoire ont bénéficié de cette prime, dont le montant global, lors de la campagne écoulée, est estimé à 18 millions. Un chiffre qui connaîtra certainement une hausse cette année avec cette importante quantité de mangues exportées vers l’Europe.

L’expérience enrichissante des pays latino-américains

Aussi pour décupler les énergies et libérer les initiatives, les producteurs africains et latino-américains, considérés comme des actionnaires d’Agrofair, ont toujours été représentés aux assemblées générales de ladite société. La rencontre, cette année, a eu lieu en Equateur avec la participation de plusieurs invités dont Mahamadi Guiro et André Traoré du Burkina.

« Ce voyage, pour moi, a été riche en enseignements avec les débats au cours de l’assemblée, mais surtout avec la visite d’EL Guabo qui est la plus grande organisation de producteurs de bananes en Equateur », a déclaré André Traoré.

C’est peut-être le lieu de dire que la filière mangue a encore de beaux jours devant elle, même si l’exportation de la production demeure une entreprise à haut risque, comme nous l’a signifié le directeur par intérim de Fruiteq, monsieur Hans Willem Van Der Waal. « La mangue est très délicate. Elle doit arriver en Europe de telle sorte qu’elle puisse être encore conservée pendant deux semaines.

C’est pourquoi la récolte doit se faire à une période bien précise afin que le fruit puisse poursuivre sa maturation durant son conditionnement, son transport vers l’Europe et sa mise sur le marché. Nous sommes tenus de respecter les normes internationales sous peine d’engendrer des pertes sèches ». Toujours est-il que malgré ses énormes potentialités, la production de la mangue au Burkina reste inférieure à la demande.

Aussi, pour une intensification de la production afin de mieux répondre aux besoins, de plus en plus croissants, Fruiteq envisage, dans les années à venir, un projet de mini-plantations modernes gérées par des entrepreneurs agricoles sous contrat avec la société. Et cela, grâce à l’appui du projet d’appui aux filières agro-sylvo- pastorales (PAFASP), basé à Bobo Dioulasso.

Jonas Apollinaire Kaboré


Une entreprise à haut risque

L’exportation des mangues vers l’Europe reste, à tous points de vue, une entreprise à haut risque. Elle est soumise à des conditions qui exigent de l’opérateur un suivi méticuleux allant du verger jusqu’à l’arrivée de la marchandise à sa destination finale. Pour ce faire, les récoltes doivent s’effectuer en une période bien précise afin de permettre aux fruits de boucler leur cycle de maturation au niveau du consommateur. Il y a aussi la qualité du produit, qui prend en compte les aspects cosmétiques tels la coloration ou encore l’absence des traces laissées par les insectes nuisibles.

Après les tris, qui s’effectuent dans les champs comme à l’usine, la mise au froid constitue l’une des étapes les plus importantes dans ce processus d’exportation. En la matière, Fruiteq demeure aujourd’hui l’unique société au Burkina à disposer du précooling ; un équipement qui permet de refroidir 15 tonnes de mangue en l’espace de six heures. Le transport des fruits s’effectue également dans des containers réfrigérés où la température est de 10 degré.

Toute défaillance dans le système de refroidissement peut entraîner un mûrissement précoce de la mangue. Ce qui peut avoir pour conséquence l’inadaptation des produits à la consommation en Europe. Et bonjour les dégâts ou plutôt les pertes pour l’exportateur dont la marchandise est soumise à un rapport de qualité ; lequel rapport est accepté par l’importateur avant la commercialisation des produits.


Témoignage d’un producteur

Lamine Coulibaly, président de l’Union départementale des fruitiers de Koloko, membre de la FEDAF

"Notre partenariat avec Fruiteq nous est très avantageux. Surtout avec l’application du prix équitable sur nos produits en Europe, ce qui nous a permis d’engranger des primes supplémentaires. Grâce à cela, nos difficultés sont quelque peu aplanies, et nous arrivons à faire face à nos besoins. Beaucoup d’entre nous, aujourd’hui, arrivent à assurer les soins médicaux de la famille, à payer la scolarité des enfants et à les habiller. Avant notre partenariat avec Fruiteq, tout cela était impossible pour nous. Maintenant, je peux dire que les producteurs récoltent les fruits de leur travail".

L’Observateur Paalga

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Vos commentaires

  • Le 13 juillet 2007 à 13:07, par Modibo TRAORE
    En réponse à : > Filière mangue : Une campagne juteuse pour les producteurs

    Voilà une filière porteuse qui est à encourager ; il me semble également important de mettre l’accent sur la transforamtion des produits de la filière mangues. Je suis de ceux qui restent nostalgiques des produits de la Savana ; il y a de cela quelques années SOPROFA est venue s’installer à grand bruit ; mais la suite...?

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    • Le 14 juillet 2007 à 19:34
      En réponse à : > Filière mangue : Une campagne juteuse pour les producteurs

      Bien d’accord avec vous, monsieur, c’était en des temps où on consommait burkinabè sans tapage... Quand on a en plus les meilleures, se dit-il, mangues du monde avec celles voisines de Sikasso, il est en effet bien dommage que seuls des opportunistes de haute voltige (allez demander aux Suisses) aient pu s’installer à Bobo et promettre monts et merveilles pour mieux intervenir dans le nord... ivoirien, sur des ’productions’ plus égoïstement juteuses... Ah pour sûr, ils avaient de bien luxueux bureaux, les Kagnassi sous protection, bien climatisés avec derrière les fenêtres de pittoresques autruches comme décorum...
      Frédéric Bacuez dit Fretback.

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      • Le 15 juillet 2011 à 18:49
        En réponse à : > Filière mangue : Une campagne juteuse pour les producteurs

        Bonjour chers amis je suis vraiment très contant de votre structure dans trois domaines un pour la reforestation ,deux la création de l’ emploi et la lutte contre la pauvreté
        monsieur en tant que protecteur de l’environnement je voudrai avoir vos contactes pour mieux se connaitre.
        si possible avoir vos coordonnées .bonne réception .
        mon ail : asenegalnature@yahoo.fr

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    • Le 18 juillet 2007 à 00:11
      En réponse à : > Filière mangue : Une campagne juteuse pour les producteurs

      La mangue fraîche de l’Afrique de l’Ouest trouve facilement une position concurrentielle favorable au marché européen grâce au calendrier de production. Ce qui n’est pas a priori le cas pour les produits transformés stockables. Ici on trouvera des pays avec une structure de coûts plus favorables sur le théatre, tel que le Brésil, l’Inde etc.

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