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Bétika : "Tous les grands artistes ivoiriens sont passés par le Burkina Faso

Accueil > Actualités > Culture • • samedi 8 juillet 2006 à 10h04min

Bétika

Emotion, chaudes larmes sur scène, tel est le style de la nouvelle coqueluche de la musique ivoirienne, Betika, qui a fait une entrée remarquée au panthéon des vedettes adulées au Burkina Faso avec son titre à succès "Fakaloh". Nous l’avons rencontrée pour en savoir davantage sur son histoire musicale et sentimentale. C’était le 03 juillet prochain au Pacific hôtel.

Betika, c’est quoi ton nom à l’état civil ?

• Je m’appelle Brigitte Houedji. Betika est mon nom d’artiste et ça signifie en baoulé "écoute avant de parler, vérifie avant de t’exprimer".

D’après certaines sources, c’est feu Marcellin Yacé qui t’a donné ce nom. Est-ce vrai ?

• Oui, c’est feu Marcellin Yacé qui m’a donné ce nom. Il m’avait proposé une dizaine de noms et j’ai préféré Betika.

Parle-nous de ton parcours musical.

• J’ai commencé en 1980 avec un orchestre à Grand-Bassam, "Le Famesol". Nous avons été finaliste du dernier podium en 1987. Nous avons accompagné de grands artistes comme François Lougah, Antoinette Konan. Avec cet orchestre, nous avons aussi animé des soirées. Ensuite, en 1996, j’ai sorti mon premier album appelé "Ma vie" ; quatre ans après, soit en 2000, j’ai réalisé mon second opus "Millenium 2000 Ah les hommes !" et en 2005, j’ai mis sur le marché mon troisième album "Missié pardon (Fakaloh)". Je suis au Burkina Faso dans le cadre de sa promotion. Je viens de boucler trois concerts inoubliables.

Que représentent ces concerts pour toi ? As-tu déjà eu affaire à un public aussi nombreux ?

• Depuis la sortie de cet album, j’ai toujours mobilisé un public nombreux à mes spectacles. Ce qui me fait chaud au cœur est que je suis appréciée au Burkina Faso comme en Côte d’Ivoire. Un artiste peut être célèbre chez lui et être un parfait inconnu à l’extérieur. Ici, je me sens comme à Abidjan. C’est le même engouement autour de moi, les mêmes relations avec les journalistes. Aujourd’hui ça va, mais je suis sûre que vous allez me fustiger un autre jour. Je connais les journalistes.

Aujourd’hui, tu fais partie des grandes artistes ivoiriens adulés au Burkina Faso. Que ressens-tu ?

• C’est pourquoi j’ai placé mes trois concerts sous le signe de la reconnaissance envers le public burkinabè. Tous les grandes artistes ivoiriens sont passés par le Burkina Faso. Si les artistes ivoiriens réussissent ici c’est parce que nous formons la même famille. Nous avons la même façon de ressentir les choses. Bien avant que je vienne ici, ma chanson "Fakaloh" était connue et cela m’a permis d’être invitée au Kundé.

Est-ce vrai que le titre ""Fakalo" est ton propre histoire ?

• C’est exact. "Fakaloh" est ma propre histoire d’amour. C’est un homme qui m’a lâchée. Pourtant il m’avait promis le mariage. Malheureusement cela n’a pas marché. Dans ce titre, j’incite les gens à ne pas écouter les rumeurs, les racontars.

Tu pleures dans le clip de "Fakalo". Est-ce que tu continues de pleurer lorsque tu évoques cette histoire ?

• Je pleure à chaque fois que je chante "Fakaloh" parce que j’assume et je me donne à fond dans cette chanson. Je ne peux me mettre à rire en chantant ce titre, cela n’aura aucun effet sur le public. Avec "Fakaloh", je ne pleure pas seule, mais avec mon public.

Que penses-tu du fait que certaines personnes disent "Kafando" au lieu de "Fakaloh" ?

• C’est lorsque je suis venue au Kundé que j’ai appris cela. A mon avis c’est dans l’ambiance que cette transformation a eu lieu. Les gens voulaient l’adopter à leurs réalités. C’est cela l’ambiance.

Ne penses-tu pas que "Fakaloh" t’a lâchée parce que tu es devenue célèbre ?

• Je ne crois pas. C’est lui seul qui connaît les raisons de son acte.

As-tu de ses nouvelles ?

• Je n’ai pas de ses nouvelles, je ne sais pas où il se trouve.

Si "Fakaloh" revenait...

• Ce sera difficile de repartir avec lui parce que les choses évoluent.

Est-ce que cela signifie que ton cœur est déjà pris ?

• Mon cœur est pris par Dieu et par la musique. Laissons tomber les histoires d’homme.

Pourquoi, selon toi, les artistes ivoiriens deviennent de plus en plus croyants ?

• Depuis cette malheureuse guerre tout le monde est devenu croyant en Côte d’Ivoire. Ce ne sont pas les artistes uniquement. Parce que c’est Dieu seul qui peut nous sortir de cette situation.

Pouvons-nous connaître ton âge ?

• Je suis désolée, je ne peux pas donner mon âge. Une femme n’a pas d’âge. Je dirai mon âge quand j’aurai conquis le monde.

As-tu eu des prétendants ouagalais ?
• Les Ouagalais ne m’ont pas draguée. Ils m’ont plutôt consolée et encouragée. Ce sont des personnes qui ont beaucoup de respect pour la femme. Les dames peuvent rester tranquilles, je n’ai pris le mari de personne.

En dehors de tes spectacles, qu’est-ce qui t’a marqué ?

• Franchement je suis heureuse depuis mon arrivée. J’ai même pris du poids. Mais je déplore le fait que je n’ai pas eu l’occasion de goûter aux mets burkinabè. C’est le zoom-kom que je connais, c’est insuffisant.

Cyr Payim Ouédraogo (cyrpayim@hotmail.com)
Alassane Kéré (alassanekere@yahoo.fr)

L’Observateur Dimanche

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