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Plaies saisonnières chez l’enfant : Les conseils de Dr Bara pour les éviter

Accueil > Actualités > Société • Lefaso.net • mercredi 6 juillet 2022 à 22h15min
Plaies saisonnières chez l’enfant : Les conseils de Dr Bara pour les éviter

Le prurigo strophulus ou prurigo saisonnier pour faire plus simple, les plaies saisonnières touchent de nombreux enfants en saison pluvieuse. Pour en savoir plus sur cette maladie, certes bénigne mais très inconfortable pour les enfants, nous avons rencontré Dr Salamata Bara épouse Tiendrébéogo, médecin-dermatologue exerçant au Centre hospitalier régional de Ziniaré. Dans cet entretien elle donne quelques conseils pour éviter ces plaies saisonnières. Lisez plutôt !

Lefaso.net : Quand on parle de plaies saisonnières, de quoi s’agit-il concrètement ?

Dr Bara : Ce que le novice appelle plaie saisonnière, nous l’appelons dans notre jargon prurigo saisonnier ou prurigo strophulus. C’est une dermatose (maladie de la peau) qui se manifeste par l’apparition de boutons accompagnée de démangeaison parfois très intense et ces boutons apparaissent surtout sur les parties du corps qui sont les plus accessibles notamment les parties découvertes, exposées (jambes, avants bras, bras)

Pourquoi c’est particulièrement en saison pluvieuse que ces boutons apparaissent ?

Ils apparaissent en cette saison parce que c’est à cette période qu’il y a les eaux stagnantes un peu partout qui sont propices à la pullulation des agents responsables que sont les moustiques dans notre contexte. A cette période on a beaucoup plus de moustiques et les gens sont exposés aux piqûres de moustiques. C’est ce qui explique la fréquence de cette maladie à cette période de l’année.
Mais il faut noter que certains parasites peuvent également être responsable de la maladie (puce, punaises, acarien)

Ces plaies apparaissent-elles seulement chez les enfants ou y a-t-il des adultes qui en souffrent ?

Le terme « prurigo strophulus » est spécifique de l’enfant. C’est une maladie rencontrée surtout dans la fourchette d’âge entre 2 ans à 10 ans. Chez l’adulte on rencontre cette maladie mais on parle de prurigo aigue ou chronique. Chez l’enfant, on n’a pas tendance à investiguer pour rechercher d’autres étiologies associées à la maladie mais chez l’adulte, on est amené à investiguer.

Cette maladie peut-elle être grave ?

C’est une maladie qui est bénigne mais qui est très inconfortable parce que c’est une maladie qui amène à gratter beaucoup. Et le fait que ça gratte, cela peut détériorer la qualité de vie de l’enfant, troubler son sommeil. En dehors de l’aspect inconfortable de la maladie, elle n’est pas grave. Mais elle peut quand même se compliquer comme toute autre maladie. Le prurigo saisonnier se manifeste par les boutons, les plaies surviennent suite au grattage.

En grattant, ils peuvent excorier la peau et c’est ce qui crée les plaies. Ces plaies peuvent être des portes d’entrée de microbes qui font qu’il y a des plaies qui sont surinfectées. La surinfection c’est quand il y a des agents microbiens qui sont là et qui créent du pus dans les plaies. C’est ce qui fait qu’il y a parfois des plaies avec du pus et si ce n’est pas bien soigné, ça peut entraîner d’autres complications.

Recevez-vous beaucoup d’enfants souffrant de cette maladie en consultation ?

En saison pluvieuse comme maintenant, on en reçoit beaucoup en consultation. On a beaucoup de cas d’enfants qui en souffrent pendant cette période.

Pourquoi il y a des enfants plus sujets à cette maladie et d’autres pas ?

En fait, en réalité cette maladie est secondaire à une hyperréactivité. Ces enfants réagissent à la salive des moustiques. Il faut savoir qu’on n’a pas les mêmes systèmes immunitaires, les types de peau diffèrent donc c’est en fonction de tout cela que d’autres enfants vont manifester l’allergie et d’autres pas.

Comment se fait la prise en charge, n’est-elle pas compliquée ?

La prise en charge n’est pas compliquée. Il faut dire que quand nous voyons l’enfant, nous évaluons son état et en fonction de ce que nous trouvons, nous prescrivons le traitement (médicaments contre le grattage, des dermocorticoïdes et des antibiotiques au besoin). Mais il faut dire que ça ne sert pas de prescrire un traitement si les mesures d’accompagnements ne sont pas là.

Et quelles sont ces mesures d’accompagnement ?

Il faut protéger les enfants contre les piqûres de moustiques à cette période en utilisant des crèmes répulsives anti moustiques, il faut pulvériser nos cadres de vie, veiller à ce que ça soit propre. Il faut porter des vêtements qui les protègent contre les piqûres. Ils doivent porter des pantalons, des habits manches longues. C’est surtout ces mesures d’accompagnement qui sont très importantes et qui vont aider à ce que la maladie finisse.

Quels conseils pour les parents dont les enfants souffrent des plaies saisonnières ?

Les parents dont les enfants souffrent de cette maladie doivent surtout protéger les enfants contre les piqûres de moustiques, leur porter des pantalons et de habits manches longues et éviter qu’ils sortent à une certaine heure de la nuit parce qu’il y a beaucoup plus de moustiques. Il faut assainir le cadre de vie. Il faut que les enfants dorment sous moustiquaires. Toutefois si ces boutons et plaies apparaissent, nous les exhortons de consulter également pour une meilleure prise en charge.

Entretien réalisé par Justine Bonkoungou
Photo et vidéo : Auguste Paré

Vos commentaires

  • Le 7 juillet 2022 à 18:06, par PATRIOTE INTEGRE En réponse à : Plaies saisonnières chez l’enfant : Les conseils de Dr Bara pour les éviter

    Félicitation à vous, Dr BARA ! Malgré l’adversité et toutes les pesanteurs socio-culturelles, vous avez osé choisir cette noble filière et vous y êtes allé à bout. Bravo pour votre courage et votre détermination !
    J’apprécie votre intervention qui contribue à la sensibilisation et à éclairer les populations sur ce mal qui indispose nos enfants. Dans notre société, les gens ont tendance à dire que la médecine moderne est peu efficace contre certains maux. En milieu rural et semi-urbain surtout, les gens préfèrent s’en remettre à la médecine traditionnelle. Etant donné que vous êtes de la même société, il serait bénéfique que vous présentez des pratiques de la médecine traditionnelle dont vous avez connaissance, ses avantages et ses insuffisances, ainsi que ceux de la médecine moderne que vous pratiquez. Et enfin, dégager les perspectives éventuelles qui s’offrent à nous pour améliorer la prise en charge des patients et quels est la marge de collaboration qu’ont les deux médecines pour le bonheur des populations.
    Encore, merci à vous pour votre noble et immense contribution à l’amélioration des conditions de vie des populations du Burkina Faso et du continent africain.

    Répondre à ce message

  • Le 8 juillet 2022 à 20:23, par KAGAMBÈGA Vincent de Paul En réponse à : Plaies saisonnières chez l’enfant : Les conseils de Dr Bara pour les éviter

    J’ai compris en fin. Merci grandement ? Ma fille souffre de cette maladie et nous avons fait plus d’une année de soin en clinique. Je me posais bien de questions sur l’origine de ce mal. Merci !

    Répondre à ce message

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