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Musique au Burkina : « Je souhaite collaborer avec Salif Keïta », lance Damo Fama

Accueil > Actualités > Culture • LEFASO.NET • mardi 2 août 2022 à 11h36min
Musique au Burkina : « Je souhaite collaborer avec Salif Keïta », lance Damo Fama

Damo Fama est un jeune artiste, auteur, compositeur et interprète qui comptabilise douze ans de carrière musicale. Dans cette interview, il revient sur le bilan de plus d’une décennie de carrière, les péripéties, le projet d’avenir et bien d’autres sujets.

Lefaso.net : Comment êtes-vous arrivé à la musique ?

Damo Fama : C’est une histoire d’héritage. En fait, c’est de mon ascendance que j’ai reçu le virus de la musique et au fur et à mesure, cela est devenu une passion pour moi. Pour tout vous dire, je suis dans la musique depuis mon enfance. Mais j’ai commencé à devenir professionnel à partir de 2010.

Douze ans de carrière musicale, que peut-on retenir de ce parcours ?

D’abord, être un artiste musicien est une chance parce qu’il y a plusieurs personnes qui ont une âme d’artiste en elles mais qui n’ont pas eu l’opportunité de l’exprimer. Aujourd’hui, si je suis un artiste de profession, c’est une grâce et je suis fier de cela. Pour ces douze années, je remarque que j’ai gagné en maturité. Il faut dire qu’au début, nous étions trois mais par la suite je suis resté seul jusqu’à aujourd’hui. J’ai eu à faire beaucoup de tournées à l’intérieur du pays et même à l’international, notamment au FIMU (Festival international des musiques universitaires) de Belfort, en France, en 2018. De plus j’ai été approché par des structures dans le cadre des sensibilisations.

Vous dites que vous étiez trois au début et qu’aujourd’hui, vous êtes seul. Qu’est ce qui n’a pas marché dans cette aventure du trio ?

Vous savez, chacun a son agenda de vie personnel, donc chacun va à son rythme. Les gens ne nous voient plus en scène ensemble pour chanter comme ils l’espéraient mais cela ne veut pas dire qu’il y a eu une division. Ceux avec qui j’ai travaillé demeurent pour moi des frères. Je peux dire que le projet n’a pas marché pour nous ensemble dans la musique. Au-delà de la musique, on pourrait collaborer ailleurs.

Comment vous vous sentez dans cet environnement musical burkinabè au regard de votre expérience ?

Je me sens bien dans l’environnement musical burkinabè. Ces années de parcours ont été une leçon de vie pour moi et cela va me permettre de renforcer mon art.

Kilée, qu’est-ce que cela vous rappelle ?

C’est une école de formation pour moi, si je peux le dire puisque c’est la formation dans laquelle le public m’a connu avant d’être le Damo Fama que je suis. C’était une étape de ma carrière.

Que s’est-il réellement passé pour que vous partiez de Kilée ?

Il ne s’est pas passé quelque chose. Les gens pourraient se poser quelques questions, mais rien. C’est juste que la carrière en groupe a pris fin, c’est tout !

Et Capella Bam’ba ? Une chanson qui raconte la vie de Damo Fama n’est-ce pas ?

Pas du tout, puisque un artiste au-delà de sa personne se met le plus souvent à la place d’autres personnes. Si ceux qui m’ont écouté pensent que c’est ma vie, tant mieux. Mais l’objectif à travers cette chanson était de raconter une histoire pour des milliers de personnes. L’artiste à un certain moment donné se surpasse lui-même, transcende ses émotions. D’autres personnes à travers nos compositions se voient en nous.

Comment arrivez-vous à tenir la concurrence, voir l’adversité dans ce domaine ?

Je ne parlerai pas d’adversité ni de concurrence parce qu’il n’y a pas un seul artiste que je vois en tant qu’adversaire et je ne pense pas que je puisse être l’adversaire d’un quelconque artiste aussi. Le plus important pour moi est de pouvoir contribuer d’une manière ou d’une autre, d’être un modèle dans ma discipline pour le Burkina Faso à travers des projets de développement.

Vous parlez de projet de développement, peut-on en savoir davantage pour votre carrière ?

Les projets sont énormes. Il y a des questions de signatures qui sont en cours, des sorties au niveau international et aussi dans la sous-région.

On vous compare souvent à certains artistes. Comment vous appréhendez cette comparaison ?

Moi personnellement, je n’aime pas les comparaisons, j’ai plutôt du respect pour certains artistes. Je n’espère pas devenir un autre artiste que Damo Fama. J’apprécie beaucoup les artistes mais je n’espère ressembler à aucun artiste. Mais cela ne veut pas dire que je renie l’excellentissime travail de mes devanciers ou de certaines figures de proue de la musique. Par exemple Salif Keïta, je l’apprécie beaucoup. Je veux faire une collaboration avec lui.

Comment se passe vos collaborations avec les autres artistes sur le terrain ?

C’est vrai que je ne suis pas l’ami de tous les artistes du Burkina Faso. Mais il y a certains devanciers avec qui j’ai de très bonnes relations, de même que de la jeune génération. Nous avons fait des featuring avec certains et il y a d’autres encore en cours.

Vous aviez dit que la professionnalisation de votre musique a commencé en 2010. De cette période à aujourd’hui êtes-vous satisfait ?

Les difficultés ne manquent pas, comme dans tous métiers. Je peux dire que je vis de cette musique. Il y a des difficultés pour trouver les moyens d’investissement parce que la musique est devenue une véritable industrie. Il y a des questions de création, de diffusion, de positionnement, des questions de commercialisation, d’édition... Tout cela demande des moyens. De toute façon, une chose est de rencontrer les difficultés et une autre chose est de les transformer en opportunités.

Dans une publication de Patrick Kabré, il disait que c’est une chance d’avoir un artiste comme Damo Fama. Un tel message de soutien, comment vous le recevez ?

Cela montre qu’il y a beaucoup qui croient en moi. Ce genre de post galvanise davantage. Si par exemple, j’étais animé par un sentiment d’abandon, je reprendrai courage. Je prends cela avec beaucoup de modestie.

S.I.K (stagiaire)
Vidéo : Lawapan Auguste Paré
Lefaso.net

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