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Vie sociale : « Le chef de famille n’est pas un tortionnaire, un tyran » (tribune)

Accueil > Actualités > Opinions • • dimanche 19 juin 2022 à 19h35min
Vie sociale : « Le chef de famille n’est pas un tortionnaire, un tyran » (tribune)

Dans cette tribune ci-après, la juriste, spécialisée en droits humains, notamment en droits de l’enfant et de la femme, Hierbine Aïcha Palé, responsable du Cabinet Human Right Consulting (CHRC) et animatrice du blog « Famille et Communication Non-Violente (CNV) » pose le sujet relatif à la perception “chef de famille”.

Dans notre société, très jeune, nous entendons la phrase suivante : « je suis le chef de famille ». Cette phrase est pour la plupart du temps répétée par les adultes qui nous entourent. Il arrive même que ces adultes montrent parfois un garçonnet, en disant qu’il est le chef de famille. Cette distinction se fait entre lui et la fillette. A travers cette phrase, les adultes font déjà croire au garçonnet qu’il est supérieur à la fillette consciemment ou inconsciemment.

Le petit garçon d’hier grandit avec cette mentalité de « chef de famille » et avec tout ce qui compose le groupe de mot « chef de famille ».

Celui pour qui faut-il tout faire, même les besoins les plus basics, comme apporter de l’eau à boire, prendre son assiette à la fin du repas, etc. Le petit garçon grandit en ayant à l’esprit que le sexe féminin doit tout faire pour lui parce qu’il est le chef de famille.

Faire comprendre à un garçonnet qu’il est le chef de famille, juste parce qu’il est de sexe masculin, est une grave erreur. Il est temps de montrer aux petits garçons que le titre de chef de famille ne s’acquiert pas juste parce qu’on est de sexe masculin.

Il faut leur montrer que ce titre est lié à une responsabilité et que c’est en honorant ces responsabilités que l’on peut prétendre à ce titre.

Il s’agit entre autre de prendre soin de sa famille, de la respecter, de respecter son épouse et ses enfants. En somme, faire le nécessaire pour mettre sa famille à l’abri des besoins de premières nécessités, etc. C’est en cela que l’on peut prétendre à ce titre de chef de famille.

Etre chef de famille, ce n’est pas marginaliser son épouse et ses enfants.

Etre chef de famille, c’est prendre ses responsabilités vis-à-vis de son épouse et de ses enfants.

Etre chef de famille, ce n’est pas un vain mot. C’est une mission que l’on doit accomplir avec beaucoup de sérieux.
Ce n’est pas en terrorisant les membres de sa famille qu’on est chef de famille.
Le chef de famille n’est pas un tortionnaire, un tyran.

Le chef de famille, ce n’est pas celui qui fait fuir les enfants et son épouse au seul bruit annonçant son arrivée au domicile.

Le chef de famille, c’est celui qui montre le bon exemple car, il sait que les enfants sont plus sensibles à ce qu’ils voient plutôt qu’à ce que leur dit l’entourage.

Le chef de famille, c’est celui qui sait reconnaître facilement son tort. C’est celui qui sait présenter ses excuses à son plus jeune enfant, lorsqu’il pense l’avoir offensé.

Le chef de famille, c’est celui qui unit chaque membre qui constitue sa famille, en cas de besoin. Comme l’aiguille et le file, le chef de famille coud ce qui est déchiré.

Le chef de famille, c’est celui qui respecte sa parole donnée soit aux enfants soit à son épouse.

Le chef de famille, c’est celui qui est capable de montrer ses émotions. Oui, il faut également être capable de cela.

Le chef de famille, c’est tout simplement celui qui a le dos et les épaules larges pour supporter sa famille émotionnellement et financièrement.

Le chef de famille, c’est celui qui sait demander l’aide de son entourage au besoin.

Le chef de famille, c’est celui qui est accessible aussi bien par ses enfants que par son épouse.

Le chef de famille, c’est tout simplement l’être humain qui montre son humanité.

Le chef de famille, ce n’est pas un titre qui se réclame.
C’est un titre qui s’acquiert au regard des actes que l’on pose.
Ce texte peut se lire dans les deux sens, en lisant « cheffe de famille ».

Hierbine Aïcha PALE
aicha_pale@yahoo.fr

Vos commentaires

  • Le 19 juin à 15:54, par AD En réponse à : Vie sociale : « Le chef de famille n’est pas un tortionnaire, un tyran » (tribune)

    Je pense que le problème en Afrique Noire et au Burkina en particulier n’est pas être ou non le chef de famille. Notre problème est que nous nous sommes laisse trop acculturé a telle point que nous n’avons plus de l’estime pour nous même. Nous pensons que tout ce qui vient du blanc est meilleur. Votre image dit tout. Vous auriez puis au moins présenté une famille typique Burkinabè ou Africain (Noir).

    "J’ai voyage a travers l’Afrique, Je n’ai pas vu de mendiants ni de voleurs ; j’ai vu des personnes avec des hautes valeurs morales et je pense que nous ne pouvons pas conquérir ce pays, a moins que nous ne brisions/effacions la colonne vertébrale de cette nation qui est sa spiritualité et son héritage culturel. Par conséquent je propose que l’on remplace son ancien système éducatif et culturel, ainsi quand les Africains penseront que ce qui vient de l’étranger et en particulier de l’Angleterre est meilleur que ce en quoi ils croyaient, ils perdront l’estime de soi, leur culture et ils devineront ce que nous voulons qu’ils soient, a savoir une véritable nation dominée".
    Lord Macaulay
    Discours au parlement britannique 2 fevrier1835

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  • Le 19 juin à 16:03, par Dibi En réponse à : Vie sociale : « Le chef de famille n’est pas un tortionnaire, un tyran » (tribune)

    Encore une ONG à la manœuvre ! Et l’image est idyllique ! Elle n’a rien à voir avec la Famille qui a fait mon éducation ; et qui n’a été ni un enfer, ni un paradis !
    Une vraie famille africaine qui n’a rien à voir avec cette image idyllique de famille bourgeoise, en guise d’illustration de la question : une mère, un père et un enfant, tous affairés convivialement, devant une table de toutes les abondances. Rien à voir avec les affres, que vivent aujourd’hui, nombres d’enfants et leurs familles sur les routes de l’exil interne et livrés aux attaques de jeunes salafistes drogués à l’Islam cannibale.
    Ici, la mère sur l’illustration, n’est ni couverte de chiffons ; et le père, n’est ni en pantalon court, ni barbu à effrayer les voisins ! Au temps de mon enfance également, au village, c’était paisible, et moins luxueux ; mais dans un climat éducatif, serein, aimant et sans effusion sentimentale exclusive et étouffante. J’ai partagé mon enfance avec de nombreux cousins et cousines. Un bonheur simple, partagé et loin du modèle bourgeois et petit bourgeois compradore que connaissent aujourd’hui, certains en ville ! Bien loin de ces autres millions qui endurent toutes les souffrances et privations, sur les routes et dans les bas-fonds populaires urbains, de nos grandes villes. Ces quartiers populaires où, l’on nait n’importe comment et où l’on meurt de n’importe quoi, au milieu de parents démunis et désemparés ! Et que toutes les structures institutionnelles de l’Etat néocolonial ignorent , voire méprisent en cas de rencontres.
    En somme, des familles condamnées à la débrouille socialement violente de tous les quotidiens de l’existence humaine !
    A coup sûr, cette violence sociale se répercute inévitablement, avec constance, dans le vécu de ces familles, de ces parents et de ces enfants, tenus et confinés dans les zones de relégation sociale de nos villes !
    En ce sens, il est important de comprendre qu’on ne nait pas tortionnaire, mais on le devient très aisément, quand les familles sont disloquées, écartelées par toutes les sortes de violences sociales qu’entretiennent, les compradorats bourgeois et mi-féodaux, dans les formations sociales néocoloniales dans nos pays.
    Rien d’étonnant, quand certains se versent 2 à 7 millions ce Fcfa par mois, dans un pays où le smig est à 49.000 Fcfa, pendant que d’autres tirent le diable par la queue, vivotent dans de petits boulots, ou simplement noient leur existence morne dans l’oisiveté, la merde, l’alcool, la drogue ou la prostitution et le vol ! Rien que des plaies où germent toutes les violences propres à des sociétés désarticulées, extraverties, et néo-colonisées prodigieusement inégalitaire !
    Elles sont là, les ressorts de la violence du tortionnaire, du sadique et du dépravé social ! Rien à voir avec une histoire de chefferie de famille ou de Mâle humain !!
    Na an lara, an sara !
    La patrie ou la mort !

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  • Le 19 juin à 16:23, par Zouk351 En réponse à : Vie sociale : « Le chef de famille n’est pas un tortionnaire, un tyran » (tribune)

    La notion de chef de famille est dépassée.
    Il faut lui préférer la notion d’autorité parentale pour les enfants. L’homme ou mari, n’est pas supérieur à la femme ou épouse.
    Vive l’évolution.

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  • Le 20 juin à 07:11, par ZORRO En réponse à : Vie sociale : « Le chef de famille n’est pas un tortionnaire, un tyran » (tribune)

    Je pense que vous avez déjà un parti pris avant même d’écrire votre article et c’est dommage. Il ne faut pas se contenter de citer les aspects pervers de "chef de famille".

    Vous oubliez de dire que, en disant à un garçon qu’il est le chef de famille, on le forme en même temps à en assumer les responsabilités.

    À titre d’exemple, si un reptile rentre dans une concession en l’absence des hommes, c’est le garçonnet, "chef de famille" qui prend ses responsabilités. Les femmes sont où pendant ce temps ?

    Arrêtons d’analyser nos pratiques africaines avec des "lunettes européennes". Arrêtons de détruire toutes nos valeurs. Ça s’appelle de l’aculturation.

    Il ya du bon et du moins bon en tout et dans "chef de famille". Oui un garçonnet est un chef de famille. On veut ainsi lui faire comprendre qu’il a la responsabilité de sa famille, femme et enfants, qu’il doit respecter.

    Et bien entendu les dérives sont à combattre !

    Répondre à ce message

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