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Changement climatique : Un rapport de la Banque mondiale révèle l’urgence pour les pays du Sahel d’agir à travers des mesures fortes d’adaptation

Accueil > Actualités > Environnement • LEFASO.NET • lundi 26 septembre 2022 à 18h00min
Changement climatique : Un rapport de la Banque mondiale révèle l’urgence pour les pays du Sahel d’agir à travers des mesures fortes d’adaptation

La Banque mondiale a récemment rendu public, le rapport national sur le climat et le développement (CCDR en anglais). Ce rapport qui couvre les pays du G5 Sahel que sont le Burkina Faso, le Niger, le Tchad, la Mauritanie et le Mali, estime que jusqu’à 13,5 millions de personnes supplémentaires pourraient basculer dans la pauvreté à travers la sous-région d’ici 2050, du fait des chocs liés au changement climatique. D’où la nécessité pour les pays du G5 Sahel, d’agir de manière urgente à travers des investissements importants, dans des mesures d’adaptation aux changements climatiques.

Le rapport national sur le climat et le développement fait l’état des lieux des changements climatiques dans les cinq pays concernés, analyse les causes et anticipe sur les conséquences si aucune action d’adaptation n’est entreprise et fait des recommandations. Il établit clairement le lien entre les changements climatiques et leurs conséquences sur le développement. Le rapport révèle que le Niger, le Mali et le Tchad, figurent parmi les sept pays les plus vulnérables au changement climatique dans le monde. Malheureusement, leur capacité d’adaptation est fortement limitée par la pauvreté et la fragilité.

L’agriculture est la principale activité économique des cinq pays du Sahel. En effet, elle contribue à 40 % de leur PIB. Toutefois, cette partie du Sahel est l’une des régions les plus dégradées du monde, avec environ 80 % des terres agricoles qui sont épuisées. Cette dégradation qui ne cesse de s’accentuer, est causée à environ 60 % par l’activité humaine et à 40 % par les effets du changement climatique. Les sécheresses qu’ont connues certains pays du G5 Sahel, ont entraîné une augmentation de 47 % des zones sablonneuses.

Selon le rapport national sur le climat, le changement climatique pourrait induire une réduction sur le rendement du maïs, du millet et du sorgho. Il pourrait aussi occasionner des pertes de récoltes pour les cultures les moins résilientes, comme le coton, qui ne résistent pas à des températures supérieures à 35º C. Et comme ces cultures sont importantes sur le plan économique, la production de sorgho contribuant à elle seule à 5,4 % du PIB du Niger, une baisse de la productivité se traduirait par d’importantes pertes économiques.

Le changement climatique menace également les systèmes pastoraux, car il réduit la productivité, endommage la reproduction et provoque des pertes de biodiversité. Les pertes de lait pourraient atteindre 17 % d’ici 2100.

La région du G5 Sahel est aussi confrontée au stress hydrique. En effet, au Burkina Faso, au Tchad et au Niger, moins de la moitié de la population a accès à une eau potable de base. Les eaux de surface dans la région sont limitées et souvent saisonnières, ce qui fait des eaux souterraines la principale source d’eau pour de nombreuses personnes. Les projections climatiques pour le Sahel, font constater qu’en raison de la croissance démographique, la disponibilité de l’eau par habitant au Sahel est appelée à diminuer de 76 % d’ici 2080.

En termes de prévisions, d’ici 2100, la température annuelle aura augmenté d’environ 3 à 6º C. ce qui va entraîner une variabilité accrue des pluies, avec tantôt des années sèches et tantôt des années humides. Les conséquences de ces variations sur l’agriculture sont entre autre la diminution des récoltes à cause des sécheresses ou des inondations avec des risques d’insécurité alimentaire. Le manque de ressources en pâturages va emmener la baisse de la productivité pour le bétail mais aussi des risques de conflits entre éleveurs et agriculteurs. Une baisse des ressources en eau ainsi que l’extinction de la biodiversité et l’augmentation de la déforestation, ainsi que la baisse de la productivité de la pêche, sont autant de conséquences envisagées pour la région du Sahel face à l’augmentation de la température.

Bien que les pays du G5 Sahel contribuent ensemble à moins de 1 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, les cinq pays se sont engagés à atteindre des émissions nettes nulles d’ici 2050. En outre, lors de la COP26, le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Tchad se sont engagés à travailler ensemble, avec plus de 100 autres pays, pour stopper et inverser la perte de forêts et la dégradation des terres d’ici 2030. Aussi, tous les pays du G5 Sahel ont soumis des contributions déterminées au niveau national (CDN) dans le cadre de l’accord de Paris. Tous les pays disposent de plans d’adaptation nationaux de lutte contre le changement climatique, couvrant l’agriculture et l’élevage, la conservation des écosystèmes, la biodiversité et les forêts, l’eau et l’assainissement, l’énergie et les infrastructures, l’égalité des genres et la protection sociale, l’aménagement du territoire, la santé, l’éducation, la pêche et l’aquaculture.

Le coût total estimé des investissements pour l’adaptation prévue dans les CDN, à financer par des sources publiques et externes d’ici 2030, est de 33 milliards de dollars, soit environ 44 % de leur PIB combiné de 2021. Les coûts prévus varient selon les pays, allant de 2,8 milliards de dollars US pour le Burkina Faso à 10,6 milliards de dollars US pour la Mauritanie. Les estimations du financement total nécessaire pour respecter tous les engagements en matière d’atténuation dans le cadre des CDN actuelles vont de 1,3 milliard de dollars US au Burkina Faso à 34,3 milliards de dollars US en Mauritanie. Pour le G5, le déficit total de financement des mesures d’atténuation avoisine 50 milliards de dollars US.

Pour une meilleure adaptation aux chocs climatiques, le rapport préconise aux pays du G5 Sahel, de mobiliser des financements supplémentaires auprès de sources internationales, privées, non gouvernementales et nationales tout en utilisant de manière plus efficiente et efficace leurs ressources financières existantes. Aussi, des investissements et des politiques sensibles aux conflits ainsi qu’une croissance résiliente et inclusive pourraient aider.

« La croissance est la meilleure forme d’adaptation, tant qu’elle est durable et inclusive. Plus un pays est riche, plus le gouvernement, les entreprises et les ménages disposent de ressources pour investir dans les technologies d’adaptation au changement climatique. Plus les entreprises et les ménages sont riches, plus ils sont résilients aux chocs négatifs liés au changement climatique. Un pays qui a opéré une plus grande transformation structurelle, c’est-à-dire une migration de l’agriculture vers l’industrie et les services, sera moins vulnérable aux chocs climatiques. Enfin, étant donné que les chocs climatiques causeront probablement des dommages économiques importants malgré de meilleurs efforts d’adaptation à grande échelle, supprimer les contraintes entravant la transformation économique et une croissance résiliente et inclusive est essentiel pour éliminer ces dommages », recommande le rapport.

Synthèse Armelle Ouédraogo/Yaméogo
Lefaso.net

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