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Match USY # USO : Score : une grenade lacrymogène et cinq blessés

Accueil > Actualités > Sport • • vendredi 1er juin 2007 à 06h58min

La 18ème Journée du championnat national jouée à Ouahigouya entre l’USO et l’USY a failli tourner au drame. Les supporters de l’USY s’en sont pris à l’arbitre central Serge Paulin Ilboudo. L’intervention de la police a empiré la situation. Bilan, cinq (5) blessés.

Pourtant, cette rencontre avait suscité un grand déplacement du public au stade. C’est l’USO qui a ouvert la marque à la 5ème mn par Herman Yacinthe Ouédraogo. Quinze (15) minutes après, une faute involontaire de main d’un joueur de l’USO dans sa zone de vérité.

L’arbitre laisse poursuivre le jeu. Pour les supporters de l’USY il y’a injustice. La colère des supporters de l’USY montait. Des injures, des menaces verbales sont proférées à l’endroit du trio. Le grand supporter de l’USO, connu sous le nom de Nabiga, en prit à ses dépens. Lui, qui a oublié qu’il n’était pas au stade du 4-Août, a salué le but de l’USO par son légendaire "USO-USO". Il n’en fallait pas plus pour essuyer des injures à la limite du supportable.

A la 48ème mn, l’arbitre central Serge Paulin Ilboudo renvoya les deux (2) équipes dans les vestiaires. Si les joueurs de l’USY ont arraché les applaudissements des supporters, le trio n’était pas la bienvenue. Le trio a été arrêté à la devanture du couloir sous les menaces de supporters excités malgré la protection des policiers.
Sous la pression sans cesse grandissante des supporters à l’endroit du trio, l’assistant Edmond Bagré et commandant du corps urbain, affectueusement appelé A.C, jette en plein milieu des supporters, une grenade pour intimider et disperser les agitateurs. Une action qui n’a pas été cautionnée par les supporters.

La grenade a touché cinq (5) personnes dont une souffrant de difficultés respiratoires. A l’hôpital sur son lit, il nous a fait savoir qu’il a aspiré beaucoup le gaz de la grenade. Quatre (4) autres blessés saignaient. Le stade du Yatenga était devenu méconnaissable. La foule s’est déchaînée contre la police. Il a fallu la promptitude du président de l’USY Abdoulaye Sawadogo dit Zamko pour maîtriser certaines velléités.

Dans les vestiaires, les arbitres refusent de poursuivre la partie parce qu’ils se sentent menacer. Les dirigeants de l’USY et la police tiennent à la poursuite du match estimant avoir calmé les esprits. Mais la décision du trio est restée irrévocable.

Le capitaine de l’USY, Rachid Yabré, refuse de signer la feuille de match et invite ses coéquipiers sur la pelouse, chose faite. Les supporters de l’USY rejettent dans son ensemble la décision du trio arbitral. C’est sous escorte policière, que les arbitres ont quitté les lieux. Les supporters décident de régler le compte au policier qui a jeté la grenade.

Le commissariat central de la police de Ouahigouya a été encerclé par des jeunes visiblement excités. D’autres ont décidé d’aller brûler la cour du policier. Jusqu’à 18 h 11 mn, des jeunes étaient toujours au commissariat. Seraphin Dargani, l’entraîneur de l’USY ne comprenait pas les agissements des jeunes : “Pourquoi les supporters de l’USY se comportent-ils de la sorte ? L’USY n’a jamais eu de problème sur un autre terrain pourtant à Ouahigouya, il y’a toujours des problèmes”. Si certains supporters font la fierté de l’USY force est de reconnaître aussi que d’autres n’honorent pas leur titre de supporters.

Des supporters trop zélés contredisent à tout prix les décisions de certains arbitres avec des propos xénophobes et gênants parfois. Ce qui interpelle les responsables des différentes structures sportives de la province afin que cessent ces comportements déplacés dans les stades. Nous ne sommes pas des professionnels en la matière mais notre petite expérience vécue nous permet de dire que beaucoup de nos hommes en noir ne méritent pas d’arbitrer un championnat national.

Des arbitres approximatifs tuent notre football. A l’endroit de nos hommes de tenue. Le sport ce n’est pas la guerre, ils doivent savoir que la violence et la colère créent beaucoup de problèmes qu’elles n’en résolvent. Cet incident nous rappelle des menaces des supporters de l’USY à l’endroit des joueurs qui avaient demandé le départ de l’entraîneur Dargani.

En son temps, plus de soixante (60) supporters s’étaient rendus dans les domiciles des joueurs nuitamment pour "corriger" les seize (16) frondeurs. Des actes contre lesquels les responsables de l’USY doivent sévir. A la dernière minute nous apprenions que le policier incriminé a passé la nuit au Commissariat et son domicile gardé par la police.

En attendant la décision de la Fédération burkinabè de football c’est l’USO qui peut se réjouir d’avoir engrangé trois (3) points en fortifiant en même temps sa position dans le classement du championnat national.

Jean Victor OUEDRAOGO
AIB/Ouahigouya

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