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Heurts entre policiers et militaires : Ouagadougou entre psychose, rumeurs et fausses alertes

Accueil > Actualités > Politique • • vendredi 22 décembre 2006 à 07h44min

Après la « ballade » armée des militaires dans les rues de Ouagadougou, la nuit du 20 au 21 décembre 2006, les choses semblent revenir peu à peu à l’ordre, sur fond de psychose de rumeurs et de fausses alertes.

Vingt quatre heures après ce qu’il convient d’appeler échauffourés entre forces de l’ordre, principalement militaires et policiers, Ouagadougou vit au rythme de psychose, de rumeurs et de fausses alertes. Ainsi, la journée du jeudi 21 décembre 2006 a été l’occasion pour nous de faire le constat des dégâts matériels, des pertes en vie humaines et prendre le pouls de la cité. Nous avons constaté des impacts de balles sur les vitrines de l’Eau-Vive, sise côté Nord du grand marché.

Des cas de boissons pillées dans des stations et des buvettes ont été signalés. C’est également le cas du foyer de Sidwaya, qui a été « allégé » de quelques bouteilles de boisson. Dans notre périple, aux environs de 10h 45, nous avons rencontré des militaires à moto, se dirigeant vers le commissariat central de Ouagadougou. Méfiants, des passants cherchaient un lieu sûr pour s’abriter.

Après nous mettons le cap sur la plus grande garnison du Burkina, le régiment central des armées pour en savoir plus. Mais nous avons été priés de rebrousser chemin par des militaires stationnés devant le camp. A quelques mètres de là, un militaire baigne dans son sang suite à un accident de la circulation. Ses collègues volent à son secours. Quinze heures. Disons la seconde grande alerte sur fond de couvre feu instauré et devant prendre effet dès 17 heures, l’heure H.

C’est la panique dans les rues de Ouagadougou surtout celles bordant le grand marché, Rood Woko. Les commerçants, tout effrayés, se hâtent de ramasser leurs marchandises. En quelques minutes, le marché se vide ainsi que plusieurs rues de Ouagadougou. Dix huit heures. Nous décidons d’aller vérifier cette rumeur de couvre-feu qui s’est répandue dans les artères du grand marché. A bord d’un véhicule, nous avons pris la direction de Gounghin.

La circulation est normale. Les populations vaguent à leurs occupations (à pieds, motos ou en véhicules). Cependant, des stations, des banques, des commerces ont fermé leurs portes. Par curiosité nous avons fait un tour vers le camp de l’unité pour prendre l’ambiance de cette caserne. Rien à signaler de ce côté également. Tout semble normal. Nous avons même aperçu plusieurs militaires dans une buvette. Pour le retour, nous avons emprunté la route du stade de 4-août qui mène à l’école nationale de la police (ENP).

Le seul fait marquant est la fermeture des portes de l’école. C’est sur ce constat que nous sommes revenus à notre rédaction. La rumeur repousse le couvre feu pour 19h. Sacrée rumeur ! Pourtant tout baigne, la vie commence à reprendre son cours normal. Les « accrocs » de la fête sont en plein pourpalers pour les achats de fête de fin d’année.

Même si déjà les conséquences collatérales de ces heurts semblent être le repport du sommet de la CEDEAO que notre capitale devait abriter alors que la rencontre des jeunes avec le chef de l’Etat dans le cadre du 2e Forum des jeunes a été annulée. Au moment où nous bouclions cette édition un communiqué du ministère de la Défense dont nous vous donnons lecture vient confirmer la quiètude qui règne dans la ville.

Alassane KERE


Les militaires enterrent leur frère d’armes

Informé vers 12h 5 mn que les militaires enterraient un des leurs succombé suite aux heurts intervenus dans la nuit du 19 au 20 décembre entre des militaires et des policiers, une équipe de Sidwaya s’est déportée au cimetière de Gounghin. Sur place, nous constaterons effectivement des traces des rangers et...surtout la tombe du soldat Adi Kaboré, 2e classe. Le défunt a été porté sous terre par ses frères d’armes au cimetière militaire de Gounghin, ce jeudi 21 décembre en fin de matinée. N’ayant pas pu assister à son enterrement, l’équipe de Sidwaya s’est contentée de faire le constat.

S. Nadoun COULIBALY

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Couvre feu, un mot si lointain

Il faut être d’un certain âge pour comprendre tout le sens que revêt le mot « couvre feu ». Si ce vocable semble familier à ceux qui ont connu les périodes des coups d’Etat (1966, 1974, 1980, 1982, 1983, 1987) beaucoup l’ont entendu suite aux heurts entre militaires et policiers. La seule rumeur d’un couvre feu a littéralement entraîné un mouvement de panique dans la capitale burkinabè. Services et commerces ont subitement fermés leur porte. « Un couvre feu couve du feu », soutiennent certains.

La psychose en valait la peine.

Cela fait belle lurette que les hommes intègres n’ont pas entendu des tirs sporadiques à l’arme lourde toute une nuit. Assurant la garde à la DGPN, un jeune policier a trouvé la mort.

La gendarmerie a pris position autour du commissariat central pour assurer la sécurité des lieux.

Sale temps pour la paix civile au Faso. Les supputations relatives à des affrontements similaires dans la capitale économique Bobo-Dioulasso et bien d’autres villes à l’intérieur du pays se sont révèlées fausses.

Pour la première fois dans l’histoire du Burkina Faso, des manifestations (Forum national des jeunes, sommets de la CEDEAO et de l’UEMOA) de portée nationale et internationale ont dues être annulées face à cette situation regrettable.

JESP

Sidwaya

Vos commentaires

  • Le 22 décembre 2006 à 08:17 En réponse à : > Heurts entre policiers et militaires : Ouagadougou entre psychose, rumeurs et fausses alertes

    C’est ridicule cette tentative de Sidwaya de minimiser l’ampleur des dégats et du problème en gros

    Répondre à ce message

    • Le 23 décembre 2006 à 10:01 En réponse à : > Heurts entre policiers et militaires : Ouagadougou entre psychose, rumeurs et fausses alertes

      Il ne faudrait pas s’y tromper sur la nature de ces ’sauts d’humeur’
      de la soldatestque. Derrière se cache la remise en cause de la structure sociale mise en place de façon peut être inconsciente par l’histoire. A savoir la meritocratie qui est entrain de s’instaurer pétit à pétit dans ce pays et qui à mon sens déplait de façon peut être inconsciente à beaucoup dont les chefs militaires. J’ai observé le zèle de certains soldats et il fallait comprendre que chacun prénait ses marques pour les récompenses futures. Celà a peut être tourné au fiasco. mais tout un chacun est prévenu des bouleversements possibles non par le mérite mais par la force comme on a pu le constater avec les jeunes soldats gouvernant d’un jour. Tout le monde est interpélé à commencer par la hiérarchie. Nous n’étions pas loin d’un pronunciamento qui allait tourner au drame car ceux d’en face n’allaient pas se laisser faire facilement comme Bédié en 1999. Heureusement pour la ville de ouaga que les policiers de l’ENP et du camp CRS ont résister une partie de la nuit
      du 21/12/2006. C’est ça la vérité.

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  • Le 22 décembre 2006 à 09:09, par Sally En réponse à : > Heurts entre policiers et militaires : Ouagadougou entre psychose, rumeurs et fausses alertes

    C’est triste ce qui s’est passé mercredi entre policiers et millitaires
    C’est comme pour dire que c’est la loi du plus fort qui règne au pays des hommes intègres !
    Comme si la justice n’y existait pas !

    C’est triste !

    Répondre à ce message

  • Le 22 décembre 2006 à 09:31, par The Feather En réponse à : > Heurts entre policiers et militaires : Ouagadougou entre psychose, rumeurs et fausses alertes

    "Yen a marre, l’afrique en a marre, marre, marre !! Le peuple en a marre" Ce chant de Ticken resonne dans ma tete quand je lis les faits qui se passent au pays. Il ya quelque chose d’alarmant dans ces faits qu’un bon observateur verra, c’est que "c’est pas bon, ca sent mauvais".
    D’abord c’est le peuple apres une certaine hausse des prix qui a secoue le systeme, et maintenant les militaires et flics censes etre disciplines et OBEISSANT a des ordres qui s’y mettent... Hmm, a quelque part il ya "manque de control de la part des "mogo puissants"". Le systeme se rouille dans ses chaineries politiciennes et oublie ses vrais fondements je crois... L’histoire de la villa construite sur le sable, on a beau la decorer et y mettre du ciment et quoi encore, ca reste ..tres fragile !!! Que ceux qui ont des yeux pour voir, regardent !!! Nous regardont dans la mauvaise direction la cause de tout cela !! Que Dieu protege le Burkina, Amen.

    Répondre à ce message

  • Le 22 décembre 2006 à 14:26, par innsa En réponse à : > Heurts entre policiers et militaires : Ouagadougou entre psychose, rumeurs et fausses alertes

    Les homme qui sont là pour proteger les citoyens se battent entre eux !
    Du jour au lendemain, des militaires peuvent mettre le desordre dans la ville !
    C’est vrai que c’est grave... tres grave meme.
    Au delas de ce petit accrochage, ca ne montre rien de bon.
    Les militaires sont les patrons du pays.

    Il faudrait quand meme se poser la question de la necessité de militaires dans nos pay.

    Le gros probleme, c’est que les presidents sont d’enciens militaires (Compaore, Eyadema, Bongo, Idriss Déby, François Bozizé etc... etc...)

    Répondre à ce message

  • Le 24 décembre 2006 à 13:36 En réponse à : > Heurts entre policiers et militaires : Ouagadougou entre psychose, rumeurs et fausses alertes

    Je salues sincèrement l’actions des gestionnaires du site nous permettant de réagir, même de loin, sur les sujets de grande importance concernant la vie de notre Nation.
    je crois que ce qui s’est passé au sein des forces de defense et republicaines du Burkina est grave et condanable du point de vue du fonctionnement des institutions de la République. Et nous étions effectivement dans un environnement où les "termes" ci-dessus utilisés ont leur sens, je crois que les Ministres en charge devraient assumer les responsabilités et tirer les enseignements (à cmmencer par demissionner).

    Quant à l’analyse des causes eventuelles des derniers evenements, je crois qu’on peut faire une critique à fond concernant les valeurs et les vetues vehiculées dans les centres de formation et d’instruction des policiers et des militaires. Il faudrait que les capacités d’encadrement soient renforcées afin que les jeunes recruts soient suffisamment outillés notamment en matière d’integrité, de respect des institution et de vie citoyenne afin de mieux assumer leurs missions sur le terrain.
    Par ailleurs, je crois que l’affairisme a atteint le domaine de l’armée et de la police à telle enseigne qu’on peut facilement observer des traitement partisans et personnalisés, ne suivant aucun critère de gouvernance et de gestion integre des choses. Meme le gouvernement a sucombé à cette erreur en prenant dernièrement un decré relatif au port obligatoire des casques par les motocyclistes sauf les militaires (port obligatoire aux civils, sans armes, et pas les militaires). Tout cela montre la gravité d’une gestion partisane jusqu’au plus haut niveau qui, pourtant sur ce cas précis, la seule preoccupation est d’attenuer la mortalité liée aux accidents de circulations (bien entendu, les militaires sont également mortels). Alors, quant de tel traitements sont developpés au profit des militaires, on ne peut eviter qu’ils s’en prennent aux policiers. Si rien ne fait, ils attequerons d’autres catégories professionnelles, certainement aux banquiers qui les endettent tant/
    Du reste les policiers aussi semblent developper un certain gèle avec la conséquence de gerer ou taiter les usagers selon son humeur. Il faut rappeler que les citoyens meritent tout le respect et chacun accomplit sa mission dans l’organisation de l’Etat pour que la grande machine fonctionne.
    En resumé, tout ce disfonctionnement est prejudiciable aux seul civils qui n’ont pas d’armes pour se defendre ( à en croire à la solution des militaires)/

    Les grandes solutions :
    a) les premiers responsables de ces ministères doivent titrer les enseignements : ils devront demissionner vue la graviter des evenements ; et tous les responsables subalternes impliqués doivent etre limogés puisqu’il y va pour la sécurité du pays et donc les ministres en question, le président et tout le monde/
    b) Renforcement les capacités d’encadrement (nombre et qualité encadreurs, qualité des thématiques) et la culture republicaines de nos forces de defense et de securité/
    c) Cultiver la culture d’équité et de citoyenneté dans les casernes et commissariat/

    je vous souhaite bonne reception et merci de permettre les echanges sur ces questions

    Répondre à ce message

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