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Journée internationale de lutte contre la corruption : « Nous devons prendre conscience du lien étroit entre corruption et terrorisme et agir vite »

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET • vendredi 9 décembre 2022 à 23h32min
Journée internationale de lutte contre la corruption : « Nous devons prendre conscience du lien étroit entre corruption et terrorisme et agir vite »

A l’occasion de la commémoration de la journée internationale de lutte contre la corruption, l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption (ASCE-LC) a organisé un panel avec les forces de défense et de sécurité. A cette occasion, plusieurs communications ont été faites par la gendarmerie nationale, la police nationale, la douane, les eaux et forêts, etc. Le thème retenu pour cette année est : « lutter contre la corruption, quels enjeux pour la restauration du territoire national ».

La corruption est un phénomène qui est présent dans tous les secteurs d’activité et il est illusoire de croire que les forces armées nationales échappent à cette réalité. Ces propos introductifs du chef d’état-major de l’armée de terre, Adam Néré viennent confirmer la présence de la corruption dans le milieu des forces armées nationales, vérité qui d’ailleurs est un secret de Polichinelle. Cependant, la problématique qui déjà avait des conséquences alarmantes, présente de nos jours un visage encore plus hideux, eu égard au lien étroit du phénomène avec l’insécurité. En effet, cela fait maintenant plus de sept ans que la lutte contre le terrorisme semble vraisemblablement infructueuse et l’une des raisons principales tient en la forte menace de la corruption dans cette lutte.

« L’heure n’est plus au discours mais aux actes à même de donner un coup de fouet au processus de développement harmonieux de notre pays, pour amenuiser les risques de corruption », Philippe Neri Kouton Nion

Au niveau de la gendarmerie par exemple, « la corruption est présente dans la gestion des ressources humaines et financières à travers le recrutement des personnes, les mutations, les promotions et les décorations. Il y a aussi des détournements des primes de soldats. Cela provoque un gaspillage d’argent, l’achat des matériels inadéquats et les retombées sont sévères et détruisent le moral des soldats », a rappelé le chef d’état-major de la gendarmerie, Evrard Somda.

Ainsi, pour réduire de façon drastique l’ampleur du phénomène, des mesures ont été prises par les institutions militaires parmi lesquelles on note « des mécanismes de contrôle et de répressions. Il y aussi la formation des hommes sur la citoyenneté, l’honneur, le patriotisme, le civisme pour éviter qu’ils succombent à la corruption », a rappelé le commandant Lassané Dénis Nikièma, représentant des eaux et forêts.

Le présidium qui a tenu le panel

Nonobstant ces moyens, Evrard Somda estime que d’énormes difficultés entachent cet élan de lutte, si fait que les efforts consentis semblent nuls. « Les populations ignorent les textes et ça c’est un vrai problème. Il y a des gens qui croient que quand on les arrête à un poste de contrôle, il faut payer pour passer. Ils pensent même que c’est codifié. Il y a certains qui arrivent au poste de contrôle, qui sont en règle, mais qui donnent quand même de l’argent au chef pour boire de l’eau. Si vous habituez le chef à ce genre de pratiques et à un moment vous l’en privez, il va réclamer. Aussi, la hiérarchie contribue souvent elle-même à estomper les effets de la lutte. Vous pouvez arrêter quelqu’un qui va vous proposer de l’argent. Comme vous respectez ce que vous faites, vous refusez cet argent. La personne vous dira que même si vous ne prenez pas, je vais voir quelqu’un en haut qui va prendre. Vous pouvez même arrêter quelqu’un et quelques jours après cette même personne vient vous narguer à votre poste ».

Une vue des forces de défense et de sécurité présentes à ce panel

Pour le contrôleur général d’Etat, Philippe Neri Kouton Nion, il faut assécher au plus vite les niches de corruption pour asseoir le bien-être social qui est la somme des bien-être des individuels. Ainsi, dira-t-il à ce propos : « La corruption nourrit le terrorisme et menace le bien être de notre société et par voie de conséquence, notre vivre ensemble, l’avenir de nos enfants. Nous devons prendre conscience du lien étroit entre corruption et terrorisme et agir vite et de façon concertée et permanente, en faisant usage de divers supports de communication pour sensibiliser nos compatriotes au refus de la corruption et sanctionner sévèrement au triple plans administratif, financier et judiciaire les coupables, à titre dissuasif ».

Erwan Compaoré
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 9 décembre 2022 à 23:28, par Dibi En réponse à : Journée internationale de lutte contre la corruption : « Nous devons prendre conscience du lien étroit entre corruption et terrorisme et agir vite »

    Quand un Etat est gangrené par la corruption, comme c’est le cas au Burkina-Faso, c’est que toutes nos institutions sont à interroger ! Toutes nos structures administratives, tous les partis, toute la classe politique, tous les acteurs économiques de la Banque aux producteurs locaux, toutes les ONG, et les segments de la coopération et des échanges internationaux !
    L’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption (ASCE-LC) et le REN-LAC ne suffisent à rien, si la Justice et les Tribunaux régaliens sont pratiquement désarmés quant à l’application stricte des lois punissant les fraudes, les actes et pratiques de corruption avérée ou systématique !
    La lutte contre la corruption restera toujours une coquille vide ou une litanie d’intentions et de bla-bla-bla tant que la culture du vol, de la délinquance politique, de l’Impunité maffieuse et criminelle, du népotisme clanique et clientéliste, de l’incompétence professionnelle sont payées par l’impunité !
    Et l’impunité est un des facteurs clé de la gangrène de la corruption au Burkina-Faso !
    Na an lara, an sara !
    La patrie ou la mort !

    Répondre à ce message

  • Le 10 décembre 2022 à 14:20, par Bebeto En réponse à : Journée internationale de lutte contre la corruption : « Nous devons prendre conscience du lien étroit entre corruption et terrorisme et agir vite »

    Oui la corruption c’est pas bien et il faut lutter contre.
    Mais malheureusement le Burkina est un pays où nos coutumes traditions baignent au sotifien dans la corruption.
    Un exemple : les mariages coutumiers en milieu rural se font au plus offrant, le choix sentimental de la future mariée ne compte pas. Beaucoup de Burkinabè sont nés suite au fruit de cette corruption. Beaucoup de personnes dont ecartées de la succession au trône de chef par la corruption. Le plus riche impose au collège des sages sa candidature qui est validée du fait de puissance financière.
    Dans nos familles, le droit d’ainesse n’est plus respecté, le plus riche est de facto l’ainé.
    Nous avons pleins d’exemples qui montrent que nous sommes une société Burkinabè qui baigne au quotidien dans la corruption.
    Nos policiers, douaniers, gendarmes, magistrats, personnels de santé, enseignants, et autres, ne sont pas des extra terrestres. Ce dont des Burkinabè, nés au Burkina, scolarisés et formés à leur métier au Burkina. Que se passe-t-il pour qu’après ils optent pour la corruption.
    Pour moi, les gènes de la corruption sont bien dans l’ADN du Burkinabè.
    La vraie corruption on ne la voit pas, mais on la sent c’est tout. Et pire, il n’y a aucune trace possible. Tu le sens, mais tu n’as aucun justificatif pour le prouver.
    L’existence de Ouaga 2000 est le fruit de la plus grosse corruption au Burkina. Tout le monde le sait, mais qui parle ? La corruption et l’hypocrisie vont de paire. Qui veu-on tromper dans ce pays ? Qui ne voit pas ? Qui est aveugle dans ce pays ?
    Que chacun de nous se regarde bien dans le miroir.
    La corruption dans laquelle nous baignons est le reflet de la réalité profonde de ce que nous sommes.
    Il va falloir que nous donnons les moyens à nos sociologues pour mener la réflexion autour du thème : lien entre traditions, coutumes et corruption. Ils nous proposeront à la fin de leurs recherches des pistes endogènes de solutions.
    Moi je ne crois pas aux actions de l’ASCE/LC, REN LAC et autres.
    Si celui qui doit te contrôler ou te juger est lui même un amoureux de la corruption, on fait comment ?

    Répondre à ce message

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