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Afrique : Bientôt la création d’un réseau régional d’échanges de données pour la sauvegarde des écosystèmes

Accueil > Actualités > Multimédia • LEFASO.NET • mardi 20 septembre 2022 à 12h22min
Afrique : Bientôt la création d’un réseau régional d’échanges de données pour la sauvegarde des écosystèmes

Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, abrite du lundi 19 au vendredi 23 septembre 2022, la rencontre régionale sur la valorisation des écosystèmes africains. Les travaux ont été lancés par la ministre en charge de l’environnement, Dr Maminata Traoré/Coulibaly. Cet atelier d’échanges, de formation et de validation est organisé par le ministère de l’Environnement, de l’énergie, de l’eau et de l’assainissement en partenariat avec l’Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS). Il est financé par l’Agence française de développement (AFD).

Les écosystèmes dans le monde font de plus en plus face à de sérieuses menaces, causant de graves dommages économiques, sociétaux et environnementaux. Mettre fin à la perte du "capital naturel" s’avère primordial, pour ne pas sombrer dans une situation irréversible.

C’est donc pour cela, qu’il est fondamental de prendre des mesures d’évaluation des écosystèmes, de sorte que ses services et ses avantages soient reflétés de manière structurelle dans la prise de décision. Et ce, à tous les niveaux (local, national et international).

Ainsi, dans le cadre de la mise en œuvre de l’agenda 2030 sur la biodiversité et le développement durable, mais aussi avec le lancement en juin 2021 de la décennie des nations-unies pour la restauration des écosystèmes, les pays sont invités à mettre un terme à la dégradation de leurs écosystèmes et à engager des programmes pour leur restauration.

Les participants à la cérémonie d’ouverture de l’atelier régional

Un appel auquel répond volontiers le Burkina Faso pour la protection et la préservation de ses ressources naturelles et partant de celles de l’Afrique au profit des générations futures. « Le deuxième atelier régional qui s’ouvre ce matin est la résultante de l’ensemble des efforts qui ont été déployés depuis mars 2020, date de démarrage officiel des activités du projet “Coopération régionale pour de nouveaux indicateurs de comptabilité écosystémique en Afrique“ (Copernicea) », a situé la ministre de l’environnement, Dr Maminata Traoré.

Ce projet selon la ministre, vise à doter les six pays francophones concernés, à savoir le Burkina Faso, la Guinée-Conakry, le Maroc, le Niger, le Sénégal et la Tunisie, de dispositifs opérationnels propres et autonomes de comptabilité écosystémique du capital naturel. Ce qui permettra à en croire Dr Maminata Traoré, de développer rapidement une première comptabilité écosystémique et leur capital naturel afin d’en cerner l’évolution. « Ces éléments de comptabilité, élaborés en parallèle et avec une méthodologie commune, seront comparables d’un pays à l’autre », a-t-elle indiqué.

« Promouvoir un développement à la fois dynamique et durable afin de léguer un environnement sain et lutter prioritairement contre la pauvreté », a toujours été le cheval de bataille du Burkina Faso, selon la ministre Maminata Traoré

Face aux défis à relever, Bruno Leclerc, directeur régional de l’Agence française de développement au Sahel s’interroge. « Dès lors, quelles actions mettre en œuvre pour combiner développement et maintien de ce capital naturel vital ? ». Avant de répondre qu’il s’agit de combiner en effet, les approches intégrées et territoriales, infrastructures sociales, décentralisation pour la gestion, appui aux capacités publiques (collectivités, États), planification, concertation… avec des approches sectorielles écologiquement et socialement vertueuses. Bruno Leclerc dit penser en ce sens, notamment à l’agriculture et le pastoralisme durable, la gestion durable de l’eau et des écosystèmes et la conservation des espaces naturelles.

« Nos équipes travaillent pour chaque projet que nous finançons, en lien avec nos partenaires, à aller chercher des solutions durables », mentionne Bruno Leclerc

À l’entendre, la possibilité d’une durabilité des écosystèmes et de leurs bénéfices pour les usagers d’un territoire, est une question tout autant politique qu’institutionnelle, contractuelle et sociale, mais aussi agronomique et écologique. C’est pourquoi le groupe AFD, souligne-t-il, qui s’est récemment enrichi avec l’arrivée d’Expertise France et de Digital Africa (pour les aspects numériques), place la résilience des écosystèmes au cœur de ses priorités stratégiques en Afrique.

La table ronde qui s’étale sur cinq jours devra permettre aux décideurs et experts nationaux d’approfondir les échanges sur l’état des écosystèmes en Afrique et sur l’utilité des outils de mesure et d’évaluation consistant à les préserver et les restaurer. Ces travaux qui se poursuivent aboutiront à la validation de résultats de comptes biophysiques continentaux avec l’ensemble des parties prenantes.

La remise du livre sur les écosystèmes africains, à la ministre de l’environnement, de l’énergie, de l’eau et de l’assainissement

De façon concrète, il s’agira de discuter, fixer les méthodologies et les types de données nécessaires pour la réalisation desdits comptes afin de lancer les traitements au plan national. Cette rencontre vise également à présenter la plateforme régionale de dissémination de la comptabilité écosystémique développée dans le cadre du présent projet et de former les partenaires sur l’utilisation des outils mis à leur disposition.

La mise en œuvre de ce projet dure quatre ans, allant de 2020 à 2023 dont la gestion est assurée par l’OSS. L’Observatoire du Sahara et du Sahel est une organisation à caractère international et à vocation africaine basée en Tunisie. Il compte parmi ses membres 26 pays africains, 7 autres pays, 13 organisations et 3 organisations non gouvernementales.

Hamed NANEMA
Lefaso.net

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