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Disparition de James Brown, légende du funk

Publié le mardi 26 décembre 2006 à 07h07min

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James Brown

Le funk, la soul et le rap sont orphelins. Le "Parrain de la soul" James Brown, qui a fondé le funk et exercé une influence déterminante sur la création musicale de ces cinquante dernières années, est mort tôt lundi à l’âge de 73 ans à Atlanta (Géorgie).

Avec sa permanente, ses géniales inventions polyrythmiques, sa puissante voix façonnée par le gospel et son jeu de jambes, James Brown aura marqué près d’un demi-siècle de musique, entrant dans la légende pour avoir transformé la soul en funk. Il aura aligné les succès, avec notamment "Sex Machine", "I Got You (I Feel Good)", "It’s A Man’s Man’s Man’s World", "Hot Pants", "Please, Please, Please" et "Cold Sweat".

Brown avait été hospitalisé dimanche pour une pneumonie, a précisé son agent Frank Copsidas, de la société Intrigue. D’après lui, Charles Bobbit, ami de longue date du chanteur, était à son chevet à l’hôpital Emory Crawford Long où le musicien s’est éteint vers 1h45 (6h45 GMT).

Le légendaire chanteur noir espérait se produire sur scène le week-end prochain malgré sa maladie, a rapporté Copsidas. Brown avait dû annuler deux concerts cette semaine et voulait être remis sur pied pour son spectacle prévu samedi à Red Bank (New Jersey). L’agent a déclaré que l’interprète de "Sex Machine" était décédé d’un arrêt cardiaque.

Tout au long de sa longue et parfois chaotique carrière, Brown aura collectionné les surnoms aussi dithyrambiques que colorés tels que "Soul Brother No1", "Mister Dynamite" ou encore "le travailleur le plus acharné du show business".

Aux côtés d’Elvis Presley, Bob Dylan et une poignée d’autres, James Brown aura exercé une influence majeure sur la musique des 50 dernières années. Il a été idolâtré par au moins une génération qui n’hésitait pas à l’imiter ouvertement. Ses pas de danse rapides hérités de sa longue pratique de la boxe ont inspiré Mick Jagger, Prince, Michael Jackson et tant d’autres.

Si les fans de Ray Charles ou de Sam Cooke peuvent légitimement lui contester le titre d’inventeur de la soul, James Brown aura incontestablement marqué de son empreinte les genres du rap, du disco et surtout du funk, dont il est l’un des pères fondateurs. Des titres comme "Cold Sweat" ou "Papa’s Got A Brand New Bag" ont ainsi révolutionné la musique de leurs rythmes inédits.

Certains voient aussi dans son titre de 1968 "America Is My Home" le premier titre rap de l’histoire. "James avait à l’évidence le meilleur groove", avait une fois confié à l’Associated Press le rapper Chuck D de Public Enemy, un groupe qui tire son nom d’un titre de Brown. "A ce jour, personne n’a été aussi funky. Il n’y en même pas un qui pourrait s’en approcher".

James Brown en était convaincu. Ainsi lors d’une interview accordée à l’Associated Press en 2003, il déclarait sans fausse modestie : "Le disco, c’est James Brown. Le hip-hop, c’est James Brown. Le rap, c’est James Brown. Vous comprenez ce que je dis ? Quand vous écoutez tous ces rappers, 90% de leur musique vient de moi". Une affirmation qui se vérifie à l’aune du nombre extravagant de samples de ses chansons ou de ses lignes rythmiques qu’on retrouve dans les titres des rappers.

Né le 3 mai 1933 dans une famille pauvre à Barnwell dans la Caroline du Sud rurale, James Joseph Brown grandit à Atlanta (Géorgie) où il est élevé en partie dans un bordel et endure la ségrégation raciale et le racisme en vigueur alors dans le Sud profond. A 7 ans, il est rabatteur de prostituées avant de devenir cireur de chaussures et boxeur. A 16 ans, en 1949, il est arrêté pour vol dans des voitures et restera trois ans et demi dans une maison de correction près de Toccoa en Géorgie où il découvre le gospel.

Un temps boxeur puis joueur de baseball semi-professionnel, il rencontre Bobby Byrd qui le fait entrer dans son groupe gospel. Mais il lui faudra attendre 1956 pour connaître son premier vrai succès "Please, Please, Please" puis "Try Me" en 1958 avec les Famous Flames. En l’espace de trois ans, James Brown devient le roi du rhythm & blues et l’idole de tous les Noirs. La consécration définitive arrivera en 1970 avec la sortie du mythique "Get Up (I Feel Like Being A) Sex Machine", avec Bobby Byrd au contre-chant.

Des années 1950 jusqu’au milieu des années 1970, Brown s’est lancé dans une série frénétique de tournées, de concerts et d’albums, héritant du surnom "travailleur le plus acharné du show business", accompagné de ses fidèles JB’s qu’il dirige d’une main de fer, infligeant des amendes pour la moindre fausse note.

Après une traversée du désert après l’arrivée du disco, James Brown s’essouffle artistiquement, mais reviendra au premier plan grâce au cinéma grâce notamment aux "Blues Brothers" dans lequel il interprète magistralement un prédicateur ou encore "Rocky IV" pour son tube "Livin’ in America". Il fera son entrée au Rock and Roll Hall of Fame en 1986, l’année de la sortie de "Rocky IV". En 1992, il décroche un Grammy pour l’ensemble de sa très riche carrière.

Sa "carrière" judiciaire a également été bien remplie. Condamné plusieurs fois pour des affaires de drogue, de port d’arme ou pour des violences conjugales. Il a notamment passé deux ans en prison (1989-1991) pour des violences et une course-poursuite avec la police. En décembre 2001, il s’était marié en quatrièmes noces avec Tomi Rae Hynie, l’une de ses choristes. Il laisse derrière lui au moins quatre enfants : deux filles et deux fils.

Par Greg Bluestein
AP

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