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FESCI : Menace sur la paix en Côte d’Ivoire

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Côte d’Ivoire • • mercredi 23 mai 2007 à 07h47min

Deux mois après sa mise en route, voici que le processus de paix en Côte d’Ivoire est menacé par le retour des démons de la violence. La dernière manifestation en date de ces dérives est la descente de militants de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI) dans deux bureaux de la Ligue ivoirienne des droits de l’homme (LIDHO) au motif que celle-ci aurait autorisé la Coordination nationale des enseignants du supérieur et des chercheurs de Côte d’Ivoire (CNEC) à animer une conférence de presse dans ses locaux.

Conférence au cours de laquelle la CNEC aurait annoncé sa décision de maintenir son mot d’ordre de grève.

En attaquant les sièges de la LIDHO et de l’Action pour la protection des droits de l’homme (APDH), on a comme l’impression que la FESCI veut s’affirmer comme une force au-dessus de la loi. Les vieilles méthodes d’intimidation, même d’agression et d’occupation de la rue, souvent orchestrées par le FPI, semblent refaire surface. En effet, on sait que la FESCI a toujours été le bras armé de l’opposition ivoirienne incarnée par le FPI avant l’arrivée de Gbagbo au pouvoir. Et cela semble continuer, si l’on s’en tient aux liens que ce mouvement continue d’entretenir avec Gbagbo et le silence de ce dernier face aux récents événements.

Un mouvement estudiantin qui saccage des bureaux de défenseurs de droits de l’homme fait preuve d’aveuglement, car la FESCI devait au contraire être plus proche des structures de droits de l’homme que du pouvoir qui, par excellence, est partisan. La Côte d’Ivoire est dans une logique de réconciliation, et des actes de vandalisme de ce genre ne sont pas de nature à consolider cette paix que les Ivoiriens ont attendue pendant longtemps. Reprochant aux enseignants de donner des cours dans des universités privées, le secrétaire général de la FESCI, Serge Koffi, se permet d’ordonner la fermeture desdites écoles. C’est peut-être parce que la LIDHO dénonce le comportement mafieux de la FESCI que cette dernière a usé de représailles. Ces pillages semblent avoir été savamment orchestrés. Non contents d’avoir vidé le siège de la Ligue de tous ses outils de travail (ordinateurs, imprimantes, photocopieurs, modem...), les étudiants ont poussé le cynisme jusqu’à dépouiller le secrétaire permanent de la LIDHO, Camille Ahui, et deux secrétaires de leurs téléphones portables. Tout le personnel était pris en otage pendant tout le temps du saccage. A la manifestation de protestations s’est donc greffé un acte de délinquance primaire.

Les étudiants de la FESCI donnent une mauvaise image de leur mouvement, et cela n’est pas à leur honneur. Faudrait-il y voir une main du régime Gbagbo ? Rien n’est moins sûr si l’on se réfère à la sortie manquée du président avec les enseignants. En tout cas, ce grave incident ne semble pas déranger le président ivoirien. La preuve, c’est que le commissaire de police de Cocody a dépêché seulement trois policiers pour contenir une centaine d’étudiants.

La FESCI est-elle devenue dès lors un monstre que ses géniteurs n’arrivent plus à contrôler ? Ses grèves ont toujours été violentes (mort d’hommes, viols ...).

Les étudiants, en posant ces actes, les trouvent légitimes. Mais ils oublient que les associations des droits de l’homme restent, par essence, leur premier refuge et leur dernier rempart en cas d’adversités ultérieures.

En tout cas, leur mentor, Gbagbo, ne devrait plus avoir besoin d’un tel mouvement pour asseoir son pouvoir. Les jeunes patriotes l’ont si bien compris qu’ils ont retourné leur veste, passant de faucons à colombes. Peut-être feignent-ils de jouer le jeu. Toujours est-il que Blé Goudé s’est transformé positivement.

Les étudiants, en s’en prenant à leurs enseignants, se retournent contre ceux qui leur donnent la connaissance et le savoir. Il aurait été plus sage de leur part, de trouver un médiateur à cette crise au lieu de prendre position d’une manière aussi flagrante et violente au risque de compromettre la qualité de leurs relations avec leurs maîtres, et d’hypothéquer ainsi leur avenir. La force de Gbagbo, c’est la rue, et un mouvement estudiantin qui est prêt à accepter les caprices d’un régime a les mains liées. Il y a un minimum de respect qu’il aurait fallu avoir envers les structures des droits de l’homme quand on sait que pendant 15 ans elles ont apporté aide et protection à la FESCI quand celle-ci avait maille à partir avec le pouvoir d’alors.

Au moment où les Ivoiriens aspirent à la paix, en témoigne la remise samedi dernier d’un millier d’armes, la FESCI rame assurément à contre-courant de l’histoire.

Le Pays

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